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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Sciences sociales et prison, IRIS-OIP

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e lundi du mois de 17 h à 20 h (bd Raspail 75006 Paris), du 14 novembre 2016 au 12 juin 2017. Séance supplémentaire le 24 avril (salle 7, 105 bd Raspail)

  • 14 novembre 2016 : amphithéâtre François-Furet (105 bd Raspail 75006 Paris)
  • 9 janvier 2017 : salle M. & D. Lombard (96 bd Raspail 75006 Paris)
  • 13 février 2017 : salle M. & D. Lombard (96 bd Raspail 75006 Paris)
  • 13 mars 2017 : salle 13 (105 bd Raspail 75006 Paris)
  • 24 avril 2017 : salle 7 (105 bd Raspail 75006 Paris)
  • 15 mai 2017 : salle 13 (105 bd Raspail 75006 Paris)
  • 12 juin 2017 : salle M. & D. Lombard (96 bd Raspail 75006 Paris)

La section française de l'Observatoire international des prisons (OIP) et l'Institut de recherches interdisciplinaires sur les enjeux sociaux (IRIS) animent ensemble ce séminaire de recherche sur les institutions carcérales. Il s'agit de mener conjointement une réflexion sur les pratiques des acteurs qui travaillent dans et autour de la prison et les expériences des personnes détenues ; au cours du séminaire, cette réflexion sera imbriquée dans une discussion des enjeux qui mobilisent les sciences sociales sur la prison. Huit séances se tiendront autour de contributions de chercheurs et de professionnels de terrain. Dans un dialogue entre recherche et pratiques, elles aborderont les institutions fermées par le prisme des rapports sociaux et politiques à l’œuvre, de l'échelle de l'expérience individuelle à l'intervention institutionnelle.

Programme :

14 novembre 2016 : Introduction : Populisme pénal, la prison saisie par le politique. Table-ronde avec Yasmine Bouagga (sociologue), Jeanne Chabbal (sociologue), Cécile Marcel (directrice de l'OIP) et Denis Salas* (magistrat et essayiste). * sous réserve

9 janvier 2017 : Réformer les prisons : le bruit des syndicats, le silence des surveillant.e.s

Avec Rita Carlos (doctorante en sociologie, CESDIP, Paris), Jean-Charles Froment (professeur de science politique et auteur de la République des surveillants : ambiguïtés et paradoxes d'une politique pénitentiaire en France 1958-1998), Philippe Pottier (ancien directeur de l'Ecole Nationale de l'Administration Pénitentiaire) et un représentant syndical des surveillants pénitentiaires.

13 février 2017 : Privés de parole politique. Quel espace public en prison ?

13 mars 2017 : Les prisons et le marché : la place des acteurs privés

  • Table-ronde avec Michel Benac (ancien directeur emploi-formation chez GEPSA), Julie Ollivaux (directrice des services pénitentiaires, ancienne adjointe au chef d’établissement du centre de détention de Saint Mihiel), Alexia Venouil (docteure en science politique, Pacte, Sciences Po Grenoble), Jennifer Yeghicheyan (docteure en sociologie, LERSEM, Montpellier 3).
  • Séance coordonnée par Camille Lancelevée (docteure en sociologie, IRIS, EHESS) et Cécile Marcel (directrice de l'OIP - section française).

Alors que la part des missions déléguées au secteur privé et le nombre de prisons concernées augmentent depuis la fin des années 1980 en France, la recherche en sciences sociales et le monde associatif se sont peu intéressés à la place des acteurs privés en milieu carcéral. Afin de sortir d'un débat qui se réduit souvent à une opposition un peu caricaturale entre l'apologie de l'efficacité économique du privé et la dénonciation d'un "complexe industrialo-pénitentiaire", cette séance propose de réfléchir aux enjeux sociaux, économiques et politiques soulevés par la présence du secteur privé entre les murs des prisons françaises. Comment expliquer le recours croissant par l'administration pénitentiaire à la gestion déléguée et au partenariat public-privé ? Dans quelle mesure les contraintes du privé viennent-elles influencer la fabrique des politiques pénitentiaires mais également modifier le fonctionnement quotidien des prisons ?

24 avril 2017 : La prison sous contrôle démocratique

La séance est coordonnée par Caroline Touraut (chargée d'études à la direction de l'administration pénitentiaire et chercheuse associée à l'ISP Cachan) et Nicolas Ferran (responsable du pôle contentieux à l'Observatoire International des Prison).

Elle réunira :

  • Corentin Durand, doctorant en sociologie à l'EHESS
  • Nicolas Fischer, politiste, chargé de recherche CNRS au CESDIP
  • Jean-Manuel Larralde, professeur de droit à l'Université de Caen Basse-Normandie
  • Patrick Marest, ancien délégué général de l'OIP, directeur de NPM Obs (observatoire des mécanismes nationaux de prévention de la torture)
  • Et, sous réserve, une personne ayant fait l'expérience de l'incarcération et des procédures de recours juridictionnelles. 

