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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Savoirs ethnographiques et ethnographie des savoirs en Afrique

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e et 4e mercredis du mois de 11 h à 13 h (salle 11, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 9 novembre 2016 au 14 juin 2017. La séance du 11 janvier est annulée, séance double le 25 janvier (de 9 h à 13 h, salle 11)

Ce séminaire revient sur des situations exemplaires du travail ethnographique, sur l’aire africaine essentiellement, qui permettent de saisir dans la longue durée la production/circulation des savoirs – scientifique, missionnaire, administratif, populaire et savant – et des systèmes de valeurs, en prenant comme point d’appui la nature du dialogue instauré avec les communautés et les interlocuteurs locaux. Relation observateur/observé, élaboration des catégories (religieuse, politique, culturelle, etc.), conditions de production des connaissances, appropriation et usages locaux d’un savoir ethno-historique, telles sont les grandes articulations de ce séminaire, dédié à une approche contextualisée des corpus ethnographiques.

Nous envisagerons cette année les modalités de production des savoirs administratifs et missionnaires, et nous verrons, à partir de situations de terrain, comment ces régimes de savoir ont été mobilisés dans l’élaboration de concepts anthropologiques. Nous poursuivrons par ailleurs le travail engagé sur les imaginaires locaux constitués au fil du temps, et sur les réappropriations contemporaines de catégories exogènes en Afrique subsaharienne. 

Quatre thèmes seront développés par Franck Beuvier, à partir du cas des chefferies Bamiléké (Ouest Cameroun) :

  • « Modèle administratif de gouvernance et de savoir au Cameroun (1916-1920) ».
  • « La parenté au tribunal. Nomenclature, pratiques et litiges (1920-1955) ».
  • « Quand Dieu apparût aux Bamiléké. Doctrine chrétienne, divination et royauté sacrée ».
  • « Aux origines de la sorcellerie. Justice coloniale et justice coutumière en pays Bamiléké ».

Trois thèmes seront développés par Andrea Ceriana Mayneri, à partir d’une ethnographie dans l’espace tchado-centrafricain :

  • « Oubli du passé et “agonie” des traditions : dépossession et diabolisation d’une esthetique oubanguienne ».
  • « Situation missionnaire et travail ethnographique en Oubangui-Chari : les premières publications ».
  • « La valeur des traditions entre justice ordinaire et politiques post-conflit : notes à partir du cas centrafricain ».

9 novembre 2016 : Introduction, « "Culture contact" et paradigme de l’interaction en colonie »

23 novembre 2016 : Andrea Ceriana Mayneri « Magistrats, policiers et sorciers : ethnographie de l’institution judiciaire à Bangui »
Dans les années récentes, un chantier ethnographique centrafricain s’est penché sur la pénalisation de la sorcellerie et sur les dynamiques qui amènent des conflits intrafamiliaux et de quartier jusqu’aux tribunaux, où de lourdes peines sont prononcées à l’égard des sorciers. Cette communication se propose de revenir sur les apports et sur certaines difficultés de cette ethnographie dans l’institution judiciaire, dans les commissariats et les gendarmeries, dans les maisons d’arrêt et les prisons du pays. La discussion portera d’une part sur la trajectoire historique qui a progressivement amené à criminaliser « la sorcellerie » : nous émettrons quelques hypothèses à partir des textes administratifs coloniaux qui, dans l’ancien Oubangui-Chari, ont défini les « atteintes à l’ordre public », pour terminer sur les débats récents qui ont engagé les institutions centrafricaines et celles internationales autour de la criminalisation des « pratiques de charlatanisme et de sorcellerie ». D’autre part, nous voudrions nous arrêter sur des difficultés, sinon des contradictions de ces recherches ethnographiques : celles-ci se développent au fil d’échanges réguliers et soutenus avec des acteurs politiques, des institutions, des décideurs devant lesquels la scientificité de la démarche anthropologique n’est « jamais définitivement acquise » (Vidal, 2010). De plus cette dernière peut être ouvertement mise à mal par une injonction paradoxale de scientificité : quoi faire, en effet, lorsqu’on prétend de l’anthropologie qu’elle produise des définitions qui permettent soit de réprimer les sorciers soit, au contraire, de mettre fin à cette vague répressive ?

14 décembre : Franck Beuvier « Sur les traces du Kemsi. Médecine missionnaire, prophétisme et divination au nom de Dieu (Bamiléké, Cameroun) »
 Nous aborderons l'histoire coloniale des chefferies Grassfields au Cameroun par une figure de devin prophète qui est décrite au début des années 1930. Au terme d'un rappel des étapes et des modalités de la pénétration missionnaire en pays Bamiléké, nous reviendrons sur la genèse du kemsi ("notable de dieu"), sur un champ divinatoire naissant, occupé principalement par des femmes. Ce devin se spécialise très tôt dans le traitement du malheur et dans les soins aux malades, au nom d'un savoir coutumier et thérapeutique transmis par Dieu. L'émergence de ce profil sera considérée à l'aune de la médecine-missionnaire, catholique et protestante, des acteurs qui vont l'exercer, des conditions dans lesquelles ils l'exercent, et de son impact local. Si la divination au nom de Dieu s'institutionnalise en l'espace d'une décennie, le kemsi n'est cependant pas la seule figure prophétique recensée. C'est un phénomène émergent plus large, éminemment contrasté, que nous évoquerons au travers du parcours et de la personnalité des premiers catéchistes autochtones.

11 et 25 janvier 2017 : Andrea Ceriana Mayneri « Situation missionnaire et travail ethnographique en Oubangui-Chari : les débuts »

8 février 2017 : Pierre Bouvier (professeur émérite, Paris I/IIAC LAIOS), « Du tiers-mondisme au népotisme. Parcours dans l'Afrique du mi-temps des années soixante : perceptions et impressions »

22 février 2017 : Franck Beuvier, « Quand Dieu créa les Bamiléké. Retour sur la notion de royauté sacrée »

  • Partie 1 : Institution des catéchistes autochtones et institution de la chefferie (1900-1930)

8 mars 2017 : Franck Beuvier, « Quand Dieu créa les Bamiléké. Retour sur la notion de royauté sacrée »

  • Partie 2 : Monothéisme primitif et pouvoir divin (1900-1950)

22 mars 2017 : Andrea Ceriana Mayneri, « Oubli du passé et "agonie" des traditions : dépossession et diabolisation d'une esthétique oubanguienne »

26 avril 2017 : Franck Beuvier « La parenté au tribunal. Nomenclature, pratiques et litiges en pays Bamiléké (1920-1955) »

10 mai 2017 : Anne-Marie Peatrik (directrice de recherche émérite, LESC), « H. E Lambert et le "njuri ncheke" des Meru du Kenya. L'étrange méprise d'un "district commissionner" ethnologue (1930-1940) »

24 mai 2017 : Professeur Fabio Viti (Aix-Marseille Université/IMAF)  « La construction du savoir ethnographique sur la société Baoulé (Côte d’Ivoire) : du terrain à l’archive »

14 juin 2017 : Franck Beuvier & Andrea Ceriana Mayneri : séance conclusive.

Mots-clés : Anthropologie,

Aires culturelles : Afrique,

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Direction de travaux d'étudiants :

sur rendez-vous uniquement.

Réception :

sur rendez-vous uniquement.

Niveau requis :

licence.

Site web : http://www.imaf.cnrs.fr/spip.php?article122

Site web : http://www.iiac.cnrs.fr/

Adresse(s) électronique(s) de contact : franck.beuvier(at)yahoo.fr, a.cerianamayneri(at)gmail.com

Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 27 mars 2017.

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