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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Histoire et anthropologie des sociétés musulmanes dans l'Asie du sud contemporaine (SOMA)

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

1er mercredi du mois de 13 h à 16 h (salle 662, 6e étage, bât. Le France, 190-198 av de France 75013 Paris), du 4 janvier 2016 au 7 juin 2017. Première séance exceptionnellement le lundi 12 décembre (salle 638-640, bât. Le France). Séance supplémentaire le 26 avril

La séance du 26 avril 2017 se déroulera en salle AS1_23 (1er sous-sol) 54 bd Raspail 75006 Paris. Les séances des 3 mai et 7 juin 2017 se dérouleront en salle AS1_24 (1er sous-sol) 54 bd Raspail 75006 Paris.

L’Asie du sud héberge une population de près de 500 millions de musulmans. Avec deux des pays musulmans les plus peuplés (Pakistan et Bangladesh), il s’agit par conséquent d’un pôle majeur du monde musulman dont la représentation est néanmoins souvent réduite à l’actualité récente. En outre, l'Asie du sud compte deux communautés chiites importantes, qui font du Pakistan et de l'Inde les 2e et 3e pays chiites par le nombre de croyants (après l'Iran). La priorité de ce séminaire est de décentrer la représentation surtout géopolitique et géostratégique des musulmans d’Asie du sud pour favoriser une contextualisation en histoire contemporaine ainsi qu’une perspective anthropologique. Ce décentrement sera mis en œuvre sur un plan théorique et méthodologique à travers une approche critique des outils conceptuels. Plutôt que de s’appuyer sur des théories essentialistes autour de l’islam, le séminaire analysera ces sociétés musulmanes comme structures sociales historiques autant que comme nouvelles solidarités, mais également comme lieux de pouvoir et espaces de production culturelle. Un autre objectif poursuivi par ce séminaire est d'illustrer la diversité des expressions de l'islam. Il suivra enfin l'évolution des travaux en sciences sociales qui sont consacrés chaque année aux musulmans de cette aire culturelle.

La première séance du séminaire aura lieu le 12 décembre 2016 (salle 638-640). Les coordinateurs présenteront un état des lieux ainsi que leurs travaux réalisés sur l'année 2015-2016.

Mercredi 4 janvier 2017 : Scénariser l’ethnologue et la société à Sehwan Sharif
Diffusion du film The Red Sufi du documentariste Martin Weinhart (2010), sur l'ethnologue allemand, Jürgen Wasim Frembgen, spécialiste du soufisme, suivi d’une discussion avec Michel Boivin, Rémy Delage, Delphine Ortis et Jean-Claude Penrad

Mercredi 1er février 2017 :  « Documentariser » la société de Sehwan Sharif (suite). Nous poursuivrons notre exploration de Sehwan Sharif par la diffusion de deux documentaires :

  • En pèlerinage au pays des derviches, Hajo Bergmann, 1995, 51 mn
  • Mast qalandar, Till Passow, 2005, 35mn

suivie d'une discussion animée par Rémy Delage et Delphine Ortis

Rémy Delage nous présentera ensuite le dernier volume de la collection Purusartha (n°34, 2016, Éditions de l'EHESS, Paris, 339 p.) édité par M. Claveyrolas et lui-même, Territoires du religieux dans les mondes indiens. Parcourir, mettre en scène, franchir, dont deux articles sont consacrés à Sehwan Sharif et au culte de Lal Shahbāz Qalandar

Mercredi 1er mars 2017 :

  • Salomé Deboos (Université de Strasbourg), « Être Musulman du Zangskar, entre revendication religieuse et territoriale »
    Les terrains menés depuis dix-sept au Zangskar dans l’Himalaya indien ont permis de conceptualiser les modalités de construction de l’identité communautaire des Zangskarpas et plus particulièrement des Padumpas, lieu unique de résidence des musulmans du Zangskar. Cette vallée est peuplée de 3600 habitants, tous classés administrativement scheduled tribe ‘Boto’ (Bouddhiste), mais de confession bouddhiste pour 93% et musulmans sunnites pour 7%. Suivant les documents historiques épars relatifs à l’histoire de cette vallée, l’arrivée des musulmans au Zanskar remonte à la fin du 17ème siècle, et jusque récemment, à chaque génération avait lieu un mariage interconfessionnel que les Zanskarpas qualifiaient de « mariage d’amour » par comparaison avec les autres mariages dits « arrangés ». Depuis 2007, la situation a évolué, tout d’abord, la génération des trentenaires s’est engagé activement dans les associations confessionnels à visée politique d’une part, et d’autre part les enseignements du Dalaï Lama d’août 2011 qui ont eu pour conséquence de renforcer l’identité religieuse des Zanskarpas. Aujourd’hui, la situation est stable, bien que la population soit profondément divisée sur ce que signifie être Zanskarpa. Au cours de mon intervention, je me propose d’exposer les enjeux d’un tel glissement de l’identité communautaire : être d’un lieu ou d’une religion ?
  • Laurence Lécuyer (INaLCO), « Le ghunghat ; corps et société en Inde du nord. Des voiles au carrefour des pratiques et des représentations »
    Dans le nord de l’Inde, dans la plupart des états de la ceinture gangétique, à l’exception du Punjab et du Cachemire, certaines femmes baissent sur leur visage le voile qu’elles portent généralement sur la tête. Ce voile, qui, associé à une action, est désigné par le terme hindi ghunghat, concerne toutes les confessions, car il n’est pas religieux. L’ethnographie (terrain d’étude de 20 mois dans le Rajasthan et le Punjab) et la littérature scientifique montrent que le ghunghat est un voile social, étroitement lié à l’univers relationnel d’une femme. Il est associé au système de parenté, de mariage et de résidence. Il renseigne sur les systèmes de relations qui unissent des familles ou des individus. Il révèle également les statuts, notamment l'asymétrie entre donneurs et preneurs d’épouse. Il indique la pudeur, la modestie, le respect, la respectabilité, et la bonne éducation de la femme. Pratique d’évitement, grammaire affective, langage relationnel, marqueur de statuts, ce voile particulier congruent avec une organisation sociale spécifique à l’Inde du nord révèle une pluralité de sens. Il montre également une grande élasticité, tant liée aux pratiques corporelles qui le sous-tendent qu’aux divers contextes dans lesquels il s’exprime. Nous nous intéresserons donc au caractère polysémique du ghunghat, qui montre la complexité interprétative des pratiques vestimentaires, et au lien entre vêtements/représentations liées au corps/ systèmes de valeurs et organisation sociale.

