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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Formes symboliques

  • Jean Lassègue, chargé de recherche au CNRS (TH) ( IMM-LiAS )

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1er et 3e jeudis du mois de 17 h à 19 h (salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 3 novembre 2016 au 15 juin 2017. La séance du 15 décembre est annulée. La séance du 16 février se déroulera de 16 h à 18 h (même salle). La séance du 16 mars est reportée est reportée au 27 avril (salle 9). La séance du 18 mai se déroulera en salle 6. Séance supplémentaire vendredi 30 juin de 15 h 30 à 17 h 30 (salle 11, 105 bd Raspail 75006 Paris). La séance du 30 juin est reportée à l'année prochaine

Le séminaire se propose de tirer toutes les conséquences au plan perceptif, linguistique et culturel de l'idée d'une anthropologie d'emblée conçue comme sémiotique. En se fondant sur une critique raisonnée des principes structuralistes et en écartant toute la facilité consistant à s'en remettre à des principes générateurs que l'on suppose d'avance naturalisés, on trouvera dans les notions de forme transposable et de norme socialement partagée ce qui rend compte de la socialité des pratiques – bref, ce qui en fait des formes symboliques.

1er décembre 2016 : Alice Van den Bogaert (Université Autonome de Barcelone, Departamento de Antropologia Social y Cultural) fera un exposé sur le thème  : « Le rapport au divin en Himachal Pradesh (Inde) »
Lors de ce séminaire, nous analyserons le panthéon des divinités locales d’Himachal Pradesh (Inde), en nous penchant notamment sur les modes de communication entre l’humain et le divin, le rapport au territoire, la configuration entre les diverses castes dans le fait religieux, ainsi que les rapports entre les hommes et les femmes qui se tissent à travers les cultes.

5 janvier 2017 : Antonino Bondi (LIAS-Institut Marcel Mauss) fera un exposé sur le thème  « Invention et interprétation(s) entre imagination sémiotique et imaginaire »

19 janvier 2017 : Yves-Marie Visetti (Institut Marcel Mauss, CNRS-EHESS) fera un exposé sur le thème  « Types et motifs : la question de la reconnaissance », il présentera ses recherches actuelles sur les modalités d’appréhension du phénomène de la reconnaissance

16 février 2017 : Jacques Fontanille (Université de Limoges - CERES - Centre de recherches sémiotiques)  fera un exposé sur le thème  : « Formes de vie/modes d’existence : hypothèses anthroposémiotiques »
Le thème des « formes de vie » est appare en sémiotique dans les années 1980, en prolongement et en parallèle à la fois des recherches sur le monde sensible et sur les esthésies, notamment dans la lignée du livre de Greimas intitulé « De l’imperfection ». Cette parenté peut sembler étrange, si on la compare par exemple avec la manière dont la notion de « formes de vie » vient couronner l’édifice pragmatiste de Witggenstein, mais on peut la comprendre néanmoins si on se réfère à la définition et à la compréhension des « micro-univers sémantiques » qui apparaissent dès Sémantique Structurale : comme des « mondes » saisissables dans leurs discontinuités sémantiques, sur le fond de l’expérience globale que nous en faisons, et cette expérience mêle indissociablement perceptions, affects, vision du monde, modes d’existence et « couleurs modales » de ces modes d’existence. Autrement dit, dès le point de départ du parcours théorique de Greimas, les formes sémiotiques étaient déjà considérées comme impliquées dans et surdéterminées par des « formes de vie » et des « modes d’existence ».Mais la question des « modes d’existence » et des « formes de vie » intéresse aujourd'hui, sous le même nom ou sous d’autres noms, aussi bien l’anthropologie des modernes que l’’anthropologie de la nature. Au-delà du sensible et des « colorations » modales et affectives des mondes sémiotiques que sont les formes de vie, leur ancrage collectif dans des modes d’identification et leur participation au lien social doit être exploré. C’est par conséquent cette version des formes de vie, cette dimensions anthroposémiotique que je voudrais discuter avec les participants du séminaire « Formes Symboliques ».

2 mars 2017 : Paula Diehl (Université Bielefeld - Département de philosophie) fera un exposé sur le thème  : « La représentation politique et le symbolique »
La question de la représentativité des démocraties modernes est devenue incontournable dans le contexte constitué aujourd’hui par les nouveaux mouvements politiques, globalisation et médias de masse. Cette question ne porte pas seulement sur les actions concrètes des représentants politiques mais concerne au premier chef la dimension symbolique de la représentation politique. C’est dans la dimension symbolique que les valeurs politiques, les principes démocratiques et les institutions se conçoivent, gagnent une expression et affectent le politique. La première question qui se pose est donc : comment penser la représentation symbolique de la démocratie dans le contexte actuel ? Si on essaye de répondre à cette question, on constate que tout un travail de dépistage conceptuel doit précéder. C’est au dépistage du concept de représentation symbolique en science politique que cette communication est consacrée. Pour cela, on essayera de proposer une architecture de la représentation symbolique. Selon cette architecture, la représentation se présente comme fondée sur les trois piliers suivants : la symbolicité, la performativité et l’imaginaire politique. On verra apparaître le tissu tracé par ces trois conditions de la représentation symbolique. Dans la pratique, cela veut dire que les mécanismes symboliques et performatifs, comme la mise en scène, l’esthétisation, la mise en discours ou la visualisation, contribuent quotidiennement à la formation de l’idée que les citoyens et les représentants se font de la politique, de leur fonctionnement et de leurs institutions. La représentation symbolique donne donc forme à l’imaginaire politique tout en le transformant.

