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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Histoire des sciences sociales du religieux

  • Céline Béraud, directrice d'études de l'EHESS (TH) ( CéSor )
  • Dominique Iogna-Prat, directeur d'études de l'EHESS (TH) ( CéSor )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Pierre Lassave, directeur de recherche émérite au CNRS (TH) ( CéSor )
  • Yann Potin, chargé d'études documentaires aux Archives nationales ( Hors EHESS )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mercredi de 15 h à 19 h (salle Alphonse-Dupront, 10 rue Monsieur-le-Prince 75006 Paris), les 26 octobre, 2 novembre, 7 décembre 2016, 1er et 22 mars, 10 mai, 7 et 14 juin 2017. La séance du 14 juin se déroulera de 9 h à 19 h. Séance supplémentaire le 11 mai

1. Histoire de la sociologie des religions

Depuis quelques années, l’exigence de réflexivité de nos savoirs a conduit à se lancer dans l’histoire du Groupe de sociologie des religions (GSR) à l’origine du domaine actuel des sciences sociales du religieux. Le classement des archives des pionniers de ce Groupe refondateur d’après-guerre (créé avec la revue Archives de sociologie des religions en 1956) et le passage de la génération de baby-boomers formés par eux à celle des chercheurs d’aujourd’hui ont en effet stimulé le retour sur les catégories de pensée et d’action.

Des portraits croisés de ces pionniers de la transformation de la « sociologie religieuse » en « sciences sociales des religions » sont en cours d’élaboration. Ils mettent notamment l’accent sur le lien entre le caractère existentiel d’un objet problématique (le religieux) et son dépassement conceptuel, sur la marginalité active d’une revue thématique au sein d’une sociologie en voie de légitimation, sur l’indiscipline académique de ses membres aux trajectoires progressivement divergentes. Ces pionniers et leurs élèves, collaborateurs et successeurs (masculin de neutralité) ont joué un rôle important dans la déconfessionnalisation de la sociologie religieuse à l’échelle internationale. Partis d’un retour critique sur la sociologie du catholicisme et du protestantisme, ils ont en outre considérablement étendu leur domaine d’objet à toute forme de tradition et de croyance dans le monde. Au point que la diversité des perspectives et la multiplicité des terrains rendent le domaine presque indéfinissable aujourd’hui.

Le séminaire voudrait revenir sur certains de ces transferts de pensée et d’enquêtes dans le prolongement des travaux biographiques serrés sur les figures tutélaires. Un double mouvement sera au cœur de ses préoccupations : l’espace international des échanges et la montée en régime ou pas des filières spécialisées comme celles de la sociologie du judaïsme, du protestantisme ou de l’islam.

Agenda des séances (animation Céline Béraud, Pierre Lassave, avec intervenants invités ) :

Mercredi 2 novembre 2016 : Lieux de transit : Centre Thomas More et AFSR
En 1973, Michel de Certeau désignait une grande foire internationale de « sciences religieuses » à Los Angeles comme « lieu de transit » entre théologie chrétienne et sciences de la culture. Il ouvrait ainsi une fenêtre sur un savoir en recomposition qui se socialise à travers foires, colloques, revues, livres et thèses soutenues. En parallèle du travail biographique récemment engagé dans cette perspective sur le Groupe de sociologie des religions, lieu de transit par excellence à l’origine en France du dépassement de la sociographie pastorale par l’anthropologie culturelle, d’autres lieux de transit sont à cet égard utiles à reconnaître. D’abord la société savante qui depuis l’après-guerre a réuni divers milieux académiques et ecclésiaux autour des questions religieuses : l’AFSR. Le changement de mots derrière le même sigle (de la « sociologie religieuse » aux « sciences sociales des religions ») témoigne d’un double mouvement de déconfessionnalisation et de pluralisation relative de perspectives qui préside au cours actuel du savoir en la matière. Ensuite, une initiative propre à la reconversion des lieux théologiques en lieux scientifiques, le Centre Thomas More de l’Abresle qui dans les années 1970 et sous l’égide de l’ordre dominicain en crise a fait fond sur les sciences humaines et sociales pendant une vingtaine d’années. Ces deux lieux de transit seront donc explorés en cette première séance de séminaire. On aurait pu y ajouter l’espace international des sociétés savantes créées au même moment que l’AFSR mais cela aurait fait trop. Sans doute pour une autre fois.
Dans son introduction, Pierre Lassave, sociologue et responsable du séminaire, reviendra sur les enjeux épistémiques de la notion de lieu de transit.
Puis, Tangi Cavalin, historien, et Yann Raison du Cleuziou, politiste, évoqueront quelques aspects de l’expérience du Centre Thomas More et de ses enjeux du côté de l’ordre dominicain.
Ensuite, Bruno Duriez, sociologue, livrera quelques éléments d’enquête sur les transformations de l’AFSR. Ceux-ci seront mis en perspective par Céline Béraud, sa présidente actuelle, entourée de membres du bureau.

