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Faire de l'anthropologie en contexte postcolonial : le cas du Vanuatu

  • Éric Wittersheim, maître de conférences de l'EHESS ( IRIS )

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S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mercredi de 13 h à 15 h (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 1er mars 2017 au 31 mai 2017

Comment s'élaborent la connaissance et l'image sociale d'un pays ? À partir de l'exemple du Vanuatu, nous tenterons d'identifier les différents mécanismes de production du savoir par lesquels est produite le savoir global sur un pays, au-delà des seuls travaux de chercheurs qui n'en constituent qu'une partie limitée et souvent peu médiatisée. Ceci nous conduit à inscrire et penser notre travail de chercheur dans sa temporalité et son contexte (historique et politique). Ainsi, on peut lire l'évolution progressive des thématiques de recherche sur le Vanuatu en regard des évolutions plus globales qu'a connues le pays et son environnement régional: la politique foncière et décoloniale des années 1970-80, la question de la dépendance économique et du développement dans les années 1990, la crise de l'État postcolonial dans les années 2000, et aujourd'hui la question du changement climatique qui semble éclipser ou englober toutes les autres.

Qu'elle soit sociale, politique, historique, urbaine ou visuelle, l'anthropologie que l'on pratique aujourd'hui dans les terrains exotiques est en effet marquée par le contexte postcolonial dans lequel elle se déploie. Ce séminaire se propose donc d'analyser les implications d'une recherche menée en contexte postcolonial, de surcroît lorsque le chercheur est issu d'une des anciennes puissances coloniales. Tout en réfléchissant à la posture respective des différentes sciences sociales (anthropologie, linguistique, archéologie, géographie) vis-à-vis du passé colonial en fonction de leur discours et de leurs méthodes, nous réfléchirons à la manière dont la science se situe elle-même dans un continuum de relations possibles, et non plus dans une posture scientifique ex-nihilo, surplombante ou détachée. Partant de l'évidence que la relation entre le chercheur et les personnes qu'il étudie est aussi une relation sociale, nous serons  attentifs à la réflexivité des chercheurs et à leur contextualisation de l'enquête. Mais sur le terrain ces efforts ne suffisent pas à expliquer ni à décrire l'ensemble des interactions et leurs enjeux. La culpabilité, la gestion du poids du passé colonial dans les relations présentes, les relations complexes et ambigües qui se nouent entre chercheurs et enquêtés sur le terrain signalent d'autres types de relations entre populations locales et gens de passages, qu'ils soient chercheurs, expatriés, humanitaires, artistes, journalistes, commerçants, touristes ou voyageurs. Dépendance, séduction, ruse, rejet, nostalgie, amitié, adoption: ces différentes thématiques seront évoquées à partir de textes (scientifiques ou non), de films, de témoignages et d'expériences sociales diverses consacrés au Vanuatu mais également à d'autres territoires océaniens (Nouvelle-Calédonie et Hawai'i notamment).

Programme :

1er mars : « Enquêter sur un terrain postcolonial : le Vanuatu »

8 mars : « Relations postcoloniales : enquêteurs et enquêtés sur le terrain, retour sur une expérience filmique »

15 mars : « "kastom ekonomi", développement et globalisation »

22 mars : « L’analyse situationnelle et le politique : retour sur une élection à Port-Vila »

29 mars : « La construction des réputations, ou comment les migrants Tanna sont devenues les "classes dangereuses" du Vanuatu »

19 avril : Alice Servy (EHESS-CREDO) : « L’épidémie de Sida au Vanuatu : enquêter sur le corps et la sexualité »

26 avril : Marie Durand (Musée du Quai Branly-Jacques Chirac) : « "Hemia histri ia !" ("ça c’est de l’histoire") : une recherche anthropologique à Mere Lava, Vanuatu »

3 mai : Haidy Geismar (University College London, UK) : « Representing Vanuatu : on various experiences of filming in a postcolonial context »

10 mai : Maëlle Calandra (EHESS-CREDO) « Dans le sillage du cyclone Pam : Quand la catastrophe bouleverse l’enquête de terrain »

17 mai : intitulé à venir

24 mai : Monika Stern (EHESS-CREDO) – « De la pratique musicale à l’anthropologie de la musique. Déambulations scientifiques à travers les transformations musicales du Vanuatu »

31 mai : Leslie Vandeputte-Tavo (Université de la Nouvelle-Calédonie) : « Le pidgin bislama : une langue coloniale ? »

Suivi et validation pour le master : Hebdomadaire semestriel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulés généraux :

  • Éric Wittersheim- Anthropologie de l’État en Océanie. Ville, migrations, territoires et globalisation
  • Renseignements :

    par courriel.

    Direction de travaux d'étudiants :

    premier contact par courriel.

    Réception :

    sur rendez-vous préalable.

    Adresse(s) électronique(s) de contact : eric.wittersheim(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 1 mars 2017.

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