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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

L'enquête et ses graphies : atelier d'ethnographie visuelle

  • Laurent Berger, maître de conférences de l'EHESS ( LAS )
  • Manuel Boutet, maître de conférences à l'Université de Nice Sophia-Antipolis ( Hors EHESS )
  • Manon Denoun, doctorante à l'EHESS ( IIAC-LAIOS )
  • Katrin Langewiesche, chercheuse à l'Institut für Ethnologie und Afrikastudien, Johannes Gutenberg Universität (Allemagne) ( Hors EHESS ) ( Hors EHESS )
  • Jean-Bernard Ouédraogo, directeur d'études de l'EHESS (en cours de nomination), directeur de recherche au CNRS (TH) ( IIAC-LAIOS )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Arghyro Paouri, responsable de la cellule audiovisuelle du IIAC ( Hors EHESS ) ( Hors EHESS )

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Horaires et lieu fixés ultérieurement

L’atelier portera sur les étapes et les modalités d’intervention de l’iconographie dans certaines phases classiques du processus de production des connaissances en sciences sociales, telles que la préparation de l’enquête, l'identification de la fonction heuristique des  images, la collecte des éléments iconographique pendant le terrain et enfin l’analyse et la restitution dans une forme visuelle des données.
Il s'agira de produire dans un temps réduit des films courts (5 à 15 mn). L’atelier est l’occasion d’une performance collective, de l’écriture jusqu’à la restitution publique en passant par les dispositifs d’enquête et la fabrication de vidéos.

Cet atelier comprendra :

  1. construction de l’objet de recherche ;
  2. collecte des images sur le terrain ;
  3. le montage comme opération de transcription et d’argumentation conceptuelle (avec l'assistance de la cellule audiovisuelle du IIAC).

Les séances théoriques et pratiques porteront sur :

  1. la grammaire du langage filmé - préparation - définition des intentions – choix des personnes à interviewer et des dispositifs ;
  2. initiation à la prise de vues en extérieur/intérieur
 ;
  3. outils de montage vidéo et traitement des sons
 ;
  4. séances de visionnage.

Le terrain se déroulera sur une semaine. Nous avons choisi cette année de travailler sur le thème : Élections en France, politique en France. Nous inviterons les participants à observer, analyser  et figurer les différentes formes électives (de définition, de représentation, de contestation du politique) qui se révèlent dans la population française, parisienne notamment, au cours de l’effervescence autour du scrutin présidentiel en 2017. Celles-ci pouvant être considérées comme révélatrices des contours et des hiérarchies de la société française contemporaine.
 
L’équipe investiguera les différentes formes et degrés d’engagement politique : idées, institutions, pratiques et formulation des expressions politiques dans la région parisienne. Il sera aussi question de tracer la construction politique ordinaire ainsi que les rapports sociaux qui l’instituent : les statuts sociaux, les individualités, les appartenances sociales et les engagements partisans. L’objectif étant de figurer au plus près les modalités concrètes du rapport à la polis (en grec ancien πόλις / pólis ; « cité ») des différentes composantes de la société.
 
Le terrain se déroulera du 2 au 5 mai 2017. Les séances préparatoires obligatoires se dérouleront de janvier à mai. La restitution (visionnage des films produits, discussion, validation) aura lieu le 30 mai 2017 avec discussion en présence des intervenants, des enquêtés et des personnalités du monde académique.

27 mars de 10 h à 13 h, site CNRS-Pouchet, salle 159, 59-61 rue Pouchet 75017 Paris : Manuel João Ramos, anthropologue, Instituto Superior de Ciências do Travalho e da Empresa (ISCTE-IUL), Lisbonne, Portugal "L’anthropologie graphique d’un acte politique"

