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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Critique de la transmission

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

Vendredi de 13 h à 15 h (salle 11, 105 bd Raspail 75006 Paris), les 18 novembre, 9 décembre 2016, 13 janvier, 10 mars, 21 avril, 12 mai et 9 juin 2017. La séance du 9 décembre se déroulera de 14 h à 18 h (amphithéâtre François-Furet, même adresse). Séance supplémentaire le 28 avril (de 13 h à 17 h, salle M. & D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris). La séance du 9 juin est annulée

L'une des nombreuses facettes de la tension entre le passé et un dit futur est recouverte par la notion de transmission. D'un côté des expériences individuelles ou collectives faisant ou non l'objet d'une intention de circulation, de l'autre des héritages, des interprétations et des appropriations affiliées qui ne reflètent pas toujours les expériences dont elles s'inspirent ou découlent. La tension temporelle et historique sur laquelle se joue et se rejoue ce que l'on nomme la transmission de l'expérience, consciente ou non, chez les acteurs impliqués connaît souvent des moments de rupture ; la mort d'une personne, le bombardement d'une ville ou l'incapacité d'une société à gérer ses déchets nucléaires sont autant d'évènements disruptifs, catastrophiques parfois, permettant de marquer un avant et un après, et de distinguer des dynamiques de transmission à l’œuvre. Quelles intentions de transmission existent ? qu'est ce qui se transmet ? comment ça se transmet ? à qui cela se transmet-il ? ces quatre questions communes à nos travaux nous permettront de créer des passerelles entre les différentes temporalités et contextes historiques afin de voir à l’œuvre des dynamiques de transmission. Au delà de la confrontation de disciplines, nous souhaitons prendre au sérieux l'hypothèse que la transmission de l'expérience déborde d'un strict cadre descriptif, analytique ou historique.

Programme de l’atelier coordonné par Laurent Vannini

18 novembre 2016 : Lisandre Labreque Lebeau "La transmission ordinaire : raconter et recevoir."

Lisandre Labreque Lebeau est post-doctorante en sociologie au GTM, laboratoire rattaché à Paris 8, et a soutenu sa thèse "Dire le quotidien : univers, corridors et amortissement de la normativité conversationnelle" en 2014. Lisandre a travaillé dans les domaines de la santé mentale ou de la culture populaire, et s'intéresse à la transmission des normes et la normativité.

“Dans mes recherches actuelles je m’intéresse aux conversations quotidiennes et plus précisément à leurs thèmes, leurs grandes opérations et leur réception. Pour cela, je me base sur des récits individuels d’interactions ordinaires. Je propose ainsi d’explorer dans cette séance deux moments de transmission qui se complètent et se confondent; celui du compte-rendu, de la part des participants, de leurs conversations de la semaine à la chercheure, transmission « profane » mais centrale à la recherche ; et celui de la réception des conversations par les individus, lors de laquelle prend place la transmission de nos injonctions sociales et collectives.”

  • Discutant : Eric Dem Collec, psychanalyste et musicien.

9 décembre 2016 (de 14 h à 18 h dans l’Amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris) : Leïla Férault-Levy "Les ombres, un conte familial."

Leïla Ferault-Levy est réalisatrice de films documentaires. Les ombres, un conte familial sera projeté en première partie d’atelier, puis sera suivi d’un dialogue entre Leïla Ferault-Levy et Benjamin Levy, et enfin d’une discussion avec la salle.

“Les ombres, un conte familial est la deuxième partie d'un diptyque autour de ma famille. Bon-papa, un homme sous l'Occupation interrogeait l'histoire de mon grand-père paternel, son engagement dans la collaboration, et le silence qui l'entourait. Dans ce deuxième volet il est question de la transmission de l'histoire de ma grand-mère maternelle; de sa survie en Pologne en tant que juive, du sauvetage de son fils par son abandon, du secret dans lequel elle a élevé ses enfants. Comment se construit-on après cela, à la deuxième, à la troisième génération ? Nous interrogeons les liens : à la famille (nourricière, de sang) à la terre natale, à la tradition, à l'histoire.”

  • Discutant : Benjamin Levy, psychologue clinicien, docteur en psychopathologie et ATER à l'Université de Lorraine à Nancy.

10 mars 2017 : Felwine Sarr "Introduction au ndût : une parole en actes en pays Sérère."

Felwine Sarr est un universitaire et écrivain né en 1972 au Sénégal. Agrégé d’économie, il enseigne depuis 2007 à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis (Sénégal). Cofondateur de la maison d'édition Jimsaan, éditeur de la revue Journal Of African Transformation (Codesria-UNECA), Felwine Sarr est par ailleurs musicien et Maître d’arts martiaux.

