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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Esthétique et transmission culturelle : une approche interdisciplinaire

  • Lorenzo Bartalesi, contrat postdoctoral à l'EHESS ( CRAL )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Jean-Marie Schaeffer, directeur d'études de l'EHESS, directeur de recherche au CNRS (TH) ( CRAL )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Mardi de 15 h à 17 h (salle M. & D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 8 novembre 2016 au 7 février 2017. Pas de séance le 3 janvier

Dans des contextes variés – activités ludiques, rituels, production artistique – et avec des fonctions très différentes – instrumentale, religieuse, économique – la cognition esthétique contribue de façon décisive à régler la production et la transmission des idées, croyances, valeurs et normes d’une société. Dans le processus historique de transmission culturelle, toujours exposée à la dispersion et à l’innovation, la cognition esthétique, en tant que style cognitif flexible dans lequel la richesse contextuelle l’emporte sur la généralisation cognitive, participe de la transformation, stabilisation et réactivation des matériaux de la tradition. Le séminaire se focalisera sur une analyse interdisciplinaire de la cognition esthétique comme composante opérationnelle de la transmission culturelle. La recherche anthropologique sur la transmission culturelle souffre toujours de l’opposition entre une approche socio-culturelle (Bourdieu, Barth, Salhins, Goody) et une perspective cognitive (Bloch, Boyer, Whitehouse) ou évolutionniste (Cavalli-Sforza, Boyd & Richerson, Sperber). En même temps, l’étude expérimentale de la cognition esthétique (psychologie cognitive, neurophysiologie, anthropologie évolutionniste) est, de façon dominante, caractérisé par l’adoption d’une solution réductionniste et internaliste qui reconduit la complexité d’une relation attentionnelle culturellement et historiquement située à des « universaux esthétiques ». En partant d’une analyse des modèles contemporaines de la cognition esthétique et ceux de la transmission culturelle, on tentera de dépasser le dualisme « evolutionary psychology versus ethnography » dans la direction d’une description non réductionniste des processus multimodaux, expressifs et performatifs à travers lesquels les êtres humains reproduisent leur culture tout en la transformant.

Programme :

8 novembre : Introduction aux relations entre esthétique et transmission culturelle

15 novembre : Approches interdisciplinaires des faits esthétiques : cognition, evolution, culture

22 novembre : La question esthétique dans l’anthropologie culturelle

29 novembre : La place de l’esthétique dans l’évolution humaine

6 décembre : La transmission culturelle : définitions, catégories, modèles (I)

13 décembre : La transmission culturelle : définitions, catégories, modèles (II)

10 janvier 2017 : Jamie Tehrani (Durham University), « Descent with Imagination: A Phylogenetic Approach to Cultural Transmission »
Modern western folk understandings of what constitutes “art” often give primal importance to notions of creativity, individuality and originality. However, many artistic traditions are based on skills and conventions that have been built up and faithfully transmitted over many generations. In this talk, I will discuss how the deep history of art can be investigated using biological methods of phylogenetic analysis, and show how these techniques can be used to reconstruct the origins and evolution of craft styles and folktales.

Jamie Tehrani is a social anthropologist at Durham University, focusing particularly on the areas of cultural evolution and diffusion. He specialises in using phylogenetic methods to reconstruct cultural traditions like craft styles and folktales, but has more general interests in cultural transmission theory, niche construction, cognitive anthropology, stemmatology, folklore and material culture.

17 janvier : Olivier Morin (Max Planck Institut für Menschheitsgeschichte, Jena), Histoire quantitative et cognition : Lire l’histoire culturelle comme une expérience de la nature
Populaire en écologie ou en économie, la méthode dite des "expériences de la nature" consiste à utiliser des phénomènes naturels spontanés (isolément ou conjointement à des expériences contrôlées) afin de tester des hypothèses. Ces observations sont plus difficiles à interpréter que des expériences randomisées ; mais ce qu'elles perdent en clarté, elles peuvent le gagner en pertinence. C'est particulièrement vrai pour l'étude des mécanismes cognitifs, le plus souvent étudiés en laboratoire, mais qui gagnent à être étudiés dans le contexte de l'histoire culturelle. Un tableau, un jeu, une fiction, peuvent être vus comme des expériences répétées menées sur des esprits humains, des esprits plus nombreux et plus variés que ceux auxquels la psychologie cognitive a ordinairement accès. On présentera une série d'études illustrant cette approche : la fréquence des termes émotionnels dans la littérature anglophone ; le rôle de la cardinalité dans les systèmes d'écriture les plus divers ; l'évolution des portraits individuels. On s'interrogera pour finir sur l'imprévisibilité du changement culturel et les limites des données historiques.

24 janvier : Jean-Marie Schaeffer (CRAL, EHESS), Evolution culturelle et cognition individuelle

31 janvier : La transmission culturelle entre psychologie évolutionniste et ethnographie

7 février : Andrea Pinotti (Università di Milano), Le pseudomorphisme comme transmission culturelle
Depuis que Oswald Spengler (1922) a emprunté à la terminologie minéralogique la notion de « pseudomorphisme » en l’appliquant à la morphologie des cultures et à l’interprétation des relations entre différentes traditions culturelles, cette catégorie s'est largement répandue dans le vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines. Dans mon intervention je me propose de reconstruire des étapes fondamentales de l’histoire des effets de cet emprunt (parmi les autres dans Hans Jonas, Lewis Mumford, Theodor W. Adorno, Erwin Panofsky), en recherchant, en même temps, les oscillations du spectre sémantique et les implications méthodologiques et épistémologiques.
Pour plus d'informations : http://enact.hypotheses.org/

Mots-clés : Cognition,

Suivi et validation pour le master : Hebdomadaire semestriel (48 h = 12 ECTS)

Mentions & spécialités :

Intitulés généraux :

  • Jean-Marie Schaeffer- Création artistique et relation esthétique : objets, cadres catégoriels et fonctions
  • Direction de travaux d'étudiants :

    sur rendez-vous.

    Adresse(s) électronique(s) de contact : lobartalesi(at)gmail.com, schaef(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 9 janvier 2017.

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