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Base de données des enseignements et séminaires de l'EHESS

Politiques des sciences

  • Michel Barthélémy, chargé de recherche au CNRS ( IMM-CEMS )

    Cet enseignant est référent pour cette UE

  • Claude Calame, directeur d'études de l'EHESS (TH) ( AnHiMA )
  • Manuel Cervera-Marzal, ATER à l'EHESS ( CESPRA )
  • Francis Chateauraynaud, directeur d'études de l'EHESS (TH) ( GSPR )
  • Sophie Desrosiers, maître de conférences de l'EHESS ( CRH )
  • Sandrine Garcia, professeur à l'Université de Bourgogne (TH) ( Hors EHESS )
  • Joël Laillier, maître de conférences à l'Université Paul Sabatier de Toulouse ( Hors EHESS )
  • Frédéric Neyrat, professeur à l'Université de Rouen (TH) ( Hors EHESS )
  • Joël Pothier, maître de conférences à l'Université Paris-VI ( Hors EHESS )
  • Plinio Prado, maître de conférences à l'Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis (TH) ( Hors EHESS )
  • Romain Pudal, chargé de recherche au CNRS ( Hors EHESS )
  • Christian Topalov, directeur d'études de l'EHESS (*) (TH) ( CMH )
  • Jérôme Valluy, maître de conférences à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (TH) ( Hors EHESS )
  • Patrick Vassort, maître de conférences à l'Université de Caen, membre de l'équipe CERReV (groupe de recherches Politique, Institution et Symbolique (PoLIS)) (TH) ( Hors EHESS )

S'il s'agit de l'enseignement principal d'un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

1er jeudi du mois de 17 h à 20 h (salle M. & D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris), du 3 novembre 2016 au 1er juin 2017. La séance du 1er décembre se déroulera de 18 h à 21 h (même salle). Séance supplémentaire le 26 janvier et le 16 février, de 17 h à 20 h (salle M. & D. Lombard, 96 bd Raspail 75006 Paris). Pas de séance le 2 février

Le séminaire « Politiques des sciences » est un lieu d’enquête collective sur les évolutions que connaissent les pratiques d’enseignement et de recherche dans le cadre fixé par les réformes en cours. Quel sens et quel impact ont ces réformes, examinées dans leurs dimensions à la fois structurelles et locales, du point de vue de ceux qui les subissent et les mettent en œuvre ? Elles se succèdent en s’imposant chaque fois par la force des choses, leur évidence présumée servant à écarter tout débat de fond. Aucune de ces réformes successives n’est évaluée, ni dans ses intentions, ni dans ses effets observables. Seules bénéficient de l’attention des médias les intentions proclamées des réformateurs et des managers de la science, qui forment le grand récit de la réforme et de ses objectifs globaux dans le cadre d’une économie internationale de la connaissance et de l’enseignement universitaire. D’où l’intérêt d’enquêtes de sciences sociales sur ce qui constitue habituellement la face inquestionnée des actions publiques en matière d’enseignement supérieur et de recherche, mais aussi dans d’autres domaines qui sont contraints à des évolutions analogues.

Ce séminaire vise donc à réhabiliter un regard réflexif sur les réformes à partir de leur traduction concrète dans les environnements concernés, sur le mode de l’articulation entre le local et le global, l’action et la structure, les arguments, intérêts et clivages engendrés par les réformes. Il est proposé comme lieu de rencontre et de débat aux personnes et aux divers groupes qui, au sein du monde universitaire, ne se résignent pas au nouvel ordre des choses. Il s’agit, en effet, de contribuer à restaurer la possibilité pour l’université de se penser elle-même au niveau même où elle se fait et ou elle est observable et descriptible, y compris dans son rapport avec le reste de la société et le monde qui l’entoure.

Projet collectif d'enseignement, ce séminaire est destiné à tous les publics de chercheurs et d'étudiants qui souhaitent inscrire une dimension critique dans les métiers de la recherche saisis dans leur diversité.

