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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Systèmes complexes en sciences sociales

  • Henri Berestycki, directeur d'études de l'EHESS (TH) ( CAMS )
  • Jean-Pierre Nadal, directeur d'études de l'EHESS, directeur de recherche au CNRS (TH) ( CAMS )

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S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e et 4e vendredis du mois de 15 h à 17 h (salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 25 novembre 2016 au 9 juin 2017. Pas de séance le 9 décembre, cf. ci-dessous. La séance du 27 janvier se déroulera de 14 h 30 à 16 h 30 (salle 4). À partir du 24 février les séances se dérouleront de 14 h 30 à 16 h 30, en salle 4 le 24 février, puis en salle 1 pour les autres séances. Pas de séance les 10 février, 10 mars et 12 mai

De nombreux phénomènes socio-économiques résultent d'effets de groupes, de phénomènes de diffusion et de contagion sociale : leur compréhension théorique repose sur une modélisation des interactions sociales.

Dans le cadre général de l'étude des « systèmes complexes », des travaux récents sur la modélisation des interactions sociales se développent à l'interface entre la théorie microéconomique standard, où l'interaction se fait via le système des prix, la théorie des jeux, qui modélise les interactions de nature stratégiques, et la physique statistique qui donne des outils pour décrire un comportement collectif à partir d'une description des comportements individuels.

L'objectif de ce séminaire est de présenter des travaux récents, leurs fondements méthodologiques et outils théoriques, et d'explorer de nouvelles pistes de recherche dans ce domaine, notamment celles qui s’appuient sur l’analyse de grandes bases de données. On privilégiera les approches prenant en compte l'hétérogénéité des préférences et comportements individuels, et la spatialité des interactions (prise en compte de la structure du réseau d'interaction). Les outils que nous rencontrerons seront-ils souvent ceux de la physique statistique des systèmes désordonnés, des équations aux dérivées partielles (EDP) en milieu hétérogène, de la théorie des jeux, ainsi que ceux de la simulation numérique dite « multi-agents ».

25 novembre 2016 : Amine Ouazad (École Polytechnique) et Romain Rancière (FMI), « Modélisation des villes et de leurs dynamiques en économie urbaine: Récents développements »
L'économie théorique et empirique a bénéficié du développement des microdonnées géocodées de transactions immobilières, de démographie des logements, de l'évolution des revenus, criminalité et statistique scolaires à l'échelle de métropoles entières. Nous pouvons désormais produire des prédictions raisonnables de l'évolution de quartiers à partir de modèles de choix de localisations de quartiers. Ces modèles permettent de comprendre les niveaux élevés de ségrégation entre quartiers, pourquoi la qualité des écoles est capitalisée dans les prix du logement, et permet de simuler l'impact des transports sur les choix de localisation.

9 décembre 2016 : 4e Journée MAGECO (Modèles basés agents en économie), organisée par le réseau MAGECO (LIP6, UPMC) : http://mageco.lip6.fr/

13 janvier 2017 : Roberto Casati, « La topologie cachée de Venise »

Nous étudions la structure spatiale de Venise du point de vue du piéton, en distinguant et classifiant différents types d'îlots, ici contrastés avec les îles. La Venise du piéton a une forme qui diffère de manière intéressante de celle de la Venise pour le marin. La dualité des îles et des îlots est présentée et discutée. Un «avantage représentationnel pour les îles» peut biaiser la représentation spatiale de la structure de la ville. Nous fournissons ainsi une carte des îlots à grande échelle du centre-ville de Venise qui pointe vers certains avantages déductifs d'une représentation par îlots.

We investigate the spatial structure of Venice from the viewpoint of the pedestrian, distinguishing and taxonomizing various types of blocks, and contrasting blocks with islands. Pedestrians' Venice has a shape that differs in interesting ways from that of Venice for the sailor. The duality of islands and blocks is introduced and discussed. An “island advantage” may bias the spatial representation of the structure of the city. We provide a tentative large scale block map of downtown Venice that points to some inferential advantages of a block representation.

27 janvier 2017 (de 14 h 30 à 16 h 30, salle 4) : David Chavalarias (directeur de recherche au CNRS, CAMS & Institut des systèmes complexes de Paris-Ile-de-France, ISC-PIF), « Dans quelle science vivons nous ? Ce que la fouille de données et la modélisation nous enseignent sur l'évolution des sciences »
Les critères de productivité se standardisent dans le milieu de la recherche et  ceux qui veulent faire une carrière universitaire sont soumis à une pression croissante pour assurer un certain rythme de publication. Gouvernements et organismes de financement sont friands d'indicateurs basés sur la productivité pour mesurer l'efficacité de leurs politiques scientifiques.
Mais que savons-nous exactement sur les facteurs qui influencent l'évolution des sciences et la qualité de leurs productions ? À travers différentes approches (fouille de données, modélisation et simulation), nous présenterons quelques caractéristiques des dynamiques scientifiques en insistant sur l'influence des dynamiques sociales collectives sur les dynamiques de la connaissance (qualité et vitesse de découverte).

24 février 2017 : Laura Hernandez et Annick Vignes
« La confiance façonne-t-elle la structure des marchés ? Un approche écologique à l'étude des interactions dans les marchés centralisés et décentralisés »
Le rôle de la confiance dans les propriétés des marchés décentralises a été signalé par plusieurs auteurs. Malgré les différences dans la définition de confiance entre les disciplines, il est assez consensuel de considérer que une relation de confiance entre deux agents permet à chacun de prévoir le comportement de l'autre.
En nous basant sur une étude empirique du Marché au Poissons de Boulogne-sur-Mer (où chaque jour, tant les acheteurs que les vendeurs peuvent choisir de participer soit à un sous-marché aux enchères ou à un marché négocié, qui fonctionnent en parallèle), nous mesurons la fidélité des interactions entre les acteurs dans les  deux marchés coexistants.