Si les prisons françaises sont souvent décrites comme la part d'ombre de la République, de nombreuses instances de contrôle - associatif, institutionnel, juridictionnel, médiatique - se sont développées au cours des trente dernières années. Dans l'objectif de décrire le fonctionnement - et les dysfonctionnements - de ces instances de contrôle, la séance donnera la parole à des intervenants qui ont étudié les modalités de ces différentes formes de contrôles et/ou contribué à la mise en place de nouveaux dispositifs. Comment fonctionnent ces différents dispositifs ? Quels liens de complémentarité / concurrence se dessinent entre les acteurs du contrôle ? A quelles normes ces instances de contrôle se réfèrent-elles et dans quelle mesure prennent-elles en considération la parole des personnes détenues ? Dans quelle mesure ces instances sont-elles en mesure de vérifier la situation des établissements pénitentiaires français mais également de peser sur la production du droit pénitentiaire et in fine sur la réforme des prisons ?

15 mai 2017 : La prison en réponse aux violences politiques ?

Souvent décrite comme un « foyer de radicalisation », la prison est au cœur de l’attention des pouvoirs publics en matière de « lutte contre le terrorisme ». Alors que sont déployés des quartiers spécifiques et de multiples dispositifs de renseignement impliquant l’ensemble des personnels et des intervenants, et que les études, recherches-actions et interventions sur le sujet captent une part croissante des financements publics, nous souhaitons prendre le temps de réfléchir aux usages et effets de ces moyens : comment la prison répond-elle aux violences politiques de notre époque, et tout particulièrement aux formes radicales d’engagement islamiste ?  Ces multiples mesures aux logiques différentes voire parfois contradictoires ne risquent-elles pas d’avoir des effets contreproductifs ?

La séance, organisée par Marie Crétenot (OIP) et Camille Lancelevée (Iris), réunira :

  • Lucie Amie de l’association 100 murs, qui intervient en milieu fermé et ouvert auprès de publics en rupture afin de prévenir la récidive et l’endoctrinement radical violent,
  • Claire de Galembert, chargée de recherches au CNRS, institut des sciences sociales du politique, membre du conseil scientifique de la Fondation de l’Association Française des Victimes du terrorisme (AFVT), co-auteure de De la religion en prison (PUR, 2016),
  • Sarah Silva-Descas, secrétaire nationale de la CGT insertion probation
,
  • Et, sous réserve, un sociologue travaillant sur les parcours d’engagement dans la violence politique.

12 juin 2016 : « L’utopie de la prison modèle »
Face au constat d'une « critique monotone de la prison », Michel Foucault se demande si ce prétendu échec ne fait pas partie du fonctionnement de la prison et propose de penser la réforme de la prison comme une de ses conditions de fonctionnement (Surveiller et punir, 1975). Dans son sillage, les travaux de sciences sociales consacrés à la prison semblent jeter un regard désabusé sur cette institution et sur les espoirs de la réformer : l'utopie de la prison modèle serait-elle morte ? Comment penser le décalage apparent entre le découragement des chercheurs et les espoirs réformateurs de l'institution pénitentiaire - constamment ravivés comme par exemple dans les conclusions de la « Conférence de consensus sur la récidive » (février 2013) ou encore dans le « Livre Blanc de l'immobilier pénitentiaire » (avril 2016) ? Dans quelle mesure la réactivation régulière de l'utopie pénitentiaire permet-elle d'éclipser une réflexion de fond sur la politique pénale ? 

Interviendront à cette occasion :

  • Jean Bérard, historien, école de criminologie, université de Montréal,auteur notamment d'un récit d'anticipation sur une possible réforme pénale (à lire ici)
  • Elsa Besson, doctorante en histoire de l'architecture, chargée d'études et de recherche à l'INHA, qui prépare une thèse sur l'architecture carcérale en France et la constitution d'une science pénitentiaire internationale de 1846 à 1950
  • Laurence Blisson, magistrate, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature
  • Valérie Icard, doctorante en science politique au CESDIP, qui prépare une thèse sur la réforme carcérale contemporaine en France et en Espagne

Introduction et animation : Marie Crétenot et Camille Lancelevée. 



Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Renseignements :

Marc Bessin par courriel.

Direction de travaux d'étudiants :

contacter par courriel.

Réception :

par courriel.

Niveau requis :

tous publics.

Adresse(s) électronique(s) de contact : bessin(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 9 juin 2017.

Contact : service des enseignements ✉ sg12@ehess.fr ☎ 01 49 54 23 17 ou 01 49 54 23 28
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