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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Séminaire d’anthropologie américaniste (SAA)

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Vendredi de 11 h à 13 h (105 bd Raspail 75006 Paris), les 18 novembre, 2 et 9 décembre 2016, 13 et 27 janvier, 24 février, 10 et 24 mars, 21 avril, 5 et 19 mai, 2 et 16 juin 2017. Voir détail des salles dans le descriptif. La séance du 13 janvier est annuléee

  • Vendredi 18 novembre 2016 : salle 10 (105 bd Raspail 75006 Paris)
  • Vendredi 2 décembre 2016 : salle 10 (105 bd Raspail 75006 Paris)
  • Vendredi 9 décembre 2016 : salle Jean-Pierre Vernant (bât. Le France, 190-198 av de France 75013 Paris)
  • Vendredi 13 janvier 2017 : salle 3 (105 bd Raspail 75006 Paris)
  • Vendredi 27 janvier 2017 : salle de réunion (IMAF, 2e étage, 96 bd Raspail 75006 Paris)
  • Vendredi 24 février 2017 : salle 5 (105 bd Raspail 75006 Paris)
  • Vendredi 10 mars 2017 : salle des étudiants (IISMM, 1er étage, 96 bd Raspail 75006 Paris)
  • Vendredi 24 mars 2017 : salle 10 (105 bd Raspail 75006 Paris)
  • Vendredi 21 avril 2017 : salle 4 (105 bd Raspail 75006 Paris)
  • Vendredi 5 mai 2017 : salle 4 (105 bd Raspail 75006 Paris)
  • Vendredi 19 mai 2017 : salle 4 (105 bd Raspail 75006 Paris)
  • Vendredi 2 juin 2017 : salle 4 (105 bd Raspail 75006 Paris)
  • Vendredi 16 juin 2017 : salle 4 (105 bd Raspail 75006 Paris)

Ce séminaire se veut une plateforme des débats actuels de l’anthropologie américaniste, ouvert aux croisements avec l’histoire, la linguistique, le politique, l’économique, l’ethnomusicologie… Alternant les aires géographiques abordées, il est un lieu de discussion et de réflexion entre enseignants-chercheurs, chercheurs et étudiants autour de recherches en cours. Tenant compte des contextes diversifiés où vivent les populations étudiées, sont exposés et discutés des thèmes variés, touchant au rituel, à l’organisation sociale, aux changements sociaux et religieux, aux politiques publiques, aux processus de transformation des société, de construction des savoirs, etc.

Vendredi 18 novembre 2016 : Diego Madi Dias (postdoc Fyssen au Laboratoire d’anthropologie sociale), donnera une communication sur « Le langage de l’intimité chez les Guna du Panama ».
« Mon petit bébé, maman est en train de te faire grandir... maman prend soin de toi ! », ainsi chantait Asinta pour calmer son enfant et le faire dormir. À partir d’une ethnographie de la vie domestique, l’exposé portera sur les relations de soin et d’intimité chez les Guna dans leur mise en discours. Dans le cadre d’une philosophie vernaculaire de l’éthique, il s’agira d’examiner le langage issu de la convivialité co-résidente en tant que modèle pour les interactions sociales. L’analyse se fondera sur un vaste répertoire de berceuses recueillies sur le terrain à Gunayala, transcrites en langue guna et traduites en espagnol. Enseignées aux femmes par Olonadili, personnage mythique, une des filles des étoiles, ces berceuses expriment une infinité de thèmes et de situations singulières, puisqu’elles sont improvisées en fonction de la relation entre la chanteuse et l’enfant destinataire du chant. Malgré leur diversité contextuelle, ces chansons sont toujours orientées vers l’avenir, produisant des esthétiques de genre selon la résidence uxorilocale pratiquée par les Guna. En effet, on verra comment l’énonciation féminine prend au quotidien la forme d’une technologie poétique de production de la « personne genrée » (gendered personhood).

Vendredi 2 décembre 2016 :  Susana Andrade (professeur d’anthropologie à la Pontificia universidad católica del Ecuador, professeur invitée à l’IHEAL), « Le protestantisme indigène comme force sociale en Équateur »
La situation d’oppression de la population indienne qui a perduré en Équateur depuis la Colonisation jusqu’au milieu du XXe siècle est un phénomène bien connu. Les soulèvements indigènes, les réformes de l’Église catholique et l’action des partis et mouvements politiques ont certes conduit à des changements importants sur les plans politique et économique. Mais ils ne sont pas parvenus à rompre la domination idéologique fondée sur une vision raciste du monde stigmatisant les Indiens du fait de leur langue, de la couleur de leur peau, de leur nourriture, leur musique, leurs fêtes, etc. C’est finalement avec la conversion au protestantisme évangéliste que cette domination-là a commencé à se fissurer. Le nouveau discours biblique minait en effet le discours naturaliste sur lequel reposait l’échelle sociale, tout en questionnant les systèmes d’exploitation qui sous-tendaient le compadrazgo, les fêtes, les activités commerciales et la vie quotidienne en général. Pour les Indiens quichua, la religion évangéliste s’est ainsi convertie en « ligne de force » leur permettant de se redéfinir comme personnes et de se penser comme égaux. On analysera ici l’élaboration discursive de ce discours qui a entraîné une prise de conscience de soi et initié une transformation culturelle où se redessine la place de l’Indien dans une société équatorienne encore discriminatoire.

