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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

L’Iran au prisme des sciences sociales : société et État depuis la fin de la guerre Iran-Irak (1988)

  • Marie Ladier-Fouladi, directrice de recherche au CNRS (TH) ( IIAC-TRAM )

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1er, 3e et 5e mardis du mois de 11 h à 13 h (IISMM, salle de réunion, 1er étage, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 3 janvier 2017 au 6 juin 2017

Comme l’année précédente, ce séminaire vise à répondre à la demande d’un nombre croissant de doctorants et d’étudiants engagés dans des recherches sur l’Iran contemporain. À ce titre, il s’inscrit dans la perspective d’un renforcement durable des enseignements sur cette région à l’EHESS. Par ailleurs, dans la mesure où le long processus de transformations socioculturelles et politiques de l’Iran actuel exige de s’orienter vers l’ensemble des sciences sociales, ce séminaire interdisciplinaire rompt avec l’approche monographique en abordant des questions telles que : l’évolution du rôle de la famille et des réseaux de solidarité de type parentélaire ; les impacts des migrations massives du XXe siècle sur la typologie des solidarités ; le développement d’un activisme transnational et ses impacts sur la société globale ; la structuration de champs religieux, artistique, littéraire dans le cadre d’un islamisme d’État ; le rôle des femmes dans la littérature contemporaine iranienne ; la place des femmes dans l’espace public et les courants féministes en Iran ; le rôle d’une bourgeoisie islamiste dans la perpétuation du régime, etc.

Après deux premières années consacrées à l’interaction entre État et société depuis les années 1990, du point de vue de la réinvention du politique par une grande variété d’acteurs, puis à la société iranienne, ses réalités, ses dynamiques, ses contradictions et ses résistances à l’autoritarisme de la République islamique, nous nous pencherons en 2016-2017 sur les femmes comme protagonistes du changement sociopolitique en Iran depuis le tournant du XXIe siècle.

3 janvier 2017 : Présentation et objectifs du séminaire

17 janvier 2017 : Marie Ladier-Fouladi, « De l’imposition du port du voile islamique en Iran » 

31 janvier 2017 : Marie Ladier-Fouladi, « La revanche des femmes iraniennes : la rapide réduction des inégalités entre hommes et femmes dans l’accès à l’instruction scolaire »

7 février 2017 : Marie Ladier-Fouladi, « Jeunes, diplômées mais sans emploi. L’accès restreint des femmes au marché du travail en Iran »

21 février 2017 : Marie Ladier-Fouladi, « Les femmes chefs de ménage en Iran. Fabriquer une catégorie statistique pour contourner une réalité sociale »

7 mars 2017 : Marie Ladier-Fouladi, « Mariage au féminin : le comportement matrimonial des Iraniennes entre règle de droit et la pratique »

21 mars 2017 : Hisae Nakanishi, (Université Doshisha, Kyoto), « Negotiating Private and Public Space in Iran: Contemporary Marriage and Non-marriage among Young People in Iran »

18 avril 2017 :  « De centre de soin au conseil municipal : La participation des femmes rurales à la vie politique iranienne »

2 mai 2017 : Anne Ducloux (CETOBaC), « La toute-puissance des veuves à Samarcande, société patriarcale, patrilinéaire et patrilocale »

Dans cette société où, à la traditionnelle domination des hommes répond la soumission des femmes, la toute-puissance des veuves semble paradoxale tant elle bouleverse les structures ancestrales de la famille. Cependant, la soviétisation, la raréfaction des hommes en âge d'autorité, la patrilocalité et le sacro-saint principe de séniorité font qu'à Samarcande, ce sont les femmes qui « échangent » les femmes. Ainsi, surfant sur les règles de la tradition et « pour éviter le chaos », hantise de tout homo sovieticus, les aînées sont-elles passées du statut de « femelles dominantes »  à celui  de matriarches tyranniques, dans la sphère privée mais aussi dans la sphère semi-publique (professionnelle, dans le quartier -où elles sont jensoviet, « femmes-conseil »- voire raïssa, « présidente, du dit quartier) lorsqu'elles sont veuves mères de fils (et donc belles-mères disposant de « servantes », ses belles-filles).

16 mai 2017 : Projection du film documentaire intitulé : Mouvement de libération des femmes iraniennes, Année Zéro, réalisé par Sylvina Boissonnas, Claudine Mulard et Michelle Muller (mars 1979), suivie d’une discussion 

30 mai 2017 : Présentation de travaux d’étudiants

  • Laure Lézat  (M1, Études politiques, EHESS) : L’Iran, nouveau territoire d’affrontement entre l’Inde et la Chine ?

14 juillet 2015. La levée de sanctions, qui pesaient sur l’Iran depuis 2006, initie une reconsidération diplomatique de son rôle. Par leurs liens historiques et leur besoin commun de ressources énergétiques, l’Inde et la Chine (re)découvrent en Téhéran un partenaire de taille. Différends frontaliers, arme nucléaire, rivalités navales, économiques…les motifs de concurrences sont nombreux, les arguments différents. Les gouvernements savent pourtant qu’asseoir l’équilibre entre leur interdépendance mutuelle, leur coopération et la promotion de leurs intérêts propres est crucial. Entre nécessité économique et velléité politique, l’Iran est-il en train de devenir le nouveau terrain d’affrontement entre l’Inde et la Chine ?

