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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Anthropologie du spectaculaire et sociologie des opérations critiques

  • Gaspard Salatko, chargé de conférences à l'EHESS, désigné par l'Assemblée des enseignants du 15 avril 2016 ( CNE )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

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Mercredi de 11 h à 13 h et de 14 h 30 à 16 h 30 (salle de réunion, EHESS-Marseille, Centre de la Vieille-Charité, 2 rue de la Charité 13002 Marseille), les 25 janvier, 8 et 15 mars, 10, 17 et 24 mai 2017

1. Anthropologie des formes politiques d’iconoclasme religieux en Europe (Gaspard Salatko)

Les processus qualifiés d’ « iconoclastes » et les réparations qui s'ensuivent sont à saisir comme autant de situations de crises. Considérées du point de vue des sciences sociales, ces crises permettent de mettre en évidence la façon dont les usages liés aux ressources religieuses participent aujourd’hui d’une efficacité ou d’un mode d’agir politique dont il s’agira d’interroger la transposition en dehors des mondes religieux. Comment penser en effet les protocoles d’enquête sur lesquels s’appuie la pratique des restaurateurs ? Et, dans un même mouvement, comment caractériser les régimes d’actions d’où procède l’expérience iconoclaste ? Saisies sous cette double perspective, les conceptions qui sous-tendent la mise en acte des crises contemporaines d’iconoclastie religieuse demanderont à être resitués dans le prolongement des théories anthropologiques du fétichisme, de l’art et du religieux qui en autorisent mais aussi en contraignent la catégorisation.

2. Portée critique et enjeux descriptifs de la catégorie du « spectaculaire » (avec Emmanuel Pedler, directeur d'études à l'EHESS, Anthony Pecqueux, chargé de recherche au CNRS et Jean-Christophe Sevin, maître de conférences à l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse)

S'il relève classiquement du dispositif notionnel de la théâtralité, le terme généraliste de « spectacle », et nombre d'autres termes de son champ lexical, qui composent ce que l'on appellera la catégorie du « spectaculaire », font l'objet d'usages multiples. D'orientation pluridisciplinaire, ce séminaire vise à repérer comment les mises en œuvre à la fois descriptives et critiques de cette catégorie interrogent à nouveaux frais la faculté des sciences sociales (anthropologie, sociologie, histoire, etc.) à produire une connaissance des mondes culturels. D'un point de vue pragmatique, les recours, toujours situés, à la catégorie du spectaculaire, ne seraient-ils pas à saisir comme résultant d'opérations critiques dont la vertu descriptive serait de mettre au jour les propriétés qui sont attribuées aux genres et aux catégories esthétiques ? Et de là, les usages du « spectaculaire », tant dans la vie ordinaire que dans les mondes savants, ne pourraient-ils être saisis comme des entrées méthodologiquement pertinentes pour rendre compte de la diversité des formes d'expérience induites par des dispositifs de mise en visibilité non seulement théâtrale mais aussi musicale, patrimoniale voire cultuelle ?

17 mai : Pierre LAGRANGE, chercheur associé au LIER, pour une intervention intitulée De Jules Verne à Stanley Kubrick via les pulps : images de sciences et de science-fiction.

Les études sur les images distinguent souvent les images scientifiques et les images « populaires ». Ceux qui s’intéressent aux images oublient la plupart du temps que la science est sans doute la principale productrice d’image de nos jours et que la notion de vérité scientifique ne s’oppose pas à celle d’image mais lui est probablement coextensive. L’étude des images et de l’imaginaire s’est même en partie constituée à partir de l’idée qu’il y avait une opposition entre la « réalité » étudiée par la science et l’imaginaire construit par la fiction, le roman, le cinéma etc.  Contre ces préjugés, j’ai choisi (à côté d’enquêtes ethnographiques) d’étudier les images qui se situent sur le registre scientifique et d’essayer de comprendre les relations entre sciences et « croyances parascientifiques » sur la base de l’analyse des images.  

Je propose donc d’étudier au cours de ce séminaire un certain nombre d’images liées notamment à la science-fiction populaire depuis la fin du 19e siècle jusqu’à aujourd’hui en passant par les pulps de l’Amérique des années 1930. 

Le séminaire aura pour but de s’interroger sur ce qui distingue vraiment les images scientifiques et les images « parascientifiques » en analysant ces images produites par la SF. Nous partirons de Jules Verne pour montrer comment il peut être considéré autant comme l’inventeur des soucoupes volantes que comme l’inventeur de la science-fiction (et donc d’une forme de vulgarisation scientifique). Nous étudierons l’évolution des images scientifiques à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle pour voir comment les scientifiques ont de plus en plus délégué aux instruments l’observation de la nature. Nous nous intéresserons aux images des pulps pour voir comment elles ont façonné un certain imaginaire sur la façon dont les scientifiques observent la nature. Nous verrons comment, en voulant étendre la différence culturelle au niveau interplanétaire grâce à l’invention des extraterrestres, les auteurs de SF ont construit malgré eux des stéréotypes qui ont servi à marginaliser la notion d’extraterrestre. Nous verrons comment les enquêteurs intéressés par les ovnis (des premiers enquêteurs en 1947 jusqu’à Stanley Kubrick dont on ignore souvent que 2001 L’Odyssée de l’espace a été motivé par l’intérêt que portait le réalisateur à la question des ovnis) ont dû peu à peu construire de nouvelles images pour s’affranchir des stéréotypes sur les BEM (Bug Eyed Monsters) et sur les petits hommes verts. En poussant parfois la démarche jusqu’à renoncer à toute image. 

Aires culturelles : Europe,

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Domaine de l'affiche : Anthropologie sociale, ethnographie et ethnologie

Intitulés généraux :

Renseignements :

contact : gaspard.salatko(at)gmail.com

Niveau requis :

séminaire ouvert aux étudiants de niveau master et aux doctorants.

Adresse(s) électronique(s) de contact : gaspard.salatko(at)gmail.com, emmanuel.pedler(at)univ-amu.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 11 mai 2017.

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