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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Techniques, objets et patrimoine culturel immatériel en Asie Orientale (XVIe-XXIe siècle)

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e et 4e jeudis du mois de 11 h à 13 h (salle 681, 6e étage, bât. Le France, 190-198 av de France 75013 Paris), du 24 novembre 2016 au 8 juin 2017. Séance supplémentaire le 27 avril (de 14 h à 16 h, salle A07_51, 54 bd Raspail 75006 Paris)

Les séances des 27 avril, 11 mai et 8 juin 2017 se dérouleront en salle A07_51 (7e étage) 54 bd Raspail 75006 Paris.

Le séminaire poursuit les travaux engagés les années précédentes sur la construction des discours (politiques et culturels) et sur la mise en œuvre des pratiques aujourd'hui englobés dans ce qui est appelé « patrimoine culturel immatériel » (PCI). Nombre de dossiers inscrits sur les listes nationales du PCI ou sur celles de l'UNESCO concernent des techniques que l'on peut aisément rapprocher de l'expression chinoise énumérant les « quatre nécessités » yi shi zhu xing 衣食住行 (s'habiller – manger – avoir un toit – se déplacer). En liaison avec cette expression consacrée, il faut aussi signaler une autre formule fameuse yangsheng 养生 (nourrir la vie ou entretenir le principe vital) qui regroupe un ensemble de techniques concernant l'art de se nourrir, l'art de se loger, de se soigner et de vivre longtemps en bonne santé.

En parallèle, nous développerons une approche plus historique des thématiques abordées, afin d’examiner certaines techniques du passé (par l’analyse de documents et la lecture des sources), de comprendre l’utilisation de certains objets ou la diffusion de certaines pratiques culturelles, tout en prenant en compte leur localisation spatiale et temporelle. Cette double perspective, à la fois historique et anthropologique, permet d’examiner certaines techniques dans toutes leurs dimensions, du brut au raffiné, et de réfléchir aux objets sans les abstraire du contexte de création.

Au programme de cette année, en plus de séances méthodologiques et traitant de l’actualité du PCI, nous commencerons l’étude d’un texte majeur pour l’histoire des techniques en Chine (qui fut très lu aussi en Corée et au Japon), le Tiangong kaiwu 天工開物 (littéralement « Œuvres du ciel et exploitation des choses ») de Song Yingxing 宋應星, paru avec de nombreuses illustrations en 1637. Cet ouvrage aborde de multiples sujets, de l’agriculture au travail du jade en passant par exemple par la fabrication du papier ou l’élaboration de boissons alcoolisées.

12 janvier 2017 (de 11 h à 13 h 30) :

  • Alice Berthon (doctorante au Centre d'études japonaises de l'INALCO) « La représentation des Aïnous au Musée national d'ethnologie (Japon) : entre reconnaissance et exclusion »
    En 1974, le Japon fonde son premier musée national d’ethnologie. Lorsqu’il ouvre ses portes au public en 1977, la culture de l’archipel et celle des Aïnous sont exposées dans deux espaces distincts, parmis les autres régions du monde. Dans le cas de la représentation de la culture aïnoue, le discours de l’État qui considérait le Japon comme ethniquement homogène, ne correspondait pas à celui du musée. En effet, séparer la culture aïnoue de l’espace d’exposition sur le Japon visait à la reconnaitre en tant que culture à part entière et positionnait le musée à contre-courant du discours identitaire de mise à l’époque. Depuis, bien que le Japon ait reconnu les Aïnous comme peuple autochtone (2008), la culture aïnoue est toujours exclue de l’espace consacré au Japon, même après son réaménagement en 2014. Essentiellement à travers l’exemple de ce musée, l’exposé interrogera les enjeux liés à la représentation de l’autochtonie aïnoue dans l’espace muséal japonais.
  • Noémi Godefroy (Jeune chercheur associée au Centre Japon CCJ et au CEJ - INALCO) « La minorité aïnoue au Japon - Les liens entre autochtonie et patrimoine dans une perspective historique, 1868-2008 »
    Lors de l’annexion de Hokkaido en 1869, la population autochtone aïnoue devient une partie intégrante de la population japonaise, sous la dénomination d’ « anciens indigènes », avant de disparaître des textes et du discours officiel en 1937, dans un contexte de conflit sino-japonais. Après guerre, groupes et association aïnoues se sont mobilisées pour faire reconnaître l’existence de la minorité autochtone aïnoue au Japon, reconnaissance acquise en 2008. Comment les acteurs aïnous de la reconnaissance ont-ils mis à profit le patrimoine culturel autochtone pour atteindre leur objectif ? Quels rôles la réappropriation et la mobilisation du patrimoine culturel aïnou ont-elles joué dans la (re)construction de l’autochtonie aïnoue ?

