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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Les Lundis du CRH

  • Fanny Cosandey, directrice d'études de l'EHESS (en cours de nomination) (TH) ( CRH )
  • Mathieu Marraud, chargé de recherche au CNRS ( CRH )
  • Jean-Paul Zuñiga, directeur d'études de l'EHESS (TH) ( CRH )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Lundi de 15 h à 18 h (salle Jean-Pierre Vernant, 8e étage, bât. Le France, 190-198 av de France 75013 Paris), les 28 novembre 2016, 30 janvier, 27 février, 27 mars, 24 avril et 22 mai 2017

Les séances des 24 avril et 22 mai 2017 se dérouleront en salle AS1_24 (1er sous-sol) 54 bd Raspail 75006 Paris.

Le Centre de recherches historiques, fondé en 1949 par Fernand Braudel, est l'un des plus importants lieux de production historique en Europe.
Chaque premier lundi du mois, lorsque cela est possible, les travaux récemment publiés d'un ou plusieurs membres du CRH sont présentés par les auteurs et discutés par leurs collègues historiens ou non. Les Lundis du CRH sont également, depuis 2013, un séminaire ouvert aux étudiants et susceptibles de validation. C'est un séminaire de veille historiographique et d'actualité historique, puisque qu'on y débat de la production la plus récente. Il consiste en ce sens un séminaire de familiarisation à la discussion scientifique en science sociale.

28 novembre 2016 : Les rythmes au Moyen Âge en présence de l'auteur Jean-Claude Schmitt. Avec la participation de :

  • Olivier Cullin (Université F. Rabelais, Tours)
  • Catarina Guenzi (EHESS-CEIAS)
  • Ron Naiweld (CNRS-CRH)

Les raisons de l’ordre social et de la domination se cachent bien souvent dans les lieux, les objets, le langage, les modes de vie ou les gestes. Les rythmes sociaux en sont un exemple, qui concerne l’ensemble des sphères de la société et des activités sociales et individuelles. Philosophes, sociologues, anthropologues, musicologues s'interrogent depuis deux siècles sur les rythmes sociaux. Pourtant, il n'existe pas à ce jour une histoire des rythmes confrontant notre monde moderne, où les rythmes sont partout, à la civilisation holiste de l'Europe médiévale. Pour celle-ci, la notion de rythme paraît ne concerner que la musique, la poésie et la danse, mais elle entre en fait en résonance avec la totalité de la Création, que Dieu aurait façonnée en six jours. C'est à ce rythme fondateur que ce livre emprunte sa propre scansion, en explorant successivement les significations du rhythmus médiéval, les rythmes du corps et du monde, ceux du temps, de l'espace et du récit, avant de s'interroger sur la fonction des rythmes dans le changement social et la marche de l'histoire.

27 février 2017 : Écriture et action. Une enquête collective du GRIHL
Ce livre est le fruit d’un travail collectif qui est aussi une expérience d’écriture partagée, à plusieurs mains, au sein du GRIHL. Partant de textes de natures très différentes, il s’interroge sur l’action d’écrire, mais aussi sur l’action des écrits, en déplaçant le regard de la lecture au geste même de l’écriture. Celui-ci ne se limite pas aux intentions de l'auteur, exprimées ou non. Il prend place dans un tissu d'autres actions qu'il modifie et qui l'infléchissent. L’analyse porte sur de nombreux cas, rassemblés autour de problèmes centraux pour la compréhension de l'écriture comme action : l'écriture dans l'événement (« Dans l'événement »), l'écriture comme seule ressource dans des situations de contrainte extrême (« Enfermement »), la propagande (« Écrits de Versailles »), la théorisation politique (« Retz »), l'engagement (« Au XIXe siècle, l'engagement? »), l'agency (« Obéissances »), la rhétorique (« Scènes »).
L'introduction, en forme de manifeste, comme les différents aspects abordés dans ce livre, permettent de réfléchir sur les apports d’une réflexion sur la singularité de l'action par écrit pour toute pensée sur l'action. Nicolas Schapira (Université Paris Ouest-Nanterre/La défense) et Judith Lyon-Caen (GRIHL), reviendront sur l’expérience et les apports d’une telle approche, laquelle sera également discutée par Jean-Christophe Abramovici (Université Paris-Sorbonne) et Marion Carel (CRAL).

  • La séance sera animée par Fanny Cosandey (RHISOP-LaDéHiS).