(La conférence sera donnée en espagnol)

Vendredi 9 décembre 2016 : conférence (en espagnol) de Deborah Poole (professeur d’anthropologie à la Johns Hopkins University, Baltimore), « Negociando el pasado : la precariedad de la politica en el estado neolbieral Peruano »/« En négociant le passé : la précarité du jeu politique local dans le Pérou néolibéral contemporain (ethnographie de la région de Cusco) »
La presentacion avanzara algunas observaciones teoricas y metodologicas sobre el estudio de la politica municipal y local en el Peru neoliberal. Al analizar estas formas politicas, estoy particularmente interesada en entender como los actores locales—tanto campesinos como « mistis » – enfrenten las incertidumbres que rodean la ubicación de la autoridad y los limites de la « ley » en el estado posregulatorio neolbieral.  Sugiero que la etnografía es una metodologia privilegiada para acceder y entender las cualidades inherentemente experimentales, improvisatorias y « precarias » de las afirmaciones políticas que se dan en esos contextos.
Dans le cadre d’une recherche qui revendique une approche ethnographique du fonctionnement des états modernes, la présentation s’appuiera sur un travail de terrain mené dans des municipalités rurales de la région de Cusco pour avancer quelques observations théoriques et méthodologiques sur le jeu politique tel qu’il est mené à l’échelle municipale et locale dans l’actuel Pérou néolibéral. Il s’agira en particulier de cerner la façon dont les acteurs – tant « paysans » que « mistis » – répondent aux incertitudes qui entourent la localisation de l’autorité et les limites de la loi dans un tel environnement « post-régulatoire ». Grâce à l’attention qu’elle prête au détail, au quotidien, à l’intime, à l’imprévu, on verra que l’ethnographie apparaît comme une voie d’accès privilégiée pour appréhender le caractère essentiellement expérimental, improvisé et « précaire » des actes politiques qui se déploient dans ce contexte.

27 janvier 2017 : Ibtissem Ben Didri (docteure en anthropologie, CERMA-MONDES AMÉRICAINS), « La montagne en héritage. Corps à corps, imaginaires identitaires et patrimonialisation dans les Andes Centrales d’Équateur »
À partir d’enquêtes de terrain menées dans des communautés rurales hispanophones et quichuaphones du nord de la Province du Chimborazo (2004-2015), l’exposé interrogera la montagne comme un axe privilégié d’expression identitaire, autour duquel se raconte, se réactive et se réinvente l’identité, tant locale que nationale. Il s’agira tout d’abord d’expliciter le lien ordinaire que les paysans nourrissent à la montagne, lien qui passe par un corps à corps à la fois physique et social, marqué par l’ordre moral communautaire et l’histoire coloniale. Mais ce rapport des hommes aux montagnes est aussi façonné et remodelé dans un contexte de valorisation des « cosmovisions indigènes ». Nous verrons comment ces processus mènent à une valorisation particulière des imaginaires autour des hauts reliefs, suscitant de nouvelles formulations de la part des paysans. En outre, ces imaginaires se retrouvent aujourd’hui insérés dans des musées et des projets patrimoniaux, où se côtoient une valorisation des identités locales et une valorisation des fiertés identitaires nationales qui revisitent les usages du passé d’une société plurinationale en construction.