  • Justine Roure (M1, Pratique de l’interdisciplinarité à l’ENS, département de sciences sociales) : Compte rendu de la séance : « De centre de soin au conseil municipal : la participation des femmes rurales à la vie politique iranienne »

Je souhaite évoquer l’évolution progressive de la société rurale iranienne. Je reviendrai sur le tournant qu’a constitué la Révolution de 1979. En effet, après la Révolution on constate la prise en charge de régions rurales jusqu’alors délaissées. Les conditions de vie s’améliorent, le taux d’alphabétisation s’accroit, la mortalité infantile diminue ainsi que le taux de fécondité par femme. Dans un tel contexte de transformations, le rôle des femmes évolue, elles accèdent notamment au marché de l’emploi, et, dans une moindre mesure, à des fonctions politiques.

  • Keyvan Jafarinejad (M1, Musique, EHESS) Compte rendu de la séance : « De l’imposition du port du voile islamique en Iran »

Il s'agira dans un premier temps de faire une synthèse de la séance. Ensuite, j'analyserai comparativement l'interdiction du port du voile à l'époque de Reza Shah avec l'obligation du port de celui-ci après la Révolution de 1979. Enfin, je mettrai en perspective les points abordés et les questions soulevées dans cette séance au regard du processus de modernisation en Iran dans les années trente en le comparant à celui-ci de la Turquie kémaliste.

  • Ivana Catumba (M1, Histoire africaine, Paris 1) : Compte rendu de la séance : « La revanche des femmes iraniennes : la rapide réduction des inégalités entre hommes et femmes dans l’accès à l’instruction scolaire »

Depuis les années 1940, les femmes iraniennes ont accès à l'instruction. Malgré cela l'alphabétisation féminine commence à croitre après la Révolution, elle est marquée par des avancées spectaculaires notamment dans les zones rurales. Des zones qui étaient délaissées par le gouvernement du Shah, celles ci bénéficient d'un regain d'intérêt de la part des nouvelles autorités islamiques. Par la suite on observe la réduction des écarts entre les femmes et les hommes au niveau de l'instruction entre les différentes générations.

6 juin 2017 : Présentation de travaux d’étudiants ; conclusion du séminaire

  • Arthur Bertucat (M1, Histoire, Sorbonne Paris 1) Diplomatie culturelle et coopération éducative entre la France et l’Iran au prisme de la Révolution islamique (1973 - 1986)

On pourrait penser que la coopération éducative entre la France et l’Iran suit exactement la chronologie de leurs relations politiques : la Révolution islamique apparait alors comme un moment de rupture majeure.

Mais la recherche historique vient remettre en cause cette idée première. 

Les rapports entre la France et le régime du Shah sont souvent idéalisés a posteriori : avant 1979 la coopération éducative était déjà symptomatique du décalage entre les aspirations diplomatiques françaises et leur réception en Iran. 

Il en résulte que la coopération éducative, que ce soit par le biais de l’appareil diplomatique ou d’actions d’initiatives privées, a sa temporalité et ses ruptures propres : elle perdure selon des modalités spécifiques pendant et après la Révolution islamique. Il convient de les étudier pour mieux comprendre la particularité des médias culturel et scolaire dans le champ des relations internationales.

  • Sofia Scialoja (M1, Études politiques, EHESS) Compte rendu de la séance : « Mariage au féminin : le comportement matrimonial des Iraniennes entre règle de droit et la pratique »

Le mariage en Iran est dicté par une extrême rigidité de règles, ancrées dans l’islam (chiite). Cependant, les transformations sociales depuis la deuxième moitié du XXe siècle ont entraîné l’évolution de la pratique matrimoniale,

touchant différents aspects de cette dernière.

Dans notre présentation, nous allons nous intéresser, dans un premier temps, à l’évolution de l’âge au mariage et aux modifications sociales et juridiques liés à cette tendance.

Dans un deuxième temps, nous allons nous intéresser aux différentes formes que peut prendre le mariage musulman : notamment la polygamie et le mariage temporaire.

  • Augustin Plard (M1, Sociologie générale, EHESS) Le rôle des femmes dans la contestation publique en Iran

Je ferai une synthèse de la discussion qui a suivi la projection du film Mouvement de libération des femmes iraniennes, Année Zéro, avant d’analyser la place des femmes dans les manifestations publiques en Iran.

Je reviendrai sur le rôle des femmes dans la contestation post-révolutionnaire en mettant en perspective plusieurs manifestations.

Je m’intéresserai à des mouvements dont les revendications sont en rapport direct avec la place des femmes dans la société iranienne mais également à des manifestations plus générales comme le « mouvement vert » de 2009.

  • Hasti (Fatemeh) Shabanzadeh (APD - Études politiques, EHESS) "Les femmes et le cinéma sous la République islamique d’Iran"

L'image-temps est la manière d’exciter les fonctions d’imagination du spectateur. Dans un film, on peut trouver l’image clichée et l’image inconnue qui permettent d’exprimer le temps et l’intérêt de créer la relation entre le temps et l'image.

L’image de la femme est une image clichée dans le cinéma iranien sous la République islamique. Quand on définit l'image de la femme dans le cinéma iranien, on est obligé de définir une image clichée, et cette image pourrait

se convertir en image inconnue avec l’image-temps, tout comme une ellipse qui permet aux spectateurs d’imaginer une séquence de rapport sexuel dans le mouvement du film en fonction des éléments cinégraphie.

Aires culturelles : Iranien (monde), Musulmans (mondes),

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Réception :

sur rendez-vous.

Niveau requis :

M1 et au delà.

Adresse(s) électronique(s) de contact : ladier(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 6 juin 2017.

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