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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Histoire comparée de l'Europe centrale de 1700 à nos jours. États, identités, populations et territoires

  • Marie-Élizabeth Ducreux, directrice de recherche au CNRS (TH) ( CRH )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Christine Lebeau, professeur à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (TH) ( Hors EHESS )
  • Antoine Marès, professeur à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (TH) ( Hors EHESS )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Vendredi de 15 h 30 à 18 h 30 (Université Paris-Sorbonne, Centre d'Histoire de l'Europe centrale contemporaine, 1 rue Victor Cousin, galerie Dumas, escalier L, 1er étage, salle F 604, 75005 Paris), à partir du 9 décembre 2016

En partant de recherches en cours et de travaux de doctorants, le séminaire propose une approche croisée de l'histoire moderne et contemporaine des pays de l'Europe centrale et orientale, axée autour du décloisonnement des périodisations et des frontières, à travers une approche critique des historiographies nationales et la présentation de recherches en cours. Le séminaire est aussi un lieu de rencontre et de dialogue des historiens de l'Europe centrale de différentes équipes et universités françaises. En 2016-2017, la formule du séminaire change légèrement par rapport aux années précédentes et se rapproche de celle d'un atelier : 6 séances de 3 heures, de 15 h 30 à 18 h 30, à partir du 9 décembre 2016.

Programme :

Vendredi 9 décembre 2016 : Les noblesses en Europe centrale

  • Eric Hassler (Université de Strasbourg, ARCHE), « Les appartenances multiples de l’aristocratie « viennoise », 1650-1800. »
  • Radmila Svaričková Slabáková (Université d’Olomouc), « Les stratégies familiales de la noblesse : l’exemple de la famille des comtes Mensdorff-Pouilly, apparentés à plusieurs maisons royales d’Europe (19e-20e siècles) »
  • Discutante : Marie-Françoise Vajda (Université Paris-IV)

(Résumés des interventions d'Eric Hassler et de Radmila Svaříčková-Slabáková sur la plateforme d'enseignement de l'Environnement numérique de travail de l'EHESS)

27 janvier 2017 : Territoires, élites, pouvoir dynastique : du Luxembourg à l'Empire, Prague et Vienne, 14e-17e siècles
Elle juxtaposera de manière délibérée deux exposés situés dans deux temporalités différentes, et qui prennent aussi des points d’entrées empiriques et méthodologiques distincts, pour tenter de réfléchir à des notions telles que celle de la « monarchie composite » et du gouvernement à distance, mais aussi au rôle de la dynastie régnante dans la production des administrations et des élites, et au rôle des noblesses, dans un espace mettant en relation, dans des configurations spécifiques, des circulations entre l’Empire et le duché de Luxembourg, la Bohême, puis Vienne, résidence stable à partir de 1612, des empereurs Habsbourg, rois de Hongrie et de Bohême, archiducs d’Autriche (etc).

  • Éloïse Adde (Université du Luxembourg), « Entre quête de légitimité et prétentions souveraines, les modalités de la construction de la domination sous les Luxembourg (1308-1437) »
    Dynastie de second ordre au XIIIe siècle, décimée jusque dans ses élites lors de la défaite de Worringen (1288) contre le duché de Brabant, la dynastie des Luxembourg connut une ascension fulgurante au début du XIVe siècle. Après l’élection d’Henri VII de Luxembourg comme roi des Romains en 1308, motivée par la volonté d’évincer les Habsbourg de plus en plus dérangeants et d’avoir à la tête de l’Empire un souverain que l’on entendait pouvoir manipuler, l’élection de son fils Jean comme roi de Bohême, l’un des États les plus riches et les plus puissants d’Europe, donna à la dynastie l’assise territoriale qui lui manquait pour réaliser son expansion. Dès ce moment, et tout le long de la période envisagée, les Luxembourg dominèrent de manière plus ou moins continue la Bohême, l’Empire, le Luxembourg, à quoi s’ajoutèrent des expériences plus ou moins longues et réussies en Italie, en Hongrie, au Tyrol ou encore au Brabant. Cette mosaïque de territoires et la superposition des dignités qui en résultait étaient néanmoins source de difficultés. Dans les différents espaces concernés, les membres de la dynastie étaient en perpétuelle renégociation de leur position, tiraillés entre la quête de la légitimité nécessaire à leur reconnaissance comme souverains, la nécessité du créer le consensus avec les sociétés politiques locales pour gouverner et des prétentions souveraines qu’ils considéraient comme incontestables. L’arrivée des Luxembourg au pouvoir fut partout l’occasion pour les élites locales, ou plus largement les forces en présence, de chercher à obtenir pour elles-mêmes un plus grand pouvoir, en se présentant comme l’élément local, naturel, et donc réellement légitime dans la course à la captation de l’autorité. Les règnes successifs sont jalonnés de moments de confrontation entre la dynastie régnante et la société politique qui sont autant de remise en cause, de redéfinitions des institutions, ou plus modestement des pratiques en vigueur de l’exercice du pouvoir, et de refontes de la distribution des rôles impartis à chacun, contribuant à fixer et à rationaliser les pratiques de gouvernement et de participation au pouvoir ainsi qu’à façonner la machine étatique. Comment les membres de la dynastie des Luxembourg parvinrent-ils à légitimer leur droit à régner et à gouverner ? Peut-on observer une « ligne dynastique » ? Quel est le poids des traditions locales dans cette perpétuelle renégociation ?
    C’est cette complexe articulation et la polyphonie qu’elle met au jour que nous nous proposons de suivre lors de cette séance, en nous focalisant sur le royaume de Bohême et l’Empire tout en apportant régulièrement des éléments de comparaison provenant des autres territoires concernés.
  • Marie-Elizabeth Ducreux (CNRS-Centre de recherches historiques, EHESS), « L'empereur en son royaume de Bohême entre 1620 et 1650, ou la difficile articulation des institutions centrales de cour et des diètes. Une étude de cas autour de quelques "officiers subalternes" de la Chambre des Comptes aulique et de la Chancellerie de Bohême au XVIIe siècle »
  • discutant(e) à préciser