26 janvier 2017 : Émergence du mukpang (« foodcasting ») en Corée du Sud : d’internet à une position hégémonique dans la culture populaire coréenne contemporaine, Hong Seok-Kyeong (Université nationale de Séoul (Corée), invitée de l'EHESS)
La Corée a développé une culture alimentaire basée sur le discours traditionnel de la santé, de l’art et de l’étiquette de table. Récemment, cependant, le phénomène du « mukpang » (ou « foodcasting », abréviation coréenne de « radiodiffusion alimentaire ») apporte un nouvel éclairage à la fois sur la culture alimentaire et la culture médiatique : ce phénomène s’éloigne des valeurs traditionnelles de la culture alimentaire médiées par les médias conventionnels et s’inscrit dans une esthétique particulière qui en modifie voire en trahit les codes dominants. Pour autant, le mukpang est adopté peu à peu par la télévision conventionnelle. Cette conférence va d’abord tenter de définir le mukpang comme un type de communication sociale développée d’abord dans le contexte socio-historique spécifique de la Corée : l’augmentation des ménages d'une seule personne, l’émergence d’une culture de « surplus », combinée à une précarité croissante pour la jeunesse. Puis elle montrera comment, par un processus que nous qualifions d’hégémonique, le mukpang, bien que contredisant les valeurs traditionnelles et défiant la culture « légitime », conquiert les médias conventionnels qui finissent par s’approprier ses caractéristiques.

23 février 2017 : Yoshio Abé, « La riziculture dans le Tiangong Kaiwu de SONG Yingxing (1637) »
Lorsque SONG Yingxing a consacré deux chapitres à la céréaliculture chinoise, les travaux de riziculture exécutés jusqu’à la récolte ont été traités dans le Ier chapitre ; et des travaux après la moisson, dans le chapitre IV.
Yoshio Abé abordera pour cette conférence surtout le premier thème : aspects agro-botaniques de différentes variétés de Riz et aspects techniques de la riziculture aquatique, entre autres, systèmes et procédés de riziculture, préparation des sols, entretien de la plante, systèmes de contrôle hydraulique.
Seront analysés les textes à la lumière de nos connaissances d’aujourd’hui. Yoshio Abe donnera aussi des commentaires utiles pour la compréhension de ces textes du Tiangong Kaiwu (天工開物).

23 mars 2017 : Françoise Sabban, « Le sucre »
La recherche de la blancheur a orienté pendant plus de six siècles la production du sucre, un artefact alimentaire diffusé sur tous les continents et issu d’une proto-industrie à échelle mondiale.
La Chine y a eu aussi sa part entre le XVIe et le XVIIIe siècle, notamment en matière de techniques innovantes.

27 avril 2017 :

  • Reiji Iwabuchi (professeur à l’Université féminine du Gakushûin, professeur rattaché au Centre de recherches sur le Japon d'avril à août 2017), « Mettre Edo à la mode : le grand magasin Mitsukoshi et la commercialisation d'Edo aux ères Meiji et Taishô (1890-1920) »
    Depuis la formation de l'État-Nation moderne au Japon jusqu'à nos jours, la plupart des « traditions » du pays mises en avant concernent soit « la culture fondamentale » remontant aux origines de l'archipel et aux périodes anciennes, soit l'époque d'Edo et la civilisation urbaine de sa capitale shogounale. La période allant des années 1890 à la veille du grand tremblement de terre du Kantô de 1923 marqua le début de la « découverte » d'Edo, avec à la fois des aspects politiques et commerciaux. On a déjà souligné la relation entre l'intérêt pour Edo et l'État-Nation moderne, comme recréation d'une tradition propre du Japon, conçue à partir des années 20 de l'ère Meiji en réaction envers les politiques des puissances occidentales, et comme une entreprise de préservation de « l'essence nationale » ; mais les aspects commerciaux n'ont pas fait l'objet de la même attention. Cette communication se penchera donc sur la politique de promotion commerciale « d'Edo » par le grand magasin Mitsukoshi durant la fin de l'ère Meiji et l'ère Taishô, pour mettre en lumière ce processus de transformation en objet de consommation et son influence. Et nous réfléchirons aussi sur les représentations d'Edo qui suivirent.
  • ZHAO BING (CNRS-UMR CRCAO) interviendra avec une présentation sur la céramique intitulée « Au delà du Tiangong kaiwu 天工開物 (Œuvres du ciel et exploitation des choses, 1637) : tour d’horizon des sources chinoises sur la céramique en Chine ».

11 mai 2017 : Frédéric Obringer, « De quelques minéraux dans le Tiangong kaiwu 天工開物 (Œuvres du ciel et exploitation des choses, 1637) »

Aires culturelles : Asie, Chine, Corée, Japon,

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Asie

Intitulés généraux :

Renseignements :

contacter les enseignants du séminaire.

Direction de travaux d'étudiants :

sur rendez-vous auprès des enseignants du séminaire.

Réception :

sur rendez-vous auprès des enseignants du séminaire.

Site web : http://umr-ccj.ehess.fr/index.php?id=771

Adresse(s) électronique(s) de contact : bodolec(at)ehess.fr, michela.bussotti(at)efeo.net, obringer(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 10 mai 2017.

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