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Manuscrits et identités culturelles dans la Méditerranée entre l'Antiquité tardive et l'époque Byzantine moyenne

  • Filippo Ronconi, maître de conférences de l'EHESS ( CéSor )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Jeudi de 11 h à 13 h (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 10 novembre 2016 au 8 juin 2017. Les séances des 12 janvier, 16 février et 9 mars sont annulées. Séance supplémentaire le 9 mai, de 15 h à 17 h, salle A04_47 (4e étage) 54 bd Raspail 75006 Paris

Parmi les flux de populations qui ont traversé la Méditerranée entre le VIIe et le IXe siècle, on attribue une importance culturelle particulière aux migrations provoquées par les invasions persanes de la Syrie-Palestine (au cours des trente premières années du VIIe siècle) et arabes de l’Égypte (années quarante de ce même siècle). Ces invasions (la première en particulier), faisant entre autres éclater des conflits entre les différentes ethnies locales, auraient engendré le déplacement de groupes de chrétiens chalcédoniens hellénophones notamment vers l’Italie méridionale, où l’éphémère reconquête justinienne avait revitalisé le substrat grec de la Sicile, de la Calabre, de la Basilicate et des Pouilles, sans entraîner pour autant une véritable immigration byzantine. Ces flux humains auraient provoqué le déplacement de livres, au bénéfice d’une influence importante sur le tissu socioculturel d’arrivée. Mais cette reconstruction est loin de faire l’unanimité, car des historiens de la culture italo-grecque ont minimisé les relations entre l’Italie byzantine et le Levant, pour souligner le contrôle toujours profond de Constantinople sur la région, aussi bien sur le plan politique que religieux et culturel (p. ex. F. Burgarella). Mais une telle conception semble démentie par certaines observations – à vrai dire plutôt sporadiques jusque-là – sur des analogies évidentes entre certains styles graphiques italo-grecs et syro-palestiniens (cf. G. Cavallo, L. Perria, S. Lucà par exemple).

Nous reviendrons sur la question, en présentant les résultats préliminaires d’une enquête de grande ampleur, fondée sur un protocole d’analyse des livres italogrecs conçus comme les preuves matérielles d’un contact culturel entre les différentes régions de la Méditerranée, entre l’Antiquité tardive et l’époque méso-byzantine. Il s’agira d’établir une série de paramètres, comme les caractéristiques graphiques, matérielles, iconographiques et textuelles des livres concernés, pour vérifier dans quelle mesure l’Italie centro-méridionale byzantine fut influencée par des styles graphiques et des pratiques bibliologiques/codicologiques spécifiques de l’Égypte et de la Syrie-Palestine. Nous nous concentrerons, en particulier, sur les manuscrits italogrecs des Xe-XIe siècle, qui se distinguent nettement, sur le plan matériel et graphique, des livres constantinopolitains contemporains et qui semblent être le fruit de réélaborations locales relevant d’influences levantines.

Cette démarche comprendra aussi une dimension historico-textuelle, pour conjuguer des études bibliométriques et quantitatives avec l’analyse philologique traditionnelle, afin de vérifier la présence de textes patristiques composés en Syrie-Palestine et en Égypte dans les manuscrits italogrecs, ainsi que la diffusion, en Italie du Sud, de lignes de tradition textuelle orientales extra-constantinopolitaines.

Nous essayerons, en définitive, de dessiner le processus de constitution de l’ « identité libraire » italo-grecque de l’époque moyenne, à la lumière de celle qui s’exprima au Levant, à la fin de l’Antiquité tardive.

Dans ce cadre, des questions plus larges se poseront : la réception des textes dans une nouvelle région est-elle un phénomène subi ou le fruit d’une démarche active ? La présence massive éventuelle d’ouvrages et de lignes de tradition syro-palestiniennes et égyptiennes dans l’Italie méridionale byzantine, si elle est avérée, est-elle à interpréter comme la conséquence mécanique de migrations, ou plutôt comme la preuve d’une affinité culturelle avec le Levant plus forte que les relations avec les Balkans et Constantinople ? Et si une telle contiguïté existe, sur quelles valeurs partagées se fonde-t-elle ?

9 mai : Michael Maas, professeur d'Histoire et Classical Studies à la Rice University (Huston, Texas), jadis directeur du Department of Byzantin Studies des Dumbarton Oaks de Washington (D. C.) directeur du Program in Ancient Mediterranean Civilizations de la Rice University donnera une conférence intitulée « Discourses of Difference and Transformation: Introduction to Roman Imperial Ethnography in Late Antiquity »

Suivi et validation pour le master : Hebdomadaire annuel (48 h = 2 x 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Europe - Monde méditerranéen

Intitulés généraux :

  • Filippo Ronconi- Écriture et société à Byzance
  • Renseignements :

    la connaissance du grec et du latin est souhaitée, mais n’est pas un pré-requis pour participer.

    Direction de travaux d'étudiants :

    pour plus de renseignements, contacter l'enseignant par courriel.

    Réception :

    sur rendez-vous par courriel.

    Niveau requis :

    ouvert à tous les niveaux.

    Site web : http://cesor.ehess.fr/2015/01/29/filippo-ronconi/

    Site web : https://ehess.academia.edu/FilippoRonconi

    Adresse(s) électronique(s) de contact : ronconi(at)ehess.fr, filippo.ronconi(at)gmail.com

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 5 mai 2017.

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