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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

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L'objet littéraire : savoirs, pratiques, et fonctionnement communautaire. Littérature, discipline littéraire et sciences humaines et sociales

  • Annick Louis, maître de conférences à l'Université de Reims (TH) ( CRAL-CEHTA )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mardi de 13 h à 15 h (salle 8, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 21 février 2017 au 6 juin 2017. Séance supplémentaire le 12 janvier (de 11 h à 13 h, salle 4, même adresse)

Le séminaire se poursuivra dans la continuité des années précédentes. Plus spécifiquement l'axe restera le rapport entre le texte littéraire, les études littéraires et les sciences humaines et sociales, mais en ouvrant cette année un espace plus important aux approches théoriques et méthodologiques adoptées par les chercheurs qui travaillent en littérature. Au débat autour de la place qu'occupent les productions littéraires au sein des sciences sociales, et de l'usage que celles-ci en font, viendront s'ajouter de nouveaux niveaux : celui du croisement entre disciplines, et le bilan sur l'état actuel des études littéraires. Nous nous proposons de poursuivre cette exploration, en ouvrant l'éventail des disciplines et en introduisant des questionnements ponctuels qui touchent à l'interdisciplinarité.

12 janvier 2017 : Agnieszka Karpowicz (Université de Varsovie), « La cartographie littéraire: les modes de préparation, les modes d'emploi »
Dans le projet Topo-Graphie: la ville, la plan de la ville, la littérature nous essayons d’élaborer une méthode topographique conçue en tant que catégorie de recherche en sciences humaines et sociales et surtout en études littéraires. Celles-ci, selon nous, peuvent aussi bien constituer un domaine intégral de recherche en sciences sociales et en histoire – ce que nous voulons prouver par et dans le cadre de notre projet. La méthode topographique est, à la fois, une façon de lecture et un mode d'analyse littéraire, elle permet donc de renouveler l'interprétation des œuvres des grands écrivains polonais et, parallèlement, de rafraîchir la réflexion sur la littérature. Ainsi, nous proposons une analyse approfondie des espaces géolittéraires, ce qui permettrait de concevoir une carte littéraire interactive de Varsovie, la capitale de la Pologne, et – grâce à cela – de raconter l’histoire d’une ville du bloc de l’Est dans la deuxième moitié du XXe siècle.
Agnieszka Karpowicz est maître de conférences à l’Université de Varsovie, habilitée à diriger des recherches, directrice adjointe de l’Institut de la Culture Polonaise (IKP), membre du Centre de recherches en anthropologie de la parole et du Laboratoire d’études urbaines. Elle est l’auteur de Kolaż. Awangardowy gest kreacji [Collage: un geste de création avant-gardiste] paru en 2007 et Proza życia. Mowa, pismo, literature [Prose de la vie. La parole, l’écriture, la littérature] paru en 2012. Ses domaines de recherche sont l’anthropologie de la littérature, l’histoire de la culture polonaise du XXe siècle, l’études culturelles et urbaines.

21 février 2017 : Du littéraire dans les sciences humaines et sociales

28 février 2017 : Objets interdisciplinaires : L’écriture de soi sans intériorité : écriture, constitution du savoir, et archéologique chez Heinrich Schliemann (1822-1890) I
La légende de l’archéologue autodidacte Heinrich Schliemann repose sur son autobiographie, où apparaît le topos de l’enfant qui rêve de découvrir le site de l’ancienne ville de Troie. Bien que les spécialistes connaissent le phénomène, le public ignore généralement qu’il existe en vérité quatre versions de son autobiographie, écrites dans des contextes radicalement différents. Notre recherche commence par une analyse du fonctionnement narratif de chacune, pour procéder par la suite à leur contextualisation, qui permet à la fois de reconsidérer la carrière d’archéologue de Schliemann, et d’aborder un moment spécifique de la discipline archéologique, alors en cours de définition, où la philologie entre en crise et la fouille commence à imposer sa valeur scientifique. Le retour sur la scène d’enfance porte à constater aussi que le texte diffère de ce que la légende a retenu, et qu’il propose une représentation particulière de la naissance de la vocation ; nous montrerons également que la prégnance de cette scène a eu un autre effet, auquel la recherche ne s’était pas encore intéressée : celui d’occulter la formation de Schliemann, qui se fait à Paris, entre 1866 et 1870/71. Dans un deuxième moment, nous proposons donc une articulation entre texte et contexte, dans l’objectif de reconstruire ce parcours, qui se réalise à la fin du Second Empire et au début de la Troisième République. L’étude du fonctionnement de l’écrit et du récit dans les différents écrits de Schliemann – autobiographies, lettres, ouvrages archéologiques – mène à l’hypothèse que dans son écriture toute dimension intime, référentielle, personnelle, et même autobiographique, disparaît au profit d'une « vérité textuelle » qui se transforme en vérité de la propre vie et de la science.
Dans le cadre du séminaire « L’objet littéraire » cette étude pose la question de l’extension des frontières de la discipline littéraire, à la fois par le choix de l’objet et par la démarche interdisciplinaire adoptée.