Mercredi 26 avril 2017 :

  • Mansoor Ahmed (doctorat Histoire et civilisation, EHESS-CEIAS), «  Precursor institutions of ‘Council of Islamic Ideology Pakistan’: A legacy carried forward (1947-1973) »
    1973 Constitution required the government to appoint ‘Council of Islamic Ideology’ (Council) to recommend steps to reform the lives of people, according to the ‘principles of Islam’, by recommendations, reviewing Laws and responding to references of the Legislatures. Till date it had mooted an implied role to inculcate religion in the polity of the country. This presentation will investigate its precursor institutions, ‘Advisory Council of Islamic Ideology’ 1962-1971 and the ‘Law Commission’ (1957-1958) to have better understanding of the déja vu role of Council.
  • Houssame Bentabet (doctorat Sociologie, EHESS-CEIAS), « L’Abandon de l’islam »
    L’abandon de l’islam est un phénomène qui touche des musulmans de nationalités différentes. En même temps que les phénomènes de radicalisation captent l’attention du monde, une trajectoire opposée s’opère dans le silence et concerne des musulmans appartenant aussi bien à des sociétés séculières, où ils seraient considérés comme « minorité religieuse », qu’à des sociétés majoritairement musulmanes où l’abandon de l’islam ou « l’apostasie » est passible de la peine de mort. En effet, les ex-musulmans semblent être conscients du risque qu’ils encourent en abandonnant leur foi, puisqu’ils s’exposent à la condamnation à mort pour apostasie : une question non encore réglée de manière définitive par les juristes musulmans. 
    Il nous a paru important de commencer par comprendre cette notion « d’apostasie » en islam avant de suivre différents parcours d’ex-musulmans (en France) pour comprendre pourquoi et comment quittent-ils l’islam, et par quel processus cela se fait-il ?
  • Hélène Dezeraud (M2 Histoire, Université Paris X Nanterre La Défense), « Comparer les déplacements des populations musulmanes du Bengale avec celles du Pendjab lors de la partition de l'Inde (1946-1952) »
    En M1, je me suis concentrée tout particulièrement sur les déplacements de populations musulmanes au Bengale. Cette année, je tente de comparer ces expériences de migrations avec celles des musulmans du Pendjab et de Delhi (partant au Pendjab Occidental) à travers plusieurs axes : la violence ; l'identité et la trajectoire du mohajir, le réfugié musulman ; les conséquences psychologiques (trauma) et matérielles de ces migrations.
  • Laetitia Fronval (doctorat Anthropologie, EHESS-CEIAS), « En rentrant d’Iran : étudier la bibliomancie dans une province kurde »
    Lors de mon dernier séjour de recherche en Iran, je suis allée dans la province de Kermanshah pour poursuivre mon enquête sur les pratiques contemporaines de bibliomancie en Iran. Dans cette région où le sunnisme est nettement présent, quels sont les usages de la bibliomancie et de la divination ? Je reviendrai sur les particularités de ce terrain, tant du point de vue des données recueillies que de mon expérience d’anthropologue, en le comparant notamment à mes précédentes enquêtes en Iran et au Tadjikistan.

3 mai 2017 : 

  • Michel Tabet, Ziyârat ila al-Shâm (2008, IFPO/EHESS; 27mn), film introduit par Jean-Claude Penrad (EHESS)
  • Ashura à Pakki Shah Mardan, film de la télévision chiite pakistanaise introduit par Mariam Abou Zahab (40mn)

Suivi et validation pour le master : Hebdomadaire semestriel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Intitulés généraux :

Renseignements :

par courriel.

Direction de travaux d'étudiants :

contacter l'un des organisateurs du séminaire.

Réception :

sur rendez-vous uniquement.

Niveau requis :

licence d'histoire, anthropologie, sciences politiques, sociologie etc. Un entretien préalable avec un ou plusieurs enseignants est indispensable.

Adresse(s) électronique(s) de contact : mboivin(at)ehess.fr, mazahab(at)club-internet.fr, delphine.ortis(at)gmail.com, spezialef(at)yahoo.com

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 2 mai 2017.

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