27 mars 2017 : Autour de l'ouvrage de Fanny Cosandey, Le rang. Préséances et hiérarchies dans la France d’Ancien Régime
À partir d'une interrogation profondément transdisciplinaire, le livre de Fanny Cosandey questionne les hiérarchies d'Ancien Régime, leurs structures, depuis les manifestations mêmes du désordre. L'anthropologie et la sociologie y secondent une approche historienne des conflits de préséance dans le cérémonial royal, en tant que révélateurs des enjeux sociaux pour chacun des acteurs en présence, et des règles qui président alors à l'organisation politique de la société. Ce Lundi du CRH animé par Mathieu Marraud, en présence de l'auteur et avec la participation de Nicolas Dodier (CEMS), Thomas Piketty (PSE) et Élodie Richard (CRH), sera l'occasion d'en discuter la méthode, innovante dans l'usage des sources, ainsi que les propositions fortes sur les évolutions du pouvoir monarchique au long des XVIe et XVIIe siècles.

24 avril : Autour de l'ouvrage d'Alain Boureau, L'errance des normes. Éléments d'éthique scolastique (1220-1320) [La Raison scolastique IV]

Autour de l'ouvrage d'Alain Boureau, L'errance des normes. Éléments d'éthique scolastique (1220-1320) [La Raison scolastique IV]
 
Ce Lundi du CRH, avec la participation de Sylvie-Anne Goldberg (CRH), Rainer Maria Kiesow (EHESS, Centre Georg Simmel) et Christophe Grellard (EPHE), sera consacré à l'ouvrage L'errance des normes. Éléments d'éthique scolastique (1220-1320) [La Raison scolastique IV], en présence de son auteur Alain Boureau.

Ce livre tente d'historiciser la notion de jugement moral, en partant de la pensée médiévale et scolastique du XIIIe siècle. Celle-ci, en quête d'une éthique spécifique et immanente, a travaillé à la délégation affectée à l’homme pour la production de normes morales. L’éthique de cette période tourne autour de la notion juridicomorale de responsabilité, qui demeure jusqu’à nos jours, et sans vraie résolution, une ligne de faîte de la vie éthique. Alain Boureau montre comment, par une orchestration cohérente de l’éthique, ces débats rencontrent des échos dans le monde contemporain occidental : le long cycle des jugements formels conduit à l’impératif catégorique (le Sollen) de Kant, et de là à une réaction intense où l’éthique avait à juger singulièrement les actes humains. À ce mouvement, il faut associer la période 1860-1960 (Renouvier, Nietzsche, Freud, Arendt), à laquelle succède un nouveau formalisme. Certes, le droit est revenu absorber la morale, notamment avec une nouvelle prégnance de la responsabilité, qui réduit les conduites humaines au risque de faute. Mais l’histoire montre que d’autres retours sont possibles.

22 mai : autour de l'ouvrage de Sylvie Steinberg, Une tache au front. La bâtardise aux XVIe et XVIIe siècles

Ce livre examine le problème des bâtards à travers un questionnement sur l’appartenance familiale et la filiation, dans une triple perspective anthropologique, sociologique et historique. Confrontant études de cas, réflexions juridiques et représentations littéraires, Sylvie Steinberg montre en quoi cela fut, paradoxalement, un pivot de l’ordre absolutiste.

Qu’ils soient issus de la paysannerie ou de l’aristocratie, les bâtards furent au centre de débats juridiques et moraux, portant sur les comportements des individus et des groupes, et se trouvèrent à partir de la fin du XVIe siècle au cœur du dispositif de mise en discipline de la société. La loi de 1600, qui exigeait une naissance légitime ou légitimée de tout membre de la noblesse, faisait entrer en conflit règles de filiations et conditions sociales. Elle donna à l’État un droit de regard sur des questions qui relevaient auparavant de l’ordre privé.
Par-delà droit et théologie, cette histoire de la filiation aborde enfin la dimension vécue des liens entre enfants et parents, qui ne se réduisaient pas aux problèmes de nom et de patrimoine. Entre les « sans-familles » et leurs parents, l’amour, l’attachement, les sentiments de possession ou d’exclusion composaient un tableau changeant des normes et des comportements, en une interrogation qui vient jusqu’à nous.

Animé par Fanny Cosandey, et après une rapide présentation du livre par l’auteure, le débat sera ouvert par les interventions de Corinne Fortier (CNRS, Laboratoire d’anthropologie sociale), Nancy L. Green (EHESS, CRH) et Paolo Napoli (EHESS, Centre d’études des normes juridiques Yan Thomas).

Mots-clés : Histoire, Historiographie,

Aires culturelles : Europe, Ibérique (monde),

Intitulés généraux :

  • Fanny Cosandey- Figures patrimoniales de la puissance publique dans la France d’Ancien Régime
  • Jean-Paul Zuñiga- Travailler dans la ville. Acteurs, espaces et dynamiques de production dans l'Amérique espagnole (XVIIIe siècle)
  • Centre : CRH - Centre de recherches historiques

    Renseignements :

    auprès des responsables du séminaire par courriel.

    Adresse(s) électronique(s) de contact : direction.crh(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 15 mai 2017.

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