7 mars 2017 : Objets interdisciplinaires : L’écriture de soi sans intériorité : écriture, constitution du savoir, et archéologique chez Heinrich Schliemann (1822-1890) II
La légende de l’archéologue autodidacte Heinrich Schliemann repose sur son autobiographie, où apparaît le topos de l’enfant qui rêve de découvrir le site de l’ancienne ville de Troie. Bien que les spécialistes connaissent le phénomène, le public ignore généralement qu’il existe en vérité quatre versions de son autobiographie, écrites dans des contextes radicalement différents. Notre recherche commence par une analyse du fonctionnement narratif de chacune, pour procéder par la suite à leur contextualisation, qui permet à la fois de reconsidérer la carrière d’archéologue de Schliemann, et d’aborder un moment spécifique de la discipline archéologique, alors en cours de définition, où la philologie entre en crise et la fouille commence à imposer sa valeur scientifique. Le retour sur la scène d’enfance porte à constater aussi que le texte diffère de ce que la légende a retenu, et qu’il propose une représentation particulière de la naissance de la vocation ; nous montrerons également que la prégnance de cette scène a eu un autre effet, auquel la recherche ne s’était pas encore intéressée : celui d’occulter la formation de Schliemann, qui se fait à Paris, entre 1866 et 1870/71. Dans un deuxième moment, nous proposons donc une articulation entre texte et contexte, dans l’objectif de reconstruire ce parcours, qui se réalise à la fin du Second Empire et au début de la Troisième République. L’étude du fonctionnement de l’écrit et du récit dans les différents écrits de Schliemann – autobiographies, lettres, ouvrages archéologiques – mène à l’hypothèse que dans son écriture toute dimension intime, référentielle, personnelle, et même autobiographique, disparaît au profit d'une « vérité textuelle » qui se transforme en vérité de la propre vie et de la science.
Dans le cadre du séminaire « L’objet littéraire » cette étude pose la question de l’extension des frontières de la discipline littéraire, à la fois par le choix de l’objet et par la démarche interdisciplinaire adoptée. Cette deuxième séance abordera la question du rapport entre texte et contextes.

28 mars 2017 : Matei Chihaia (Université de Wuppertal) Allégories de la fiction au XXe siècle : de l'effet Pygmalion à l'effet Golem

Au début du XXe siècle, le nouvel art du cinéma propose une forme de fiction, une « frontière esthétique » (Michalski), qui ne ressemble plus aux genres traditionnels que sont le théâtre, la sculpture ou la peinture. Son inquiétante étrangeté marque les écrits des premiers critiques de cinéma qui cherchent à définir sa spécificité, mais aussi dans le travail des cinéastes de l’époque. Elle se manifeste dans les nouvelles allégories de la fiction qui jalonnent le Golem (1920) de Paul Wegener, aussi bien que de nombreux ouvrages littéraires de son époque. Parmi ceux-ci, « Le spectre » (1921) de Horacio Quiroga, fait de l’incertitude liée à la nouvelle forme de fiction son sujet principal. Comment le cinéma change-t-il donc l’objet littéraire ? Nous tenterons de répondre à cette question en regardant de près des représentations allégoriques de la fiction.
 
Matei Chihaia, né à Bucarest en 1973, obtient avec ses parents le statut de réfugié politique en Allemagne en 1979. Après des études à Munich et Oxford et une thèse sur la tragédie du XVIIe siècle, il est enseignant-chercheur à l’Université de Cologne et devient, en 2010, professeur à l’Université de Wuppertal. Il est l’un des éditeurs de la revue Diegesis, publiée dans le cadre du centre de recherches narratologiques (ZEF) de cette université, il fait partie du comité scientifique de la revue Romanische Forschungen et du comité de lecture international de la revue Acta fabula.
Dans son intervention, il revient sur plusieurs publications antérieures, parmi lesquelles on peut citer :

18 avril 2017 : Luca Martignani (Université de Bologne) : Du genre polar au noir réaliste. Pour une sociologie culturelle du roman et du secret

25 avril 2017 : Objet auteur : la patrimonialisation de Jorge Luis Borges (1899-1986)

2 mai 2017 :  Philippe Boissinot (EHESS) : Des actions passées par l'agrégat : l'objet même de l'archéologie

9 mai 2017 : Claude Calame (EHESS) : L’objet tragédie grecque dans la tradition occidentale ; Cécile Braillon (Université de Valenciennes): Le théâtre antique dans le Río de la Plata

16 mai 2017 : L’objet tragédie grecque dans le monde hispano-américain : AntigoneS. Linaje de Hembras de Jorge Huertas, avec la présence de l’auteur

23 mai 2017 : Roger Chartier (Collège de France) Traduction et intraduisible (XVIe-XVIIe siècles)

6 juin 2017 :  La place de la théorie dans la discipline littéraire. Pour une épistémologie comparative, Argentine-France

Aires culturelles : Afrique,

Suivi et validation pour le master : Hebdomadaire semestriel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Méthodes et techniques des sciences sociales

Intitulés généraux :

Renseignements :

ouvert aux étudiants et aux chercheurs.

Direction de travaux d'étudiants :

sur rendez-vous uniquement.

Réception :

sur rendez-vous uniquement.

Site web : http://cral.ehess.fr

Site web : http://oblit.hypotheses.org/

Adresse(s) électronique(s) de contact : annick.louis(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 27 mars 2017.

Contact : service des enseignements ✉ sg12@ehess.fr ☎ 01 49 54 23 17 ou 01 49 54 23 28
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