24 février 2017 : La France face à la nouvelle Europe centrale après 1945
La Deuxième Guerre mondiale a bouleversé le rôle de la France en Europe centrale : l’annexion de l’Autriche, les accords de Munich et l’annexion des Pays tchèques, le remodelage des frontières qui a eu lieu entre 1938 et 1941 ont remis en cause l’ordre mis en place par les traités de paix de 1919-1920. La réflexion sur la politique française dans la région a commencé à Paris dès 1938 et s'est poursuivie pendant la guerre, en particulier à Londres. Au moment de la Libération, les responsables sont partagés entre volonté de restauration du « rang », réparation de la dérobade de Munich, politique de présence et prudence. Mais, très rapidement, le jeu diplomatique a été compliqué par la présence soviétique dans la région, la progression des communistes locaux au pouvoir et l’évolution interne française (avec le retrait du général de Gaulle).

  • Intervenants : Thomas Angerer (Université de Vienne), « Les relations franco-autrichiennes après 1945 », Gergely Fejerdy (Université Pazmany, Budapest),  « Les relations franco-hongroises après 1945 ».
  • Discutante : Laurence Badel (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
  • Introduction : Antoine Marès (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

31 mars 2017 : Frontière /région

  • Intervenant(e)s : W. O'Reilly (University of Cambridge), « Habsburg Borderlands. Colonisation and Control on the 18th-century Military Frontier - a comparative perspective »
    For over 350 years, the Military Frontier between the Habsburg and Ottoman empires served as the first site of engagement in the long struggle to define and defend European territory. This defence frontier system against the Ottoman Empire comprised of military and civilian outposts along an ever-changing frontline stretching from the Adriatic to Transylvania. A Militärgrenze and Cordon sanitare, the frontier began as a buffer against an expansive Ottoman empire in 1521, when archduke Ferdinand I of Austria began to financially and defensively support the creation of a permanent, structural fence against forces moving north and westward from the Balkans. Over time, this defensive device would become a 'bulwark of Christianity' against the Ottoman lands and would, by the nineteenth century, develop into a separate crownland (from 1849) and, in effect, a separate state within the Austro-Hungarian empire. And so it remained until the borderland state was dissolved in 1881. The borderland served as a quarantine zone, with lazarettos stopping the spread of plague and other diseases; it also functioned as an economic frontier to protect trade within the Habsburg lands and between the empire and the Ottoman. Overtime, it grew into a military bulwark populated with soldiers, some retired and discharged, living together with civilians often expelled to the frontier for moral and civil transgressions. By the early 1700s, the lands along the military frontier were home to a wide-range of non-Muslim residents of every Christian denomination, of soldiers and ex-soldiers and their families, or colonists seeking a new start in life, and of waifs, strays and outcasts who now lived in close community with Ottoman subjects across the line. These frontier lands had particular rights and liberties; by the time of its dissolution in 1881, this crown land comprised some 33,422 square kilometers with over 1.2 million inhabitants, stretching over 1,900 kms as a narrow strip of land from near Fiume to Transylvania. This paper will consider the Banat region and the frontier more generally in the long 18th century, focussing on Vienna's settlement projects and ambitions for the region. I will pay greater attention to its political, social, cultural, and historiographical aspects. Throughout we will be mindful of conceptual issues surrounding the study of borderlands -- definitions, processes, borderland typologies and comparative frameworks that might illuminate the study of places with multiple and contending political and legal traditions. And comparisons will be drawn with frontier life in North America - another zone of German settlement at this time.
  • Anne Couderc (Université Paris I Panthéon-Sorbonne): La première frontière gréco-ottomane, 1828-1881  Introduction des frontières dans l’espace ottoman et émergence des identités nationales balkaniques.
  • Discutant : Benjamin Landais (Université d’Avignon). 