24 février : Elise Capredon, docteure en anthropologie (CRBC-MONDES AMÉRICAINS) donnera une conférence intitulée : Églises chrétiennes amérindiennes : le cas des Baniwa de l’Amazonie brésilienne
Au Brésil, la conversion des amérindiens au christianisme a longtemps été envisagée sous l’angle de l’acculturation ou de l’imposition d’une idéologie extérieure. À partir des années 1990 plusieurs anthropologues ont pris le contrepied de cette approche en s’intéressant à la façon dont les Indiens comprenaient et s’appropriaient – ou parfois rejetaient – le message des missionnaires. Des études ethno-historiques de Viveiros de Castro (1992) et de Pompa (2001) aux contributions de Pollock (1993) et de Vilaça (1996, 2002, 2008, 2016), en passant par les travaux réunis dans des ouvrages collectifs par Wright (1999a, 2004), Montero (2006), ou encore Wright et Vilaça (2009), une série de publications sur le rapport des peuples indigènes brésiliens à la foi chrétienne a ainsi vu le jour au cours des dernières décennies. Bien qu’elles fournissent des éclairages variés sur ces rapports, la plupart d’entre elles mettent néanmoins l’accent sur le caractère éphémère ou « inconstant » des adhésions chrétiennes amérindiennes.
Or de nombreux groupes indigènes se revendiquent aujourd’hui chrétiens depuis plusieurs générations. En Amazonie, c’est notamment le cas des Baniwa, un peuple de langue arawak dont les membres se sont majoritairement convertis à l’évangélisme – un mouvement d’origine protestante – sous l’influence d’une missionnaire étasunienne au milieu du XXe siècle. Contrairement à d’autres groupes, qui se sont rapidement désintéressées du christianisme après leur engouement initial pour les enseignements des missionnaires, les Baniwa ont en effet continué à cultiver des valeurs et des usages chrétiens au cours des dernières décennies. Non seulement ils se sont approprié le message de l’évangéliste américaine, mais ils ont aussi fondé leurs propres Églises, au sein lesquelles ils célèbrent des cultes et des cérémonies en langue native. Certains d’entre eux s’efforcent en outre de promouvoir l’union des « croyants » indiens à travers la création de vastes réseaux interethniques d’Églises indigènes.
En retraçant la genèse et la consolidation de ce mouvement évangélique amérindien, je tâcherai ainsi de déconstruire l’idée selon laquelle les christianismes indigènes amazoniens se caractérisent par leur « radicale instabilité » (Gow, 2006) et de restituer la complexité des formes d’engagement religieux des populations autochtones d’Amazonie. En esquissant des comparaisons avec d’autres cas d’Églises indigènes indépendantes, j’interrogerai également la portée de ce mouvement : constitue-t-il une exception ou s’inscrit-il dans une tendance plus vaste d’essor des Églises chrétiennes amérindiennes à l’échelle de l’Amérique du Sud ?

10 mars 2017 :  Daniela Salvucci, docteure en anthropologie, Université de Sienne (Italie) "Rituels et théorie indigène des relations. Tonte de lamas et chaku de vigognes à Laguna Blanca (Andes argentines) [en espagnol]"

24 mars 2017 :  
Edson Matarezio (postdoctorant de l’Université de São Paulo, accueilli au LAS), « Quand la musique se fait corps – la Fête de la Moça Nova chez les Ticuna d’Amazonie brésilienne »
Les relations entre corps, musique et rituel chez les Ticuna seront abordées à travers le rituel d’initiation féminine appellé « Fête de la
jeune fille », principal rituel de ce groupe indien qui, réparti entre le Brésil, le Pérou et la Colombie, est l’un des plus grands d’Amazonie. Ce cycle rituel qui peut s’étendre sur plusieurs mois s’ouvre avec l’entrée en réclusion des jeunes filles dès qu’elles ont leurs premières règles. Il culmine avec trois jours de fête à l’issue desquels celles qui ont accompli leur réclusion sortent et ont les cheveux arrachés. Dans l’ensemble des éléments qui composent le rituel, on s’intéressera plus particulièrement : 1) à quelques fragments de chants de recommandation que les femmes les plus âgées entonnent pour les initiées ; 2) aux multiples interventions dont le corps de celles-ci fait l’objet lorsqu’elles sont peintes, baignées, astreintes à certaines positions et au silence, ou se font arracher les cheveux et souffler de la fumée de tabac ; 3) aux danseurs masqués et aux instruments de musique. Entre la manipulation des corps, les conseils et les relations avec les entités incarnées par les masques et les instruments, tout indique que le rôle de femme adulte auquel le rituel prépare les jeunes filles, tout en concernant leur prochain mariage, vise aussi la responsabilité qu’elles auront bientôt de prendre soin de leur mère.

