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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Expressions du trouble et jugements de normalité

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e et 4e mercredis du mois de 15 h à 17 h (salle 1, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 9 novembre 2016 au 24 mai 2017. Séance de 15 h à 19 h le 14 décembre (salle 13, même adresse)

Si le thème de la norme sociale a été largement étudié par les sciences sociales, la question qui lui est sous-jacente de la normalité et de son rapport à la norme a été, elle, moins explorée. Le séminaire se propose d’analyser ce rapport entre la normalité et la norme en faisant appel tant à l’anthropologie qu’à la sociologie, c’est-à-dire en faisant varier les contextes, et en ayant recours à des cas dans des aires géographiques différentes. L’attention se portera moins sur la transgression d’une norme morale, juridique ou politique, que sur les multiples indices permettant de porter un jugement sur des états de choses ou de personnes, qualifiables de « troubles », de « louches », d’« étranges » ou de « bizarres ». Ces états peuvent être définis non par rapport à la justice mais par rapport à la justesse, en tant que le monde dépend d’agencements justes. Les indices permettant de porter un jugement de normalité sont notamment fournis par la conduite ou le comportement de personnes qui, de ce point de vue, relèvent d’une sémiologie supposée donner accès à leurs états intérieurs et qui est antérieure à un jugement moral. Une hypothèse qui sera interrogée lors des différentes séances du séminaire est qu’il faut donner à ces formes de jugements de justesse une importance plus grande que celle que les sciences sociales ne leur ont accordée jusqu’alors. Dans cette perspective, le caractère prévisible et contrôlable des choses et des personnes est un enjeu central, qui pose la question de la sécurité, de l’incertitude sur l’avenir, et plus généralement du rapport au temps. On cherchera en outre à distinguer les jugements de normalité donnant lieu à une expression institutionnelle ou au moins publique, des jugements de normalité, sans doute les plus nombreux, qui, transmis de personne à personne, se diffusent sur le mode de la rumeur. Tandis que les premiers prennent généralement appui sur ce que l’on appelle le « sens commun », ce qui limite le travail d’explicitation du jugement qui semble aller de soi, les seconds ne permettent pas aux personnes concernées de se justifier. Dans l’un et l’autre cas, une des caractéristiques des jugements de normalité est sans doute de rarement donner lieu à des débats publics et de se soustraire par là aux cycles de critiques et de justifications par l’intermédiaire desquels une inquiétude ou un trouble peuvent prendre un tour politique. Les jugements de ce type fonctionneraient donc moins à la critique qu’à la forclusion.

Programme :

9 novembre : Introduction générale, par Luc Boltanski, Arnaud Esquerre et Olivier Allard

23 novembre : Expérience-limite et théories anthropologique de la perception, par Camille Chamois et Emmanuel Grimaud

14 décembre : séance double.

  • 15h-17h : De la méfiance, par Matthew Carrey.
  • 17h-19h : table-ronde autour de Tracés n°31, « Méfiance », coordonné par Olivier Allard, Matthew Carey et Rachel Renault

11 janvier : Les marranes et la suspicion, par Natalia Muchnik

25 janvier : Les jugements de démence et de folie en contexte clinique, par Laurence Tessier et Delphine Moreau

8 février : La folie, par Philippe Artières et Livia Velpry

8 mars : À confirmer, par Luc Boltanski et Arnaud Esquerre

22 mars : Sainteté et folie, par Ariane Boltanski et Antoine Roullet

26 avril : Esprits et fantômes, par Grégory Delaplace et Anne de Salles

10 mai : La confiance dans les relations commerciales, par Guillaume Calafat

24 mai : Les rumeurs, par Julien Bonhomme

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Sociologie

Intitulés généraux :

  • Olivier Allard- Anthropologie des liens de dépendance en Amérique du Sud
  • Luc Boltanski- Sociologie morale et politique
  • Niveau requis :

    ouvert aux étudiants de M1 et de M2.

    Adresse(s) électronique(s) de contact : boltansk(at)ehess.fr, olivier.allard(at)ehess.fr, a_esquerre(at)hotmail.com

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 19 décembre 2016.

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