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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Les Afriques dans la longue durée : acteurs, savoirs, pratiques

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

1er et 3e lundis du mois de 15 h à 18 h (salle de réunion, IMAF, 2e étage, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 7 novembre 2016 au 15 mai 2017. La séance du 7 novembre est reportée au 14 novembre (salle de réunion, IMAF). Séances supplémentaires le 13 mars (salle de réunion, IMAF, 96 bd Raspail 75006 Paris) ; le 27 mars (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris) ; et le 22 mai (salle de réunion, IMAF, 2e étage, 96 bd Raspail 75006 Paris). La séance du 15 juin se déroulera de 15 h à 20 h (même salle)

Cette année le séminaire reprendra la problématique générale développée pendant les années précédentes, en insistant davantage sur l’identification de « faits » – issus des initiatives coloniales ou internes à l’Afrique – qui ont fonctionné en tant que puissants accélérateurs de changement social dans les sociétés africaines, que ce soit au niveau régional, continental ou global. Il est rappelé que l’un des propos de ce séminaire est de penser l’histoire de l’Afrique à une échelle temporelle de longue durée, nécessaire pour saisir des processus qui, autrement, seraient rendus « invisibles », malgré leur relation avec la moyenne et la courte durée. Cette option résulte de plusieurs constats.

Il s’agit d’abord de la prépondérance des études sur la période contemporaine, concernant notamment les territoires sous domination française, anglaise et belge, au détriment d’une chronologie plus étalée et des problématiques qu’elle recèle et qui, cependant, ressortent des matériaux archivistiques et historiographiques issus de la colonisation portugaise, ou encore des données linguistiques et archéologiques mobilisées par l’histoire des civilisations africaines préexistantes à la colonisation. Vient ensuite l’importance accordée aux études impériales, où l’épaisseur de l’histoire et, par conséquent, la résilience des dynamiques interafricaines n’apparait, au mieux, que dans un lointain et vague arrière-plan. Enfin, la multiplication, par ailleurs opportune, des travaux sur le « temps présent » frappe à la fois par leur insistance sur les contraintes et les opportunités d’un environnement international « mondialisé » et sur les nouveautés apparemment irréductibles des « situations » africaines.

Or, entre l’histoire dite « précoloniale » (la question restant posée de savoir quand se termine le « pré »colonial par rapport au « colonial »), l’installation des systèmes coloniaux formels, à la fin du XIXe siècle, et les enjeux de la « postcolonialité », se déroule un temps long dans lequel se sont produites des interactions, voire des (re)créations, aussi bien entre « l’Afrique en Afrique » et « les Afriques d’ailleurs » qu’entre les sociétés africaines et les pouvoirs coloniaux, le tout dans des relations complexes de négociation, de dialogue et de confrontation. Les acteurs, africains ou coloniaux (catégories hétérogènes par définition,  ouvertes sans cesse à l’émergence de nouveaux rôles sociaux), les savoirs (transmis, appropriés, reconfigurés) et les pratiques (la résistance, la négociation, la reconversion) constituent autant de « lieux » à partir desquels se déploiera notre réflexion. 

Dans cette perspective, la focalisation de l’analyse sur des « faits » qui ont fonctionné en tant que tournants ou déclencheurs de changement s’avère particulièrement féconde pour mettre en lumière les processus de reconfiguration des sociétés africaines dans le temps long. La discussion des notions telles que « fait »,  « temps long », « longue durée » fera, bien évidemment, l’objet de réflexions. Parmi les « faits » coloniaux, nous nous occuperons de la traite atlantique et de ses retombées démographiques, économiques, sociales et culturelles ; de l’abolition de l’esclavage et de la pluralité des processus d’émancipation qui l’accompagnent, avec des rythmes et des configurations différentes selon les régions ; et, enfin, de la Grande Guerre de 1914-1918, celle-ci inscrivant l’histoire des Africains dans des dynamiques historiques qui ont trait aux enjeux de l’histoire du monde.

Concernant les « faits » internes à l’Afrique, on distinguera les grands mouvements démographiques et  militaires internes,  comme celui de l'expansion chokwe depuis la deuxième moitié du XIXe siècle ; les mouvements prophétiques africains (de « Dona Béatrice » à Simon Kimbangu) et encore les mouvements intellectuels et politiques, tels que le panafricanisme, engageant l’Afrique à l’échelle continentale et diasporique. L’analyse de ces accélérateurs de changement social sera opérée à partir d’études de cas qui fonctionneront ainsi comme des révélateurs de la complexité et de la diversité des processus de changement social. 

Chaque séance a une durée de 3 heures de manière à donner place à une discussion approfondie. Des textes (bibliographie ou sources) seront distribués au préalable. Leur lecture est obligatoire et les étudiants sont sollicités à intervenir.

13 mars 2017 : Pamphile Mabiala (Université de Kinshasa), « Femmes et écriture en Afrique centrale »

20 mars 2017 : Junia Ferreira Furtado (professeur à l’Université Fédérale de Minas Gerais, Brésil), « D'Anville et la cartographie de l'Afrique au XVIIIe siècle »
Après les premiers contacts, en 1724, entre le cartographe français D'Anville et le l'Ambassadeur portugais Dom Luís da Cunha, le roi Dom Joao V entame la constitution d’une bibliothèque savante, qui incluait des cartes. D'Anville devient le consultant et l’organisateur des achats des documents à Paris. En 1725, D’Anville et Cunha se réunissent pour établir une carte de l'Afrique sur laquelle ils proposent de créer une liaison entre les deux établissements portugais installés sur la côte Est et sur la côte Ouest de l'Afrique australe. L'ambassadeur fournit des documents portugais qui permettent au géographe de créer des représentations inédites de l’Afrique méridionale. Cette conférence analyse les projets et les cartes d’Afrique produites entre 1725 et 1749.

27 mars 2017 : Pamphile Mabiala (Université de Kinshasa), « Femmes et politique au Congo : questionnements biographiques »

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire et civilisations de l'Afrique

Intitulés généraux :

  • Elikia M'Bokolo- Histoire de l’Afrique noire du XIXe siècle à nos jours
  • Catarina Madeira Santos- Expériences coloniales, pouvoirs africains et instances de savoir dans les « Afriques lusophones », XVIIe-XXIe siècle
  • Renseignements :

    par courriel.

    Direction de travaux d'étudiants :

    sur rendez-vous pris par courriel.

    Réception :

    sur rendez-vous pris par courriel.

    Niveau requis :

    Licence.

    Adresse(s) électronique(s) de contact : cmadeira(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 2 mai 2017.

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