3 novembre 2016 : Profession versus science? La « professionnalisation » du doctorat en question(s)
La question de l’insertion professionnelle des docteurs est une vraie question, dans un conteste de crise majeure de l’emploi scientifique et en l’absence d’une politique de reconnaissance du doctorat qui passerait notamment par une réforme de l’accès à la haute fonction publique. La seule réponse des pouvoirs publics est l’injonction à la « professionnalisation ». Au-delà de la « professionnalisation » de la formation doctorale (avec par exemple la référence incantatoire aux compétences et l’introduction de modules soi-disant professionnels), il s’agit désormais de couronner par un doctorat classique, mais obtenu par la voie dérogatoire de la VAE, un itinéraire professionnel ou, pour élargir encore cette reconnaissance, de délivrer, moyennant finance, des doctorats professionnels. Tout cela traduit un choix, celui de la profession plutôt que de la science et a pour effet de fragiliser la recherche et les savoirs universitaires.
 
Avec les interventions de :

  • Catherine Vilkas, « La formation doctorale et l’insertion professionnelle des jeunes chercheurs », Maître de conférences en sociologie, Gresco/Université de Limoges
  • Hadrien Clouet, « Doctorat professionnel et vénalité des titres ? », Doctorant en sociologie, CSO/Sciences Po Paris
  • Frédéric Neyrat, « Une révolution symbolique ?  La VAE doctorale », Professeur de sociologie, DYSOLAB /Université de Rouen

Séance animée par Frédéric Neyrat

1er décembre de 18 h à 21 h : Nuit debout. Premiers regards sociologiques.
Dans le petit monde des sciences sociales, nous avons été nombreuses et nombreux à passer, à participer, ou simplement à regarder et à interroger, en citoyens ordinaires, les occupations de place du printemps dernier. À chaud, nous avons partagé nos impressions. Le recul permet à présent une analyse socio-historique de cette séquence contestataire. Des questionnaires circulent, des entretiens sont menés, des observations directes et un vaste corpus de sons et d’images sont en cours d’analyse. La recherche est en marche. Cette séance, centrée sur des travaux ethnographiques Place de la République, examinera le rapport de Nuit debout à la musique, à l’espace et au passé.

Avec les interventions de :

  • Myrtille Picaud (CESSP-CSE) et Isabelle Mayaud (CRESPPA-LabTop) : « Musique debout »
  • Sylvain Antichan (CRPS) : « La topographie légendaire de la place de la République : du 13 novembre au 100 mars »

Séance animée par Manuel Cervera-Marzal

5 janvier 2017 : « Quelles entraves à l’indépendance de la presse et au pluralisme ? »
De nombreuses réalités structurelles encadrent et limitent la liberté d’informer, la plus visible restant la privatisation de la presse, qui se traduit par l’ingérence des actionnaires dans le contenu éditorial des titres, une ingérence pouvant aller jusqu’à la censure. Sous les radars, de nombreuses autres contraintes, plus sournoises, mettent à mal l’indépendance des médias et le pluralisme des idées. Au niveau local, les conflits d’intérêt, les chantages aux subventions (quand il s’agit d’associations), les pressions sur les sources (en particulier à l’encontre des citoyens fragilisés), la rétention d’information et les procès en diffamation verrouillent la parole et limitent l’accès des journalistes à l’information.
Et pour éviter toute sédition, le système médiatique exclut toutes celles et ceux qu’il ne peut assimiler. Le licenciement d’Aude Lancelin par les actionnaires est exemplaire du totalitarisme à l’œuvre dans les médias, la soumission des pigistes et des rédacteurs précarisés n’est pas moins éclairante.
Devenir journaliste, c’est adhérer à un certain nombre de dogmes et de réflexes (appelons-les des carcans), enseignés en école de journalisme et entretenus dans les rédactions. (Par exemple : les morts kilométriques, être premier sur l’information… L’AFP est parfois tellement première sur l’information qu’elle a malencontreusement annoncé la mort de Martin Bouygues en 2015 …)
Ces carcans nous pouvons les nommer, à commencer par la langue journalistique. Cette langue a ses codes, ses agencements, ses éléments de langage, ses mots d’ordre. C’est une langue d’entre soi et de domination, éminemment politique. Une langue pour initiés, si bien que dans les médias, seuls les avertis (les experts et ceux bien sages, ayant suivi une session de « media training ») peuvent y prendre la parole sans risquer de s’y brûler la langue. Adhérer au journalisme, c’est adhérer à sa langue, à son vocabulaire. C’est adhérer à des sacro-saintes structures narratives, pour « accrocher le lecteur” » et « ne pas perdre le public ». Une adhésion qui, poussée à bout sur les sites d’info en continu, de type Metronews, tend à l’automatisation de l’écriture (et donc du langage). Dans le jargon, on appelle ça le batonnage.
Plus que les censures, la course à la rentabilité empêche les journalistes de faire leur travail librement. Ils ont de moins en moins le temps d’enquêter, de vérifier leurs informations, c’est un journalisme d’approximation, diligenté par des managers issus des écoles de commerce et de marketing. Pas étonnant donc, que le journalisme cède chaque jour plus de place à la communication.
Un état des lieux désespérant !
Pourtant en 2016, plusieurs journalistes sont entré(e)s en résistance (grève à I-Télé, motion de défiance à L’Obs, publication du livre d’Aude Lancelin et du livre de Laurent Mauduit), laissant entrevoir la possibilité d’un changement.
Quelles seraient les pistes pour émanciper la presse de ces contraintes ?

