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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Morphodynamiques : esthétique, sciences de la nature et sciences sociales

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e lundi du mois de 17 h à 19 h (salle 5, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 14 novembre 2016 au 13 février 2017 ; puis salle 7, du 13 mars 2017 au 12 juin 2017

Le séminaire portera cette année sur le rôle de la plasticité dans la morphogenèse de systèmes physiques, biologiques, cognitif, sociaux. Nous émettons l'hypothèse que la plasticité est une capacité de la matière d'accueillir une infinité de formes, comme dans les arts plastiques, dans lesquelles la non passivité du support permet à l'artiste de mettre en scène des dynamiques du visuel toujours différentes.

Au lieu de centrer notre attention sur la genèse des structures, comme cela se fait dans la tradition du structuralisme dynamique, nous nous intéressons à la dynamique des formes au sein d’espaces mobiles et toujours variables.

Nous reconnaissons ainsi la plasticité dans la morphogenèse de systèmes présentant un nombre infini des points d’équilibre stable, passage à la limite que le structuralisme dynamique n’accomplit pas.

Nous considérons la plasticité comme une re-modélisation continuelle des espaces de connectivité, environnements toujours mobiles et variables formant à la fois le contexte de perception sensorielle et de l'expression signifiante. Si, dans le contexte des neurosciences, la plasticité cérébrale ainsi définie nous paraît comme le présupposé matériel d'une herméneutique des formes, nous nous demandons quel rôle joue la plasticité phénotypique dans les phénomènes de développement embryonnaire, et comment serait-il possible de transposer ces questionnements dans l'analyse des systèmes sociaux. La plasticité nous paraît comme un élément nécessaire dans des systèmes dynamiques particuliers qui, montrant la capacité d'accéder à une mémoire distribuée le long de leur parcours, peuvent être définis comme « historiques » : de la molécule de l'ADN en biologie, aux constellations morphologiques de l’Atlas Mnémosyne de Aby Warburg ou des mémoires qui marquent l'horizon des pratiques sociales.

Programme :

14 novembre 2016 : Alessandro Sarti (CNRS), Sara Franceschelli (ENS de Lyon IHRIM), Maurizio Gribaudi (EHESS), Introduction

12 décembre 2016 :

  • Catherine Malabou (Kingston University, London), « Bourdieu-Piaget-Dewey : la ligne de front d'une plasticité de l'intelligence »
  • Giuseppe Longo (CNRS- ENS et Biology dept., Tufts Univ., Boston), « Comment le futur dépend du passé et des événements rares dans les systèmes du vivant »

9 janvier 2017 : Catherine Malabou (Kingston University, London) « Bourdieu-Piaget-Dewey : la ligne de front d'une plasticité de l'intelligence »
Contre les philosophes qui opposent au concept moderne d'intelligence, tel qu'il émerge dans la psychologie expérimentale de la fin du XIXe siècle, l'intellect ou la spiritualité, je présenterai les travaux d'auteurs peu souvent présentés ensemble : Bourdieu, Piaget et Dewey. L'intelligence, selon eux, est un processus de construction épigénétique, morphogénétique, qui se situe entre nature, logique, et artifice. J'interrogerai à partir de là le concept de vie qui soutient ces approches dans son rapport avec formes cognitives, formes politiques et habitus sociaux.

13 février 2017 : Paola Giacomoni  (Université de Trento), « Alexander von Humboldt et la morphologie du paysage »
Dans la morphologie de Goethe et de Alexandre von Humboldt la visibilité dans l’espace est une sorte d’apriori, une attitude méthodologique qui nous permet de parler de morphologie come morphodynamique, plasticité, manifestation externe d’une force organisatrice interne.
Il est possible d’identifier dans les études botaniques, zoologiques et esthétiques de Goethe ainsi que dans la physiognomonie du paysage de Humboldt une méthode très définie, fondée sur la comparaison, la loi de compensation, les relations entre les parties et le tout, conçues comme contiguïtés dans l’espace. La comparaison met en évidence que l'invariant ou le type, dans la nature, ne doit pas être considéré comme un modèle statique, mais plutôt comme un point irradiant de multiples variations autour de soi selon un ordre de type compensatoire, basée sur l'idée de Bildung.