Mercredi  4 janvier 2017 : Histoire de la sociologie du protestantisme

Mercredi  1er mars 2017 : Parcours de la sociologie du judaïsme

Mercredi 10 mai 2017 : Existe-t-il une sociologie de l’islam ?

2. Gabriel Le Bras et le ministère des sciences sociales : savoirs croisés sur la religion, le droit et la société.

Le nom de Gabriel Le Bras (1891-1970) résonne avec fréquence lorsqu'il s'agit d'histoire ou de politique des sciences sociales au vingtième siècle. Son parcours intellectuel et académique demeure cependant méconnu : figure de référence de la sociologie de la pratique religieuse, l'ampleur de son autorité institutionnelle est restée largement discrète, et presque insaisissable. Professeur d'histoire du droit canonique durant près de cinquante ans, à Strasbourg, puis à Paris, il joua dès 1944 un rôle décisif au sein du comité directeur du CNRS, en participant à la création du Centre d’Études sociologiques en 1946, comme à celui du Centre de politique étrangère du côté de la Fondation nationale des Sciences politiques ; surtout, il fut, en 1947-1948, avec Lucien Febvre, en tant que président de la Ve section de l’École pratique des hautes études (EPHE), le véritable parrain d'une VIe section de « sciences économiques et sociales » aux origines mêmes de ce qui allait devenir plus tard l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Au total, ce parcours compose un genre de ministère invisible, où le droit, la science religieuse et la science sociale marchent en cadence, sinon main dans la main. Cohérence et la complémentarité institutionnelle ne résistent toutefois pas au temps et aux rapports de forces disciplinaires, ce qui explique pourquoi la mémoire savante de Le Bras est, en quelque sorte, segmentée, à la charnière du droit, de l'ecclésiologie, de la sociologie et des sciences politiques.

Ce n'est pas le cas en revanche de ses archives, dont l'intégrité et la complétude ont pu être préservées de manière exceptionnelle, correspondances et papiers d'affaires les plus ordinaires en apparence y compris. Afin de conserver la fragilité des passerelles sans cesse entretenues par Le Bras entre les réseaux et les disciplines, le fonds, donné à l'EHESS en 2011, et déposé aux Archives nationales en 2013, reste organisé selon la topographie de l'espace de travail ou de stockage de Le Bras. Ceci suppose donc un important traitement documentaire, afin de pouvoir envisager des recherches dans un ensemble archivistique de plus de 50 mètres linéaires. Une expérience d'envergure et inédite, susceptible de servir de précédent pour l'ensemble du département archives des sciences sociales du futur Campus Condordet, pourrait ainsi transformer le traitement intellectuel et matériel du fonds en un vaste programme d'études interdisciplinaires : en croisant l'observation documentaire et l'analyse sociologique et historique de l'itinéraire de Le Bras et de ses réseaux académiques, ecclésiastiques et politiques, tout en prenant en compte les techniques du savant au travail, il s'agirait d'examiner les sciences religieuses au travail des sciences sociales et des savoirs juridiques, entre les années 1920 et les années 1960.

Agenda des séances (animation Yann Potin, avec intervenants invités) :

Mercredi  26 octobre 2016 : Du petit séminaire au décanat : un itinéraire canonique ?

Jeudi 11 mai 2017 : Retour sur « l’enquête » et le sens de la « pratique » religieuse

Mercredi  24 mai 2017 : Chrétien, pèlerin, Résistant : les formes de l’engagement

Mercredi  7 juin : De la sociologie religieuse à la sociologie des religions : essai de bio-bibliographie de Gabriel Le Bras.

Pour validation, ce séminaire est cumulable avec les trois autres séminaires en alternance : « Catholicisme contemporain », « L'Église : un dictionnaire critique » et « Processus de transnationalisation religieuse »

Suivi et validation pour le master : Mensuel annuel/bimensuel semestriel (12 h = 3 ECTS)

Mentions & spécialités :

Intitulés généraux :

  • Céline Béraud- Genre et religion
  • Dominique Iogna-Prat- Les « territoires » de l’Église. Médiévistique et sciences sociales des religions
  • Centre : CéSor - Centre d'études en sciences sociales du religieux

    Renseignements :

    séminaire ouvert aux masterants et doctorants. Les travaux personnels feront l'objet d'un suivi individualisé

    Direction de travaux d'étudiants :

    direction de travaux d'étudiants dans le cadre d'un groupe de recherches mutualisées

    Réception :

    sur rendez-vous

    Adresse(s) électronique(s) de contact : d.iogna-prat(at)wanadoo.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 26 octobre 2016.

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