Intervenant(e)s :

  • Les journalistes debout : Julien Bonnet, Sophie Eustache et Jessica Trochet (sous réserve)
  • Emmanuel Vire, journaliste, SNJ-CGT
  • Aude Lancelin, journaliste, auteure de l’ouvrage Le Monde libre, Editions Les Liens qui Libèrent, 2016
  • et quelques autres ...

26 janvier 2017 : L’homme, son environnement et l’urgence climatique : quelle politique des sciences ?
À partir de Descartes, nous avons constitué notre environnement en nature. Autant l’industrialisation que le développement du capitalisme économiste ont conduit à l’exploitation productiviste d’un écosystème, constitué en « ressources naturelles », par des hommes considérés comme des « ressources humaines ». L’accession de l’homme à l’anthropocène a les conséquences destructrices que nous constatons autant dans notre environnement que dans la vie en société. Il s’agit de mettre en question les immanquables interactions entre les communautés des hommes et leurs milieux respectifs, et cela pour sortir du paradigme occidental imposé en particulier par l’opposition entre nature et culture et par son exploitation dans le sens de la croissance économique et des profits financiers à en tirer. Il s'agit de créer à cet égard des savoirs critiques en réfléchissant à leur diffusion dans une nouvelle politique des sciences, au-delà de réformes universitaires dominées par l’idéologie du management et par les bénéfices à tirer de l’« économie de la connaissance ».

  • Introduction par Claude Calame (EHESS, Centre AnHiMA et CRAL)
  • Augustin Berque (EHESS, Centre Japon) « L'anthropocène du point de vue mésologique »
  • Christophe Bonneuil (CNRS, EHESS, Centre Alexandre Koyré) « En finir avec les “ressources“ »
  • Janine Guespin-Michel (Université de Rouen, Espaces Marx) « La lutte pour l’environnement et l’urgence climatique requiert une nouvelle forme de pensée »
  • Benoït Hazard (EHESS, IIAC) « Dans les paysages contestés de l'anthropocène : une géothermie pour les Maasaï ? »
  • Michael Löwy (EHESS, CNRS) « Changement climatique :  le rôle du capitalisme et l'alternativeécosocialiste ».
  • Discutant : Philippe Descola (EHESS, Collège de France, LAS)

16 février : « Les langues-cultures au service de la démocratie et de la paix civile »

Xénophobie d’Etat, prise de pouvoir par des organisations populistes ou ethno-nationalistes, attentats djihadistes, état d’urgence et guerre contre le terrorisme ou contre les migrations de masse…La crise systémique se traduit au plan politique par de forts replis identitaires. Au nom d’une logique sécuritaire, les droits des citoyens et des mouvements sociaux sont encadrés et limités, certains pays commencent à fermer leurs frontières. La paix civile est menacée ou détruite dans les aires les plus fragilisées.
Les sciences sociales ont des réponses à apporter à ces interrogations : comment dominations culturelles et ethnocentrismes peuvent-ils être déconstruits ? En quoi la promotion des langues et des cultures peut-elle être un facteur de reconstruction altermondialiste ? En quoi l’enseignement des langues régionales et du français langue étrangère constitue une alternative à un système éducatif normé ? Il s’agira in fine de proposer les fondamentaux d’une méthodologie anthropologique.