Il y a dans le travail de Felwine Sarr un permanent souci du réel ; une attention à ce qui se passe et à la manière dont on y fait face de la manière la plus efficace, en adéquation avec la culture, les données immédiates et historiques, la réalité locale. Felwine Sarr est Sérère, une ethnie du Sénégal dans laquelle la transmission des savoirs, des énergies, des techniques pour appréhender la vie a un canal privilégié : le « ndût » (le nid) cérémonie initiatique au cours de laquelle de jeunes garçons reçoivent une somme de connaissances. La réflexion qu’il mène aujourd’hui sur l’économie et l’épistémologie africaines prend sans doute source dans cet enseignement ritualisé. Quelles significations profondes donner à l’espace et au moment du ndût ? Qu’est-ce qui s’y dit ou s’y joue qui permette de refonder un lien social ou une parole en acte ?

  • La séance sera coordonnée par Mohamed Mbougar Sarr, romancier sénégalais d'expression française et doctorant à l’Ehess, son travail porte sur la poétique de la blessure dans le roman africain francophone.
  • Discutante : Élodie Mollet, étudiante et enseignante en arts martiaux, et plus spécifiquement en Soo Bahk Do. Passée par le cinéma et la pratique du montage, et par la philosophie qu'elle enseigne dans un lycée technique.

21 avril 2017 : Pierre Fourny et Hélène Caubel : Transmettre la Poésie à 2 mi-mots, en en favorisant "l'expérience immédiate"

Pierre Fourny est metteur en scène, fondateur d'ALIS (compagnie de spectacle) et auteur de la Poésie à 2 mi-mots.

Hélène Caubel est directrice de production, vivement intéressée par les problématiques de médiation ; elle s'implique dans des aventures artistiques et culturelles singulières, dont celle d'ALIS depuis 2013.

Pierre Fourny est l'auteur d'une pratique artistique qu'il nomme la Poésie à 2 mi-mots et qu'il développe au sein d'ALIS (compagnie de spectacle) depuis 2000. Cette pratique repose, notamment, sur un jeu de manipulation originale de la graphie des lettres de l'alphabet. En 2015, ALIS "automatise" l'un des processus de "fabrication" de cette poésie, permettant de l'approcher d'un "clic". Cette possibilité d'expérience immédiate et la nécessité de formaliser la Poésie à 2 mi-mots dans ce nouveau contexte ont fait basculer ALIS dans une dynamique de transmission. Peut-on re-vivifier un contact à la poésie avec des expériences de Poésie à 2 mi-mots ? La notion d'expérience immédiate est-elle juste ?

  • Discutante : Roseline Garcia Ballester, doctorante du laboratoire Georg Simmel et professeure de philosophie.

12 mai 2017 : Élodie Mollet "À la recherche de ce qu'il y a : transmettre par les vides."

Élodie Mollet est étudiante et enseignante en arts martiaux, et plus spécifiquement en Soo Bahk Do. Passée par le cinéma et la pratique du montage, et par la philosophie qu'elle enseigne dans un lycée technique.

“Il y a beaucoup de "cuisine interne" dans ce qui est enseigné dans notre art martial semaine après semaine, des choix, des orientations, des ruptures. On essaiera de dégager comment se décident les contenus, comment se composent les influences, et comment les lignes qu'on laisse fuir dans cet art martial sont une façon de le redessiner constamment. Plasticité de l'art que je pratique et enseigne, tandis qu'il me revient à l'esprit la structure rigide dans laquelle il me semble l'avoir reçu.”

  • Discutante : Joëlle Cohen, Endocrinologue et psychanalyste.

(Date à définir) : Pierre Fourny et Hélène Caubel "Une expérience immédiate de Poésie à 2 mi-mots."

Pierre Fourny est metteur en scène, fondateur d'ALIS (compagnie de spectacle) et auteur de la Poésie à 2 mi-mots.

Hélène Caubel est directrice de production ; elle s'implique dans des aventures artistiques et culturelles singulières, dont celle d'ALIS depuis 2013.

Pierre Fourny est l'auteur d'une pratique artistique qu'il nomme la Poésie à 2 mi-mots et qu'il développe au sein d'ALIS (compagnie de spectacle) depuis 2000. Cette pratique repose, notamment, sur un jeu de manipulation originale de la graphie des lettres de l'alphabet. En 2015, ALIS "automatise" l'un des processus de "fabrication" de cette poésie, permettant de l'approcher d'un "clic". Cette possibilité d'expérience immédiate et la nécessité de formaliser la Poésie à 2 mi-mots dans ce nouveau contexte ont fait basculer ALIS dans une dynamique de transmission. Peut-on re-vivifier un contact à la poésie avec des expériences de Poésie à 2 mi-mots ? La notion d'expérience immédiate est-elle juste ?