Les événements collectifs ritualisés ont une dimension sensible non-négligeable, laquelle, pour les chercheurs en mission de terrain en sciences sociales, ne peut être saisie à travers l’usage exclusif des méthodes de terrain basés sur le recueil d’informations verbales et sa transcription écrite.
Cahier de terrain à la main, pour y inscrire en dessins et en mots le vu, l’entendu, l´inouï, l’insolite, les espaces, les temps, les gens, les sensations, les sentiments, les raisons de l’acte électoral du printemps 2017, est le premier défi lancé aux participants du séminaire L´enquête et ses graphies ; le deuxième étant de construire en collaboration un objet caléidoscopique issu de l’intégration des graphismes produits individuellement.
En effet, la triangulation entre les sens, la main et la pensée a le potentiel d’être un puissant outil cognitif, à condition que le travail de la main puisse se désenrouler au-delà des contraintes du format académique fondé sur le primat de l’écriture « descriptive ». L’exploration des potentialités du graphisme au terrain – incluant l’ébauche, le griffon, l’esquisse, le croquis, la cartographie, le schéma, l’annotation, le commentaire, etc. –, loin d’être un simple exercice de dilettantisme marginal à la connaissance anthropologique, doit être plutôt conçu comme un de ses plus importants fondements.
Ainsi, le probable déclenchement émotionnel à la fois individuel et collectif de tensions, aspirations et peurs pendant la période électorale qui s’avoisine en France et en particulier l’intervalle entre les deux tours du scrutin, celui du 23 avril et celui du 7 mai 2017, offre une riche opportunité pour tester les possibilités d’usage d’une sorte d’outils de recherche de terrain qui on pourrait qualifier comme graphiques.
Il faudra forcement commencer par délimiter le sens épistémologique et la valeur heuristique de ce qu’on veut exprimer par outils graphiques dans le présent contexte. L’idée que la recherche de terrain disons classique peut être complétée, voire substituée, par des méthodes visuelles laisse de côté une importante aire de possibilités de travail dans la procédure complexe et résolument subjective d’observation et interprétation de l’expérience toujours unique qui est le être là. Comment le rappelait déjà Maurice Bloch, dans son œuvre de 1998 Why We Think They Think, celle-ci est une opération cognitive largement non-verbale. Mais il faut l’admettre : il est également naïf de glorifier la transcription écrite des informations verbales comme de compter que les méthodes visuelles, c’est à dire celles fondées dans l’enregistrement d’images par le biais des appareils mécaniques ou/et digitaux, sont a priori dotés d’une force objective et une efficacité heuristique indubitable.  

Le travail d’observation, d’intégration et de compréhension des dynamiques qu’offrent les interactions humaines en société à des caractéristiques, disons-le sans crainte, artisanales – au sens où on a affaire à un processus cognitif à la fois sensoriel et intellectuel, comme le souligne un autre anthropologue, Tim Ingold. Acquérir une expérience de terrain n’est pas seulement transcrire et enregistrer, le recours à l’imagination – à imager et imaginer mentalement – est une partie essentielle de la tache de construire une mémoire durable et englobante de telle expérience.

Pour l'après-midi, nous constituerons une équipe de trois ou quatre étudiants qui dédieront leurs interventions dans cet atelier à l’usage exclusif du dessin pour traiter du thème de l'atelier d'ethnographie visuelle de cette année, 2017, élection en France, politiques en France.

30 mai : Nous y présenterons les films réalisés par des étudiants lors de l’atelier d’ethnographie visuelle 2017 qui traita du thème : Élections en France, politique en France.

  • À cheval, 7:37 mn., de Marie Ducellier et Morgane Tocco ;
  • Vents Contraires, 6 mn., de Justine Levy et Julie Peruch ;
  • Mariniers, 2017, 5 mn., de Manon Denoun et Alexis Del Castillo ;
  • Bas les masques ! 8:33 mn., de Sandrine Awong, Marina Calvo, David Silva Labra ;
  • A qui le tour ? 5 mn., de Fouladvand Haman, Grysole Amélie, Khiar Yacine, Tonnard Delphina.

Nous aurons le plaisir d’accueillir Marc-François Deligne, IIAC, qui nous montrera ses détournements d’images sur la campagne présidentielle.                         

Les projections seront suivies d’une discussion en présence de :

  • Marc Abélès, anthropologue, directeur d’études à l’Ehess ;
  • Jacques Lombard, anthropologue & cinéaste, Directeur de recherche à l’IRD.

Suivi et validation pour le master : Hebdomadaire semestriel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Intitulés généraux :

  • Laurent Berger- Anthropologie de la mondialisation capitaliste
  • Centre : IIAC-LAIOS - Laboratoire d'anthropologie des institutions et des organisations sociales

    Renseignements :

    Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 10 janvier 2017 : CV, courte note d’intention, avec expérience et matériel audiovisuel à disposition, à envoyer à : arghyro.paouri(at)cnrs.fr

    Adresse(s) électronique(s) de contact : jean-bernard.ouedraogo(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 29 mai 2017.

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