  • Gilbert Dalgalian psycho-linguiste, Langues et démocratie : un lien imprescriptible. Cas des langues régionales
  • Christian Puren historien de la didactique des langues-cultures, professeur émérite de l’université Jean Monnet de Saint-Etienne, président d’honneur de l’association française des Professeurs de Langues Vivantes (APLV), La classe de langue-culture étrangère comme incubateur de formation aux valeurs altermondialistes

Depuis son émergence en tant que discipline constituée à la fin du XIXe siècle, la didactique scolaire des langues-cultures étrangères a connu en Europe plusieurs évolutions significatives dans les composantes privilégiées de la compétence culturelle, en fonction des modifications successives advenues dans la situation et l’objectif sociaux d’usage assignés prioritairement à cet enseignement. La conjonction de deux phénomènes récents a radicalement changé la donne.
– D’une part la dernière modification en date dans cette discipline assigne à l’enseignement des langues-cultures la finalité de formation d’acteurs sociaux « dans une Europe multilingue et multiculturelle » (Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues, Conseil de l’Europe, 2001). La conséquence en est l’existence d’une forte homologie entre la société à laquelle il s’agit de préparer les élèves et leur classe, puisque celle-ci est un environnement naturellement multilingue et multiculturel.
– D’autre part la prise de conscience de la complexité des cultures amène à considérer l’ensemble des composantes historiques de la compétence culturelle comme faisant partie du « patrimoine éthique » de la didactique des langues-cultures.
Il est de ce fait possible d’envisager et de faire fonctionner désormais la classe de langue-culture étrangère comme un lieu et un temps où les élèves peuvent s’entraîner intensivement, dans un environnement protégé et sécurisé, à la mise en œuvre concrète de la pluralité des valeurs nécessaires au vivre ensemble et à l’agir ensemble dans des sociétés démocratiques multilingues et multiculturelles.
Le Cadre Européen de Référence pour les Langues (Conseil de l’Europe, 2001) assigne à l’enseignement des langues-cultures la finalité de formation d’acteurs sociaux « dans une Europe multilingue et multiculturelle ».
Pour sa réalisation, les différentes composantes historiques et éthiques de la compétence culturelle sont à convoquer en didactique des langues-cultures. De manière à envisager la classe de langue-culture étrangère comme un lieu et un temps où les élèves peuvent s’entraîner intensivement, dans un environnement protégé et sécurisé, à la mise en oeuvre concrète de la pluralité des valeurs nécessaires au vivre et agir ensemble dans des sociétés démocratiques multilingues et multiculturelles.

  • Martine Boudet professeure agrégée de Lettres modernes, spécialiste d’anthropologie culturelle (académie de Toulouse), Intersectionnalité et interculturel des démarches altermondialistes.

Intersectionnalité et interculturel : l’exercice méthodique de l‘intersubjectivité, le jeu des dynamiques dialogiques à deux ou plusieurs degrés d’appartenance est à même de diluer les stéréotypies ou les radicalités ainsi que les systèmes de domination et de victimisation, intériorisés par les publics et de faire accéder ces derniers à un système de représentations émancipateur car pluri-référentiel, comparatiste et interactionniste.
L’inclusivité du système éducatif comme condition de la redynamisation de la vie scolaire et sociale : ce paramètre s’avère in fine nécessaire pour éduquer à une citoyenneté plus décentrée, complexe et évolutive.

Références bibliographiques :

Suivi et validation pour le master : Bi/mensuel annuel (24 h = 6 ECTS)

Mentions & spécialités :

Intitulés généraux :

  • Francis Chateauraynaud- Modèles sociologiques pour l’analyse des processus de mobilisation
  • Christian Topalov- La ville : sciences, pouvoirs, sociétés
  • Renseignements :

    contacter Michel Barthélémy : barth(at)ehess.fr ou Sophie Desrosiers : sophie.desrosiers(at)ehess.fr

    Direction de travaux d'étudiants :

    Michel Barthélémy, sur rendez-vous uniquement.

    Réception :

    Michel Barthélémy sur rendez-vous.

    Niveau requis :

    le séminaire est ouvert à toutes les personnes intéressées.

    Adresse(s) électronique(s) de contact : michel.barthelemy(at)ehess.fr, sophie.desrosiers(at)ehess.fr

    Dernière modification de cette fiche par le service des enseignements (sg12@ehess.fr) : 24 février 2017.

    Contact : service des enseignements ✉ sg12@ehess.fr ☎ 01 49 54 23 17 ou 01 49 54 23 28
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