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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Violences de masse : enquêter par l'intime. Sources, méthodes, épistémologie

  • Anouche Kunth, chargée de recherche au CNRS ( Hors EHESS )
  • Chowra Makaremi, chargée de recherche au CNRS ( IRIS )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

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Lundi de 13 h à 16 h (salle 587, bât. Le France, 190-198 av de France 75013 Paris), les 13 et 27 mars, 24 avril, 22 et 29 mai et 12 juin 2017

Les séances des 24 avril, 22 et 29 mai et 12 juin 2017 se dérouleront en salle A05_51 (5e étage) 54 bd Raspail 75006 Paris.

Ce séminaire interdisciplinaire entend réfléchir à l’apport heuristique d’une démarche indiciaire, visant à aborder les violences de masse depuis leur retentissement sur les vies individuelles. Penser à hauteur du sujet violenté conduit à capter l’onde de choc par laquelle la persécution continue à se dilater dans le temps. Rêves et troubles de la psychè sont quelques-uns des ces lieux de l’intime où se tapissent les effets terrorisants d’une persécution collective. Il n’est jusqu’au silence, aux douleurs muettes, qui n’intéressent le chercheur en sciences sociales pour leur capacité cognitive. Ces objets en fuite, rarement consignés dans l’archive, invitent à concevoir une phénoménologie de la violence étatique, non sans questionner les approches méthodologiques à privilégier. Dans cette perspective, les séances du séminaire alterneront lectures critiques et présentations de travaux dédiés, notamment, aux génocides du XXe siècle ou à la répression de masse.

Programme :

Lundi 13 mars : Séance introductive du séminaire par A. Kunth et C. Makaremi

  • Texte à lire : Michel Foucault, « La vie des hommes infâmes », in Les Cahiers du chemin, n°29, 15 janvier 1977, p. 12-29, repris dans Dits et écrits III, Paris, Gallimard, 1994, p. 237-253.

Lundi 27 mars : "Famille (1). Familles : point d’application du pouvoir" par A. Kunth et C. Makaremi

  • Texte à lire : Georges Perec, W ou le souvenir d’enfance, Paris, Denoël, 1975.

Lundi 24 avril : "Famille (2). Transmissions, traductions" par Janine Altounian (traductrice et essayiste, auteur notamment des Mémoires du génocide arménien. Héritage traumatique et travail analytique, Paris, PUF, 2009) et Chowra Makaremi (Le Cahier d’Aziz, Paris, Gallimard, 2011).

Lundi 22 mai : "Le corps, réceptacle et trace" par Elisabeth Gessat-Anstett, anthropologue, directrice de recherche au CNRS (IRIS-EHESS), auteure (avec L. Jurgenson) de Dantsig Baldaev. Gardien de camp, tatouages et dessins du Goulag, Genève, Éditions des Syrtes, 2013.

Lundi 29 mai :  "Les troubles de la psyché" par Stéphane Tison (MCF Histoire contemporaine, Université du Maine) et Hervé Guillemain (MCF Histoire contemporaine, Université du Maine), coauteurs des Fous de 14, Paris, Alma éditeurs, 2013.

DU FRONT À L'ASILE, 1914-1918 par Hervé Guillemain et Stéphane Tison

Alliant l’extrême violence à la nouveauté technologique, la guerre de 1914-1918 traumatisa les combattants. Des documents bouleversants et inédits font entendre la parole de ceux qui passèrent du front à l’asile.

Dès la mobilisation générale et les premiers combats la guerre de 1914 – dont personne ne prévoyait qu’elle durerait jusqu’en 1918 – imposa un rythme et une violence auxquels nul n’était préparé. La psychiatrie et la médecine militaire furent prises au dépourvu. De l’homme de troupe jusqu’à l’officier, ils furent des milliers à souffrir de troubles du comportement qu’on ne savait ni soigner, ni décrire : dingos, idiots, fous… Peu à peu, toutefois, se développa une réflexion sur les névroses et les traumatismes de guerre. Mais celle-ci fut « oubliée », refoulée, au fil des années 1920-1930 – tout comme furent marginalisés, délaissés ceux que la guerre avait rendu fous sans qu’ils aient nécessairement de blessure visible.

Se fondant sur des documents inédits, puisés dans les archives des asiles et des hôpitaux, Hervé Guillemain et Stéphane Tison font entendre la voix des ceux qui furent brisés par la guerre : les hommes, leurs femmes, leurs enfants. Rythmant leur étude de récits vrais, bouleversants dans leur simplicité et leur sobriété, ils montrent l’ampleur du défi auquel fut confrontée la psychiatrie, et la révolution intellectuelle qui mit plusieurs décennies à s’accomplir.

Lundi 12 juin : "Sommeil, rêves et cauchemars" par A. Kunth et C. Makaremi

Texte à lire :

  • Beradt, Charlotte, Rêver sous le IIIe Reich, Paris, Payot & Rivages, 2004 [1966].

Suivi et validation pour le master : Mensuel annuel/bimensuel semestriel (12 h = 3 ECTS)

Mentions & spécialités :

Adresse(s) électronique(s) de contact : chowra.makaremi(at)ehess.fr, anouche.kunth(at)univ-poitiers.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 24 mai 2017.

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