  • Discutante : Roseline Garcia Ballester, doctorante du laboratoire Georg Simmel et professeure de philosophie.

Programme du séminaire coordonné par Giovanni Matera

13 janvier 2017 : Bastien Bucheron "Les possibilités de transmission d'un héritage critique en psychiatrie."

Bastien Bucheron est psychiatre au sein d'un Centre Hospitalier Spécialisé de la région parisienne.

À mesure que la psychiatrie laisse sa place à la santé mentale, quelle place reste-t-il pour les expériences italiennes (Basaglia) et françaises (Tosquelles, Oury, Bonnafé) ? Alors qu'elles ont pu s'opposer sur différents points et être présentées comme antagonistes, il apparaît aujourd'hui nécessaire de les rapprocher. La transmission de ces pratiques pourtant rangées dans le champ de l'anti-psychiatrie, apparaissent indispensables pour sauver la psychiatrie de l'idéologie positiviste.

  • Discutant : Patrick Touzet, infirmier de secteur psychiatrique, actuellement chef d’équipe dans un Centre Médico Psychologique en banlieue parisienne.

10 février 2017 : Alessandro Tiberio "Crise des migrants aux frontières européennes : les enjeux de la transmission dans la création d'une “Demeure partagée”."

Alessandro Tiberio est doctorant en géographie de l'Université de Californie à Berkeley. Allocataire de l'International Dissertation Research Fellowship (IDRF) assignée par le Social Science Research Council (SSRC), il collabore actuellement avec la Freie Universität Berlin et la School of Oriental and African Studies (SOAS) de Londres.

Son travail ethnographique envisage l'expérience de la précarité dans la vie des jeunes citoyens européens et des jeunes demandeurs d'asile afghans au long des frontières balkaniques (croates et slovènes) et dans leur vie quotidienne dans les villes européennes qui les ont accueillis (Italie). La renégociation des frontières, l'expérience, la perception et l'usage politique de la précarité, apparaissent sous la forme d'un travail individuel et collectif de production et transmission d'une idée de territoire comme demeure (« shared abode »), qui doit en même temps être temporaire et partagé.

  • Discutant : Giovanni Matera, doctorant au Centre Georg Simmel/EHESS. Il travaille, sous la direction de Laurent Thévenot, sur l’héritage des expérimentations de Franco Basaglia dans le domaine de la santé mentale en France et en Italie.

21 avril 2017 : Fabio James Petani "La transmission de l'espace. Le cas des “Espaces perdus”."

Fabio James Petani est docteur en Sciences de la Communication (thèse soutenue à l'Università della Svizzera italiana, à Lugano en octobre 2016).

La planification spatiale est envisagée sous une perspective organisationnelle à travers différentes pratiques de représentation. Une pluralité de formes d'engagement au niveau spatio-temporel est mise en lumière par les récits des planificateurs spatiaux, qui produisent des “espaces perdus”, à travers lesquels les acteurs se rappellent d'oublier et parviennent à se rappeler de l'avenir.

  • Discutant : Matteo Stagnoli, doctorant en sociologie au Centre interdisciplinaire d'études sur l'Allemagne/EHESS, sous la direction de Jean-Louis Fabiani. Sa thèse comparative porte sur l'architecture pour l'art contemporain en Allemagne, France et Italie.

9 juin 2017 (à confirmer) : François Romijn "Tests génomiques et découverte de son “ancestralité”."

François Romijin est Doctorant au sein de l'Université libre de Bruxelles, et rattaché au Centre Georg Simmel.

François Romijin présentera un travail en cours portant sur certaines transformations contemporaines du lien social posées par les nouvelles possibilités d’enquêter sur son « ancestralité », au travers de tests génomiques commercialisés via Internet. Partant plus spécifiquement de l'expérience de la découverte de leurs propriétés génomiques, François Romijn s'intéresse aux façons dont les usagers intègrent ces nouvelles connaissances sur leurs origines et leurs retombées capacitaires.

  • Discutant : Giovanni Matera, doctorant au Centre Georg Simmel/EHESS. Il travaille, sous la direction de Laurent Thévenot, sur l’héritage des expérimentations de Franco Basaglia dans le domaine de la santé mentale en France et en Italie.

Domaine de l'affiche : Sociologie

Intitulés généraux :

  • Pierre Judet de La Combe- L’interprétation littéraire. Théories et pratiques
  • Rainer Maria Kiesow- L’ordre du droit
  • Site web : http://centregeorgsimmel.ehess.fr/rainer-maria-kiesow/

    Adresse(s) électronique(s) de contact : lvannini(at)gmail.com, giovanni.matera(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 1 juin 2017.

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