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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Anthropologie comparée à partir de l'Asie du Sud-Est

  • Vanina Bouté, maître de conférences à l’Université de Picardie-Jules Verne ( CASE )
  • Béatrice David, maître de conférences à l'Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis ( CCJ )
  • Yves Goudineau, directeur d'études de l'EFEO (TH) ( CASE )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Denis Vidal, directeur de recherche à l'IRD (TH) ( CEIAS )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Jeudi de 14 h à 16 h (Maison de l'Asie, Grand salon, 1er étage, 22 av du Président-Wilson 75116 Paris), du 24 novembre 2016 au 15 juin 2017. Voir détail des séances dans le programme

Le séminaire se situe dans une perspective comparative sud-est asiatique ouvrant sur le monde indien et sur la Chine du sud. Il s'intéresse aux modalités de reprise sur la longue durée de certaines pratiques rituelles, techniques, esthétiques dans des contextes politiques, religieux, technologiques qui les condamnent ou les rendent obsolètes. Après avoir étudié des rituels collectifs sacrificiels ou de possession, on s’interroge cette année encore sur la transmission, le maintien et la circulation de certaines autres formes de pratiques collectives qui perdurent en dépit des contestations dont elles font l'objet dans les champs de la croyance, de l’art ou de la technique. Le séminaire s’appuie sur la discussion de matériaux ethnographiques détaillés et vise à produire des propositions théoriques renouvelées concernant les logiques de résilience et les conditions d’un comparatisme pertinent sur des ensembles régionaux larges.

Programme :

24 novembre : séance introductive (Yves Goudineau, EFEO, et Denis Vidal, IRD)

8 décembre : Cécile Guillaume-Pey (Labex Hastec, Cesor), « Peindre, lire ou photocopier ? Reconfiguration d'un savoir-faire riturel chez les Sora (centre-est de l'Inde) »

12 janvier : Olivier Morin (Max-Planck-Institut für Menschheitsgeschichte, Iéna), « Pourquoi l'écriture est-elle. moins naturelle que la parole ? »
Les langues orales ou gestuelles permettent partout aux êtres humains de communiquer sur à peu près n’importe quel sujet au moyen de signes dont le sens codifié fait l’objet de conventions partagées. Ces langues apparaissent spontanément, universellement, et sont acquises avec aisance. Curieusement, ceci n’est pas vrai des moyens d’expression «graphiques,» composés d’images permanentes. N’importe quel être humain peut, bien sûr, transmettre des informations avec des images ; mais il est difficile de codifier ces formes d’expression. On fera valoir que l’invention de codes graphiques expressifs, capables de remplir de multiples fonctions, et régis par des conventions partagées, est une rareté dans l’histoire humaine. On exposera une hypothèse permettant d’expliquer cela, étayée par quelques résultats expérimentaux.

26 janvier : Yves Goudineau (EFEO), « Centralisations et remémorations sacrificielles au Laos et au Vietnam »

23 février : Emmanuel Pannier (Centre Asie du Sud-Est), « Les modalités de résistance d'un culte du Nord Vietnam »

9 mars : Frédéric Keck (Musée du Quai Branly), « Faire mourir et laisser vivre. Pratiques religieuses et scientifiques du fangsheng à Hong Kong et Taiwan dans le contexte de la grippe aviaire »
En 2006, les associations bouddhistes de Hong Kong et de Taiwan ont organisé un colloque avec des environnementalistes, des ornithologues et des historiens sur la pratique du lâcher d'oiseaux sauvages et ses risques dabs un contexte de grippe aviaire. Des lâchers d'oiseaux « scientifiques » ont été organisés par les ornithologues pour les espèces en contrebande récupérées à la douane ou pour les espèces migratrices menacées. En m'inspirant d'un modèle théorique élaboré au croisement des textes de Foucault et Lévi-Strauss, je m'interrogerai sur les aspects religieux et scientifiques de cette pratique consistant à « laisser vivre » (fangsheng).

23 mars : Pierre Petit (Université Libre de Bruxelles), « Résilience des cultes d'une province révolutionnaire du Laos »
Les Tai Vat du Laos descendent de migrants qui ont fui le Vietnam dans le contexte des guerres du XIXe et du XXe siècles. Beaucoup d'entre eux ont depuis l'an 2000 quitté les montagnes de Houa Phan pour ls'établir dans un village de la plaine du Mékong, ou, s'agissant des plus jeunes, pour travailler dans des ateliers de Vientiane.
À Houay Yong, village de montagne dont la moitié de la popultion a migré en quinze ans, la vie rituelle est restée particulièrement intense. Cette vitalité surprend, car au moins trois fatceurs semblent défavorables à la transmission religieuse : l'interdiction des « superstitions » qui a suivi l'instauration du régime révolutionnaire en 1975 ; l'exode rural des plus jeunes et l'âge avancé des spécialistes rituels ; le caractère hégémonique du bouddhisme, adopté comme religion de référence nationale. L'étude de vignettes ethnographiques permettra d'analyser les modalités de la résilience rituelle dans ce contexte a priori défavorable et de l'indexer au clivage espace domestique vs espace villageois, à l'évolution des rapports intergénérationnels et à la patrimonialisation de la coutume.