21 avril 2017 :  Religion et Politique : la papauté, la monarchie des Habsbourg, les États et les nations.

Les interactions entre pouvoirs politiques, ecclésiastiques et acteurs locaux, d’une part, de l’autre la papauté, ses interventions et son action ans les pays de l’Europe centrale, avant et après la constitution des Etats et des nations modernes, seront au centre de cette séance. Elles seront abordées par deux exposés différents :  

  • Marie-Elizabeth Ducreux (directrice de recherche au CNRS, Centre de Recherches Historiques, EHESS), « Traditions locales, dévotions dynastiques, jeu des acteurs : le culte des saints peut-il informer sur l’histoire des cultes, des interactions de pouvoirs et des normes, et des recompositions du rapport au passé dans le présent ? »
    Si les souverains Habsbourg du XVIIe siècle ont cherché à incarner le modèle du Prince chrétien, et bien qu’ils aient alors réimposé la religion catholique ou affirmé sa prééminence sur les autres dans leurs États d’Europe centrale, ils furent loin de s’aligner sur les politiques des papes et de la Curie romaine, ce qui est mieux connu pour le XVIIIe siècle à partir des règnes des souverains « éclairés », Marie-Thérèse et Joseph II. Cela est sensible également dans le domaine de la police des cultes et dans la prescription de fêtes. Pendant la même période, cependant, les procédures de canonisation et de reconnaissance de sainteté, d’une part, de l’autre le caractère de norme universelle conféré à trois livres liturgiques romains après le Concile de Trente conduisirent les évêques à demander la réapprobation des calendrier liturgiques et des textes des offices des fêtes « propres » à leurs diocèses, c’est-à-dire les fêtes locales. Or, ils durent composer avec de nombreux acteurs et contraintes (canonico-juridiques et liturgiques, revendications de préséance de la tradition sur la nouveauté, contraintes d’ordre social aussi avec la nécessité économique de ne pas multiplier les jours chômés). Ces conflits de normes et de pouvoirs aboutirent souvent à des relectures originales de traditions qui redéfinirent, entre autres, le culte de saints patrons avec lesquels une identification des habitants pouvait se trouver réaffirmée et renforcée.
  • Laura Pettinaroli (maître de conférences à l’Institut Catholique de Paris), « Les nouveaux États d’Europe centrale et l’Église catholique après la Première Guerre mondiale : bilan historiographique après l’ouverture des archives Pie XI et perspectives pour une histoire comparée »
    Cette intervention propose un bilan d'étape des travaux réalisés sur l’Église catholique et les États d'Europe centrale à partir des archives Pie XI, ouvertes en 2006. On se demandera ce qu'apportent les archives romaines à la connaissance de cette question, notamment dans une perspective d'histoire comparée. Le propos vise plus largement à faire connaître une historiographie dynamique, en profond renouvellement générationnel, et à présenter les sources romaines, souvent très riches, sollicitées par ces études.

Intitulés généraux :

Centre : CRH - Centre de recherches historiques

Renseignements :

par courriel : ducreux(at)ehess.fr.

Direction de travaux d'étudiants :

Marie-Élizabeth Ducreux, Centre de recherches historiques, bureau 516, 190 av de France 75013 Paris, ducreux(at)ehess.fr.

Réception :

sur rendez-vous.

Niveau requis :

master, doctorat en cours et postdoctorat.

Site web : http://cem.hypotheses.org/

Adresse(s) électronique(s) de contact : ducreux(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 19 avril 2017.

Contact : service des enseignements ✉ sg12@ehess.fr ☎ 01 49 54 23 17 ou 01 49 54 23 28
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