« Does trust influence markets' structure? An ecological approach to market organisation »
The influence of trust on the outcome of decentralised markets has been underlined by many authors, although the definition of trust differs from one discipline to another.  Despite these differences, we can agree that trust is a measure of the confidence that an agent or agents will behave in an expected manner.
Starting from an empirical analysis of the distinctive Boulogne-sur-Mer fish market (where both buyers and sellers can choose to trade by either bidding or bargaining), we measure the existence of trust on the two market structures. We study both sub-markets as ecosystems, where agents of two different kinds (buyers and sellers) hold  mutualistic interactions which,  in addition to the natural benefits they bring for those directly involved, also contribute to the stability of the market.

24 mars 2017 : Quentin Feltgen (Laboratoire de physique statistique, ENS, Paris), « Modélisation du changement linguistique : Compétition et diffusion sur le réseau sémantique »
Lorsqu'on considère l'évolution de la fréquence d'usage d'un terme de la langue sur des échelles de temps longues, on observe de brusques variations, qui peuvent facilement décupler la fréquence d'usage de ce terme en l'espace d'environ un siècle, entrecoupées de phases plus stables. Ces augmentations soudaines sont quelquefois éclairées par le contexte culturel et historique de la langue à un moment donné, mais elles surviennent le plus souvent d'une manière qui semble arbitraire. Partant d'une étude statistique sur un grand ensemble de mots dits fonctionnels (c'est-à-dire servant à articuler la phrase ou le discours), nous montrons que ces augmentations obéissent majoritairement à un même schéma : une phase de latence d'abord, puis une courbe de croissance « en S », qui suit de manière remarquable une fonction sigmoïde.
Pour analyser ce phénomène, nous proposons un modèle de compétition entre l'usage de deux mots, représentés chacun par une population qui tente de dominer un « site sémantique » donné. Ce modèle met en place une dynamique représentant les caractères fondamentaux de la communication linguistique et de la mise en mémoire de ces expériences. Il donne lieu à une marche aléatoire dans l'espace des fréquences d'usage. Nous mettons en évidence un comportement critique lié à la structure particulière du réseau cognitif, et dont la phase de latence est la signature.
Le modèle prédit ainsi la conccurrence des deux phases, celle de latence et celle en « S ». Cette modélisation permet notamment de comprendre la difficulté posée par les explications historiques ou sociologiques des augmentations de fréquence d'usage, qui ne tiennent pas compte du décalage temporel, induit par la phase de latence, entre l'initiation du changement et sa réalisation effective. Le modèle ouvre enfin à des perspectives de recherche intéressantes en ce qu'il fait le lien entre l'évolution observable des fréquences d'usage et la structure sous-jacente de l'organisation sémantique du langage.

Travail en collaboration avec Benjamin Fagard & Jean-Pierre Nadal. Réf. : arXiv preprint https://arxiv.org/abs/1703.00203

28 avril : Yannick L’Horty, Professeur d'Economie, Université Paris-Est Marne-la-Vallée, Directeur de la Fédération Travail Emploi et Politiques Publiques (TEPP) "Les discriminations dans l'accès à l'emploi public"

S'il est a priori difficile de mesurer les discriminations dans l'accès à l'emploi, cela paraît hors de portée dans le cas de l'emploi public où le principe du recrutement par concours semble faire obstacle à la mise en œuvre d'opérations-piège tels que les tests de discrimination. Ce rapport surmonte cet obstacle et évalue pour la première fois le risque discriminatoire dans l'accès à l'emploi public en France, en s'appuyant sur un ensemble coordonné de travaux de recherche de nature expérimentale et quasi-expérimentale.

Il a été remis au Premier ministre le 12 juillet 2016, après que son principe ait été décidé lors du Comité interministériel à l'égalité et à la citoyenneté du 6 mars 2015.

 9 juin : Baptiste Coulmont, maître de conférences, Université Paris 8 « Physique (sociale) des particules : sociographie de la noblesse d’apparence. »

Résumé : En 1816, 100% des ambassadeurs français avaient un nom à particule, ils ne sont plus que 3% aujourd’hui. La présence d’une particule dans le nom de famille n’a jamais impliqué l’appartenance à la noblesse... et pourtant ces noms, au XIXe siècle, étaient surreprésentés au sommet de l’échelle sociale : la noblesse d’apparence avait l’apparence de la noblesse. À partir de l’analyse de listes nominatives variées (concernant le personnel politique, les anciens élèves de grandes écoles, les bacheliers, les électeurs...) cette communication étudie la lente disparition des positions sociales héritées de l’Ancien Régime, mais aussi leur rémanence (résidentielle, culturelle et politique) encore aujourd’hui. Car en 2017, Dupont (prénom Olivier) n’est toujours pas du Pont (prénoms Aymard, Sixte, Marie)

Mots-clés : Modélisation,

Domaine de l'affiche : Méthodes et techniques des sciences sociales

Intitulés généraux :

  • Henri Berestycki- Analyse mathématique et modélisation
  • Jean-Pierre Nadal- Systèmes complexes en sciences sociales et sciences cognitives
  • Renseignements :

    par courriel.

    Direction de travaux d'étudiants :

    sur rendez-vous uniquement.

    Réception :

    sur rendez-vous uniquement.

    Niveau requis :

    mathématiques, informatique, physique théorique ou sciences économiques et sociales, niveau M1.

    Site web : http://cams.ehess.fr/document.php?id=667

    Adresse(s) électronique(s) de contact : jpnadal(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 29 mai 2017.

    Contact : service des enseignements ✉ sg12@ehess.fr ☎ 01 49 54 23 17 ou 01 49 54 23 28
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