20 avril : Séance travaux étudiants

11 mai : Fiorella Allio (IRASIA), « La transmission au sein des roupes processionnelles cérémonielles (sud Taiwan) » - titre provisoire

18 mai : Aurélie Névot (Centre études himalayennes), « Les deux voies de la transmission de la psalmodie : les Bimo au sein de la tradition chamanique lignagère et de l atradition chamanique d'État »
Pour les maîtres de lapsalmodie (bimo) de la Forêt de ppierre, chamanes des Sani (branche Yi du Yunnan), non seulement ke partage des os, et donc de la substance agnatique, d'un lignage d'initiés et essentiel pour devenir bimo, mais également celui du sang. Cette transmission du sang de maître à disciple repose sur la copie de manuscrits transmis au sein des lignages, car ces livres (aux graphies différentes de l'écriture chinoise) renferment le/du se : ce terme spécifique désigne l'écriture-sang propre aux bimo pour qui les concepts d'écriture et sang ne sont pas dissociés graphiquement. L'apprentissage – que l'on pourrait assimiler à l'imbibation de se – est un processus transcorporel qui passe donc par l'acte d'écriture et conditionne ultimement la vocalité en propre de chaque chamane, laquelle traduit sa puissabce personnelle.
Chaque lignage est inscrit dans un territoire villageois et dans un espace géographique plus large, lequel se réfère à une famille bimo souche, trois « aires » chamaniques originelles étant distinguées. Aussi chaque Maître de la paslmodie exprime-t-il et transmet-il par ses textes, 'une part, ses spécificités lignagères par le prisme de quelques caractères d'écriture-sang qui lui sont propres, ce qui constitue son identité à part entière, d'autre part, ses spécificités territoriales par le prisme de sceaux villageois et de quelques caractères spécifiques à l'une des  aires » bimo sus-mentionnées. La grande majorité des caractères d'écriture maîtrisés par chaque bimo est néanmoins commune à celle des ses confrères du territoire de la Forêt de pierre. L'État chinois vise à homogénéiser ce corpus chamanique en gommant les particularités scripturales liées aux lignages, aux villages, et aux familles chamaniques souches.
Lignager, territorial, et segmentaire, le se est en effet pris en main par les autorité chinoises et travesti : le se manipulé par l'état ne saurait signifier « écriture et sang » (écriture-sang), tout à la fois. Le concept proprement bimo est dès lors refondé : se est transcrit au moyen de deux caractères d'écriture distincts. Un caractère d'écriture (celui signifiant « image » pour les chamanes et associé en chinois au terme xiang) doit correspondre au mot « écriture », un autre doit désigner le mot « sang ». Le se passe donc de sang à image, il est dénaturé afin d'être au plus proche de l'écriture chinoise wen. Le projet de civilisation chinoise consiste précisément à en faire un co-wen. De même, le chant rituel, d'ordinaire proféré à partir du se, est homogénéisé et mis en partition. Cette politique culturelle, qui dit se préoccuper de l"héritage patrimonial local mais qui renvoie davantage à l'intégration des Sani à l'ordre du monde chinois, s'inspire de crtaines pratiques de transmission « hors lignages » employées parfois par les bimo eux-mêmes.
L'uniformisation du se implique un schisme religieux entre la « tradition chamanique lignagère » et la « tradition chamanique d'État », et vise à faire de l'criture initiatique une écriture a-substantielle qui permettrait de surcroit, au-delà de la sphère rituelle, de transcrire un idiome oral, celui des Sani, caractéristique qu'elle n'a pas originellement dans la mesure où elle est intimement liée à la profération d'une langue divine.

8 juin : séance à préciser ultérieurement

15 juin : séance travaux étudiants

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulés généraux :

  • Vanina Bouté- pas d'intitulé par défaut
  • Renseignements :

    secrétariat de l'École française d'Extrême-Orient (EFEO), tél. : 01 53 70 18 60.

    Direction de travaux d'étudiants :

    sur rendez-vous par tél. : 01 53 70 18 60.

    Réception :

    direction de l'Ecole française d'Extrême-Orient (EFEO), 22 av. du Président Wilson, 75116 Paris.

    Niveau requis :

    séminaire ouvert aux étudiants de master et de doctorat.

    Site web : http://www.case.ehess.fr/

    Site web : http://www.efeo.fr

    Adresse(s) électronique(s) de contact : directeur(at)efeo.net, vannina.boute(at)ehess.fr, dvidal(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 15 mai 2017.

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