20 avril : Nicole Perret (École Normale Supérieure - Centre Cavaillès - République des Savoirs) fera un exposé sur le thème  : « Téléologie et connaissance en biologie : une enquête constructiviste et symbolique »

27 avril : Marielle Macé (EHESS - CRAL) fera un exposé sur le thème  : « Formes de vie, conviction d'égalité »
Si toute vie exige considération, ce n’est pas parce qu’elle est unique, même si évidemment elle l’est,c’est parce qu’elle est égale. Or tout se passe, notamment dans la situation actuelle faite aux migrants et devant les vies perdues en Méditerranée, comme si nous considérions que certaines vies ne sont pas tout à fait pleurables. Et si l'on considère qu'elles ne sont pas tout à fait pleurables, c’est parce qu’on semble les regarder comme pas tout à fait vivantes, et même déjà un peu mortes — leur perte n'ouvrant pas à la possibilité du deuil, a fortiori du deuil collectif et public. C’est une idée exorbitante mais très active ; nous avons à la traquer jusqu’à l’intérieur de nous, à nous en « décoloniser », au profit d’une conviction réelle, c’est-à-dire réellement éprouvée, de l’égalité des vies — vies également pleurables, vies également vécues.
Cette conviction s'entend avant tout juridiquement. Mais il y a aussi une intention théorique, et par ailleurs un espace esthétique, qui prennent cela en charge, avec un éclat et une constance toutes particulières aujourd’hui. Cette intention, c'est la volonté de s'intéresser dans les vies à leurs formes, à tout ce qu'il y entre de formes, singulières mais impropres (régimes d'existence, habitudes, habitats, rythmes, gestes, modes relationnels...). Et cet espace esthétique, qui en est solidaire, c’est le documentaire. À travers une évocation des propositions que je tente dans Styles. Critique de nos formes de vie (Gallimard, 2016), et de Fuocoammare (2016), ce documentaire de Gianfranco Rosi consacré à Lampedusa, j’essaierai de montrer que l’attention patiente, vigilante, déclose, mais aussi critique aux formes de vie — aux formes réellement prises par les vies, dans leur pluralité indocile et rétive — soutient par définition la conviction de leur égalité, et peut participer à soulever en nous l'exigence résolue de l’accueil.

30 juin : Bruno Karsenti (EHESS - IMM - LIER)interviendra à propos de son livre  : "La question juive des modernes" (PUF 2017)

La séance est reportée à l'année prochaine

Répondant : Julia Christ  (CNRS - IMM - LIER)

Quatrième de couverture :

Depuis l’entrée dans l’âge moderne de l’émancipation, c’est-à-dire depuis l’époque des Lumières et de la Révolution française, on admet en général que les juifs ont brisé un carcan qui les confinait dans des communautés fermées pour participer à la modernité européenne sans se renier et tout en restant juifs. Comment ce cheminement a-t-il eu lieu ? Qu’a-t-il réellement impliqué, à la fois pour les juifs et pour les sociétés auxquelles ils s’intégraient ? Bruno Karsenti reprend le fil de ce récit. Sous l’angle philosophique, il examine les opérations intellectuelles par lesquelles certaines figures d’exception – écrivain (Heine), sociologue (Durkheim), historiens (Salvador, Bloch), philosophe (Strauss) et linguiste (Benveniste) – sont entrées dans cette modernité, au prix de quelles tensions et de quels efforts : comment ces hommes ont-ils pensé les liens entre judaïsme et modernité, et comment par là ont-ils éclairé les principes des sociétés démocratiques qui sont aujourd’hui les nôtres ? À l’heure où les juifs d’Europe sont inquiets de leur avenir jusqu’à être parfois poussés au départ, à l’heure aussi où théologie et politique, loin de régler leurs rapports, se conjuguent en menace pour les démocraties elles-mêmes, ce livre cherche à redonner tout son sens à l’émancipation sociale et politique qui est notre héritage.

Renseignements :

par courriel.

Site web : http://formes-symboliques.org/

Adresse(s) électronique(s) de contact : jean.lassegue(at)ehess.fr

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 27 juin 2017.

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