21 avril 2017 :  Vincent Hirtzel (chercheur au Centre EREA du LESC), « Cannibalisme guerrier et cannibalisme d’État dans l’empire inca »
Les pratiques cannibales remémorées ou organisées par les Incas ont été inventoriées et étudiées à partir des sources coloniales par quelques ethnohistoriens, en particulier Mariuz Ziólkowski (1996) et Kirsten Nowack (2013), dont les travaux donnent une idée assez précise du rôle et de la valeur que les Incas conféraient à de telles pratiques. Ces recherches seront confrontées aux données portant sur le traitement de l’homicide et sur le « banquet cannibale » des basses terres d’Amérique du Sud à partir de la perspective théorique élaborée par Carlos Fausto (2007). Il s’agira plus spécifiquement des liens qui peuvent s’établir, d’un côté, entre le cannibalisme guerrier des Incas et le problème de l’homicide dans les basses terres et, de l’autre, entre le cannibalisme d’État inca et le « banquet cannibale », afin de mieux cerner les spécificités du cannibalisme lorsqu’il devient compatible avec le projet impérial d’un État expansionniste. Tout en se prévalant au plan cosmologique de leur modernité solaire, les Incas ont néanmoins su mobiliser les pouvoirs de groupes assimilés à une humanité antérieure et présolaire, confortant ainsi leur propre puissance sur des rivaux qu’ils pouvaient tenir pour des égaux.

5 mai 2017 : David Jabin (docteur en ethnologie, associé au Centre EREA du LESC), « Un ennemi en soi ? Réflexions sur le statut servile chez les Yuqui (Amazonie bolivienne) »
L’organisation sociale des Yuqui, chasseurs-cueilleurs de langue tupi-guarani des basses terres de Bolivie, contraste très nettement avec l’habituelle vision égalitariste des sociétés amérindiennes d’Amazonie. Dans chacun des petits groupes nomades yuqui, dirigés par un chef autoritaire, il existait, jusqu’à il y a peu, des maîtres et des esclaves. Cela porte à s’interroger sur la manière dont les différences de statut étaient produites et reproduites. À partir de matériaux ethnographiques récoltés entre 2004 et 2009, nous analyserons les principes sociologiques sous-jacents à ces relations de domination. Ainsi, dans un premier temps, il s’agira plus spécifiquement de comprendre les paradoxes soulevés par la transmission patrilinéaire des statuts. Puis, nous porterons notre attention sur le processus d’appropriation de l’esclave par le maître. Enfin, nous nous intéresserons aux marqueurs physiques de servitude qui permettent de souligner l’altérité de l’esclave toute sa vie durant.

19 mai 2017 : Laura Flety (post-doctorante Fyssen au Museu Nacional, Rio de Janeiro), « Attirer la prospérité. Expérience kinesthésique et performativité des artefacts dans une danse dévotionnelle andine (Bolivie) »
Quelle est la nature du lien qu’établit entre prospérité, corps et artefacts la Morenada, danse andine et urbaine exécutée à La Paz par une communauté de commerçants et artisans issus de la migration indigène aymara ? Par une approche pragmatique de la danse, nous analyserons les pratiques sensori-motrices et les processus esthétiques par lesquels les danseurs élaborent des « corps-objets » pesants et ostentatoires afin d’attirer la fortune. Comment actions, qualités kinesthésiques des gestes et propriétés sensibles des artefacts concourent-ils à créer une richesse potentielle, individuelle et collective? À travers les langages corporels, il s’agira d’interroger la création d’un prototype de la prospérité dans laquelle la relation objet/sujet construit un rapport singulier à la destinée. Enfin, en filigrane de cette approche, sera abordée plus généralement la manière dont une réflexion sur le corps en mouvement peut nourrir le regard anthropologique.

Vendredi 2 juin 2017 : Maya Lorena PEREZ RUIZ – enseignante et chercheure à la Direction d’ethnologie et anthropologie sociale de l’Institut national d’anthropologie et histoire, INAH (Mexico) "Être Maya au Yucatan. La différence reproductrice d’inégalité"
À Yaxcabá dans le Yucatán (Mexique), une articulation forte perdure entre la domination ethnique et la domination de classe. Cela s’exprime à travers une mosaïque sociale complexe dans laquelle des identités collectives diverses et parfois contradictoires sont utilisées pour organiser des disparités sociales, allouer des ressources, médiatiser les échanges, les transformations culturelles, les mariages et les conflits.
Plus précisément, on verra comment persiste un système de relations interethniques qui favorise la reproduction des appartenances à des collectifs ethniquement différenciés. Cette situation se fonde sur un imaginaire collectif où les différences culturelles soutiennent les inégalités sociales, économiques et symboliques, permettant ainsi la continuité de pratiques discriminatoires et racistes envers les populations maya. L’analyse de la sociabilité de jeunes étudiants maya permettra d’illustrer les modes de reproduction de la différentiation ethnique et de l’inégalité sociale dans la région.

Vendredi 16 juin 2017 : Pascale de ROBERT – Chercheure à l'IRD.

Mots-clés : Anthropologie,

Aires culturelles : Amériques,

Renseignements :

Natalia Alves Mesquita, tél. : 01 49 54 20 85 ou Bonnie Chaumeil par courriel.

Adresse(s) électronique(s) de contact : chaumeil(at)vjf.cnrs.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 18 mai 2017.

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