13 mars 2017 : Alain Prochiantz (Collège de France), « Un registre où le temps s'inscrit »
Cette phrase tirée de L'Évolution créatrice rappelle que la plasticité cérébrale permet d'inscrire dans le temps l'expérience individuelle.
Je discuterai la question de l'instabilité et du renouvellement des structures et des formes, au niveau génétique comme au niveau cellulaire et tacherai de discuter le nécessaire équilibre entre plasticité et robustesse. Cette réflexion nous mènera à considérer la neurogenèse et les modifications morphologiques non seulement au cour du développement cérébral mais aussi chez l'adulte, le tout dans une perspective évolutive.
Bref, j'aurai tout aussi bien pu appeler cette conférence « Forme et mémoire ».

12 juin 2017 : Albert Levy (CNRS) « Patrick Geddes (1854-1932) Inventeur de l’urbanisme, pionnier de la « ville durable »
Patrick Geddes (1854 Ballater, Ecosse - 1932 Montpellier, France) est un biologiste devenu urbaniste, un des principaux inventeurs et théoriciens de l’urbanisme au tournant du XXe siècle. Par sa formation, c’est aussi un précurseur des problématiques environnementales et écologiques actuelles, pionnier de la « ville durable », aujourd’hui en débat, par ses réflexions novatrices sur les rapports entre ville et environnement. Il reste cependant peu connu en France. Nous montrerons, dans un premier temps, en quoi a consisté sa contribution à la naissance de l’urbanisme, les principaux concepts et méthodes du « qu’il a développés, son orientation particulière dans cette pratique nouvelle de l’aménagement et sa conception de l’urbanisme régional, en signalant les influences diverses et origines multiples de sa démarche holistique et interdisciplinaire croisant sciences humaines et sciences naturelles pour construire sa théorie urbanistique. Quel est son héritage aujourd’hui et quelle est l’actualité de ses idées ? Nous essayerons de répondre à cette question, tout en essayant, dans un second temps, d’esquisser son approche morphologique de la ville, son rapport à l’histoire et son usage.
Albert Levy est architecte urbaniste de formation, ex-chercheur au CNRS, actuellement associé au Laboratoire LAVUE UMR CNRS 7218, membre du CA du RES (Réseau environnement santé), membre du CR de la revue Espaces et Sociétés. Il travaille actuellement, entre autres, sur les rapports entre urbanisme, environnement et santé.
Quelques publications récentes :
Avec  Alessia de Biase et Maria Castrillo,Patrick Geddes en héritage, Espaces et Sociétés/ Eres, 167, 2016. Changement climatique, ilot de chaleur urbain et impacts sanitaires : Paris et son urbanisme, Environnement, Risques et Santé, 4, SFSE/JL, 2016  (www.revue-ers.fr).
La forme urbaine comme forme complexe. Une introduction à la morphologie urbaine, in Sara Franceschelli, Maurizio Gribaudi, Hervé Le Bras (eds), Morphogénénèse et dynamiques urbaines, PUCA, 2015. Ville urbanisme et santé, les trois révolutions, Mutualité Française/Pascal, 2012. Avec Cyria Emelianoff, Quelle ville durable ? Espaces et Sociétés/Eres, 147, 2011.

Suivi et validation pour le master : Ouvert sans validation d'ECTS

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Histoire - Histoire - Problèmes généraux

Intitulés généraux :

  • Maurizio Gribaudi- Histoire des sociétés européennes, XIXe-XXe siècles. Liens, réseaux, configurations
  • Hervé Le Bras- Démographie
  • Adresse(s) électronique(s) de contact : parquet(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 9 juin 2017.

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