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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Ingénierie, expertise, aménagement territorial. Une relecture historique

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Le séminaire se tiendra en alternance dans les MSH de Grenoble, Aix-en-Provence et Lyon, ou en visio-conférence. Pour connaître les lieux et heures exacts des séminaires, merci de prendre contact avec Geneviève Massard-Guilbaud : massard@ehess.fr

Il existe, sur les questions énumérées dans le titre, une littérature historique assez abondante. Ces questions nous paraissent pourtant susceptibles d’être réexaminées avec profit. L’histoire et la sociologie des ingénieurs, et particulièrement des ingénieurs des grands corps de l’État, se sont longtemps focalisées sur leur formation et celle de leur corps, leur place au sein de l’entreprise, leur place dans la hiérarchie sociale. Mais leur rôle politique en tant que détenteurs d’un savoir valorisé, respecté et longtemps incontesté, l’impact de la nature de leur formation sur leur vision du monde et sur leur action et les multiples conséquences de leurs décisions n’ont pas été suffisamment explorées. Théoriquement, les ingénieurs travaillant pour le compte de l’État (ses « fidèles serviteurs ») ne décident pas des travaux à mettre en œuvre. Ils produisent (en nombre, toujours) des rapports censés être objectifs sur des problèmes censés être techniques, et proposent des solutions également techniques aux problèmes qui leur sont soumis. La réalité est pourtant bien différente, car les problèmes en question ne sont pas essentiellement techniques, mais politiques et sociaux. Les solutions que les ingénieurs y apportent sont, elles aussi, plus politiques que techniques. Pensées au nom d’un « intérêt général » à la géométrie variable selon le temps et le lieu, elles ne supportent guère la critique (alors même qu’elles ne font pas toujours l’unanimité au sein du corps des ingénieurs) et sont rarement évaluées sur un temps suffisamment long pour que l’ensemble des effets aient eu le temps de se faire sentir.

Les experts constituent une autre catégorie, totalement hétéroclite, à laquelle les historiens ont encore apporté trop peu d’attention, à la différence d’autres sciences humaines et sociales. Ils partagent avec les ingénieurs une supposée objectivité scientifique. Comme ces derniers, leur voix fait autorité alors que la nature de leur savoir et leur légitimité est peu questionnée, ou l’a longtemps été.

Notre séminaire voudrait revenir sur ces questions. En s’appuyant sur des recherches portant sur des territoires variés, on explorera la nature et l’impact des rapports et des conseils fournis par les uns et les autres. On s’interrogera sur les commanditaires de ces rapports (qui souhaite les travaux envisagés ?), la nature des relations qu’ils entretiennent avec les ingénieurs. On explorera les non-dits des préconisations réputées techniques. On comparera prévisions et résultats, sur la durée, des travaux prescrits et exécutés. On recherchera les intérêts cachés derrière un « intérêt général » discutable, la vision du territoire qu’ils impliquent. On prêtera attention aux relations entre experts et élus, entre ingénieurs de l’État et institutions locales (Chambres de commerce, groupements professionnels, groupes de pression). En bref, on tentera une lecture plus politique que technique de leur rôle, attachée aux réalités et impacts constatés plus qu’aux déclarations de principe ou d’intention.

20 octobre 2016 : Stéphane Frioux  :   « Santé, risque, environnement : une approche historique des interactions sociales autour de l’expertise (France urbaine et périurbaine, XIXe-XXe s.) »

10 novembre 2016 : Patrick Fournier : « Quand l’irrigation devient une science : le territoire de l’agronome et de l’ingénieur (France, XVIIIe-XIXe siècles) »

26 février 2017 : Claude Gilbert : « Santé, risque, environnement : les comités d’experts et la fabrication des normes » (titre provisoire)

10 février 2017 : François Walter : « Autour du livre Paysages sous tensions, Alphil, 2015 (titre provisoire)

23 mars 2017 : Xavier Daumalin : « Solidarité de corps et sous-estimation des risques dans l’exploitation des mines de Provence (fin XIXe-début XXe s) »

4 mai 2017 : Martine Chalvet : « Connaître et gérer une forêt d’exception : collaborations et querelles d’experts autour de la Sainte-Beaume (XXe s). »

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire - Problèmes généraux

Intitulés généraux :

  • Geneviève Massard-Guilbaud- Histoire environnementale, économique et sociale du monde contemporain
  • Renseignements :

    ce séminaire comportera 6 séances de 4 heures et se fera partiellement en visio-conférences.

    Les dates des séances seront communiquées ultérieurement. Les lieux pourront varier en fonction de la disponibilité du matériel de visio-conférences.

    Pour participer à ce séminaire, contacter l'enseignant référent à massard(at)ehess.fr

    Pour tout renseignement s'adresser à la même adresse.

    Direction de travaux d'étudiants :

    sur rendez-vous par courriel.

    Réception :

    sur rendez-vous par courriel.

    Niveau requis :

    licence.

    Adresse(s) électronique(s) de contact : massard(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 3 octobre 2016.

    Contact : service des enseignements ✉ sg12@ehess.fr ☎ 01 49 54 23 17 ou 01 49 54 23 28
    Réalisation : Direction des Systèmes d'Information
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